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Depuis 2025, des dizaines d’enfants allophones, nouvellement arrivés à Fredericton et ses environs, participent à des camps de francisation. L’objectif est de mieux outiller les jeunes avant leur entrée à l’école dans la capitale néo-brunswickoise, une région où la langue de Molière est comprise par moins du quart de la population.
Le Centre d'accueil et d'accompagnement francophone des immigrants du Sud-Est du Nouveau-Brunswick (CAFi) organise ces camps de francisation.
Cette année, il s’agit d’une trentaine de jeunes âgés de 5 à 12 ans, répartis dans deux groupes, qui participent aux activités offertes gratuitement pour les familles.
D’après le CAFi, les enfants fréquentent l’une des écoles francophones de Fredericton ou d’Oromocto.

Une quinzaine d'enfants, âgés de cinq à neuf ans, avec leurs moniteurs, ont participé en juillet à la première séquence du camp de francisation de Fredericton de l'été 2026.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
On les prépare pour la rentrée scolaire, pour avoir le minimum en communication avec leur enseignant, leur environnement ou avec leurs amis. On apprend le français avec des termes du français acadien, explique l’agente de connexion communautaire au CAFi de Fredericton, Hajer Mhirsi.
Dans plusieurs des cas, leur langue maternelle est l’arabe, l’espagnol ou l’anglais. Certains d'entre eux ont toutefois déjà certaines bases en français.
On se concentre sur les phrases simples et les phrases de base. Si l’enfant ne trouve pas les mots et s'exprime dans sa langue d’origine, le moniteur va lui dire la phrase en français, indique Mme Mhirsi.
Cette dernière, tout comme de nombreux moniteurs du camp, est elle-même nouvelle arrivante. Arrivée au Canada en 2023, Hajer Mhirsi, qui œuvre au sein du CAFi depuis plus d’un an, se réjouit de contribuer à la vitalité de la francophonie à Fredericton.
Je vois l’évolution des enfants. Ils [entrent à l’école] avec plus de confiance. Ils peuvent s’exprimer en français et tisser des liens. C’est une fierté pour la francophonie de Fredericton.

Hajer Mhirsi est agente de connexion communautaire au Centre d'accueil et d'accompagnement francophone des immigrants du Sud-Est du Nouveau-Brunswick (CAFi), à Fredericton.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Salsabil Sayari, qui est âgée de 6 ans, a récemment quitté la Tunisie avec sa famille pour s'installer à Fredericton. En quelques jours de participation au camp, elle a appris plusieurs mots.
[J’ai appris notamment] arbre, arc-en-ciel, jeux et activité. Le français, ce n’est pas facile, raconte la petite en entrevue.

Salsabil Sayari, qui est âgée de 6 ans, a récemment quitté la Tunisie avec sa famille pour s'établir à Fredericton, au Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Ella Ben Othman, une autre participante âgée de 9 ans, est également originaire de Tunisie. Elle a toutefois plus d’expérience en français que certaines de ses paires.
J’apprends le français depuis cinq ans. J’ai commencé à l’apprendre en Tunisie. On apprend le français, l’anglais et l’arabe en Tunisie. Mais au camp, j’ai appris encore plus le français. Je viens d’apprendre le terme de canne à pêche. J’aime le camp, dit-elle.

Ella Ben Othman, une autre participante du camp âgée de 9 ans, est originaire de la Tunisie. Elle habite maintenant à Fredericton avec sa famille, au Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Apprendre le français en s’amusant
Plusieurs activités font partie de la programmation du camp. Les enfants ont notamment visité l’aquarium de Saint-Jean. Ils ont aussi visité une caserne de pompiers.
Lundi matin, dans leurs locaux du Centre communautaire Sainte-Anne de Fredericton, les jeunes ont été initiés à la robotique.

Chaque enfant a utilisé un petit robot éducatif qui se nomme Ozobot. Le robot suit des lignes. À l’aide d’un crayon, les enfants sont capables de tracer un trajet pour l’engin. Puis, avec différentes séquences de couleurs, il est possible de donner des indications et des instructions au robot afin qu’il bouge.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Charles Laviolette Fagnant, un éducateur scientifique pour l’organisme Science East, a pris les commandes du camp pendant quelques heures.
La robotique est importante, surtout lors de l’apprentissage d’une seconde langue. Car la robotique est un langage. Les robots que j’ai amenés parlent leur propre langue. Il faut apprendre à communiquer avec le robot, fait-il valoir.

Charles Laviolette Fagnant, un éducateur scientifique pour l’organisme Science East. Science East est une organisation à but non lucratif, qui existe depuis une trentaine d’années. L’organisme fait de l’éducation scientifique au Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Il s’agit de la deuxième fois que M. Laviolette Fagnant visite les participants. La semaine dernière, il leur a préparé des activités au sujet des animaux et de l’océan.
De son côté, Hajer Mhirsi promet déjà un retour des activités en 2027. L’année prochaine, elle rêve de réserver un autobus spécifiquement pour le camp, afin de multiplier les activités permettant de mieux se familiariser avec le français et la culture acadienne.


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