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La décision de Stelco de suspendre une partie de ses activités à Hamilton, touchant jusqu'à 500 emplois, « fragilise l’écosystème canadien dans l’industrie de l’acier », selon un spécialiste, qui soutient que le Canada n’a pas d’autre choix que de diversifier ses marchés.
Lundi, Stelco Holdings a annoncé son intention de suspendre une partie des activités à Hamilton, afin d'assurer la survie de l'entreprise, alors que les droits de douane américains pèsent sur ses ventes.
Cette réduction progressive des activités doit débuter le 9 octobre.
C’est une décision qui est très triste et qui donne un coup dur non seulement à la communauté, mais aussi à l’industrie canadienne, et ça montre des effets clairs de la guerre commerciale, affirme Yan Cimon, professeur de stratégie à la Faculté des sciences de l'administration de l’Université Laval.
On n'a pas le choix de réfléchir différemment à l'industrie de l'acier.
Ça montre aussi à quel point on est dans un environnement qui est inédit dans l'histoire de l'industrie de l'acier, parce qu'historiquement, le marché naturel a toujours été les États-Unis, souligne le professeur Cimon.
Selon lui, cela prouve une fois de plus la nécessité de diversifier les activités canadiennes. L'acier devrait faire partie de ces réflexions-là, dit-il.

Ottawa devra « faire preuve de créativité en matière de politique publique », estime le professeur Yan Cimon de l’Université Laval.
Photo : Radio-Canada
Le professeur Cimon souligne que le marché mondial de l’acier est extrêmement concurrentiel. Le Canada devra rivaliser d'idées de génie pour essayer de faire sa place. Ce n’est pas impossible, mais c'est un marché qui est quand même difficile, note-t-il.
Le combat n’est pas fini, dit la mairesse
Lors d’une entrevue à l’émission As It Happens de CBC lundi, la mairesse de Hamilton, Andrea Horwath, a affirmé qu’elle comptait se battre pour s’assurer que Stelco, et la compagnie américaine Cleveland-Cliffs qui a fait l'acquisition de l'aciérie en 2024, respectent les engagements pris par leurs dirigeants envers les travailleurs.
[Cleveland-Cliffs] a été très claire sur le fait qu’elle soutient Donald Trump et ses tarifs douaniers, et qu’elle souhaite rapatrier l’ensemble de la production d’acier aux États-Unis.
Le combat n’est pas fini, a-t-elle déclaré.

La mairesse de Hamilton, Andrea Horwath, compte se battre pour les travailleurs de sa ville.
Photo : (Francis Ferland/CBC)
Lorsque Cleveland-Cliffs a acquis Stelco en 2024, l’entreprise s’était engagée à ne pas licencier d’employés.
Lorsqu'il y a une acquisition, évidemment, il y a des engagements qui sont pris sur le niveau d'emploi. Ces engagements-là sont très difficiles à faire respecter au-delà de la bonne volonté de l'entreprise qui acquiert les activités, indique M. Cimon.
Lundi, la ministre de l'Industrie du Canada, Mélanie Joly, a indiqué que son gouvernement avait clairement fait savoir à l'entreprise qu'il était prêt et disposé à lui offrir un soutien financier, afin de maintenir ses activités et de protéger les emplois, et ce, depuis un certain temps déjà.
Le gouvernement a probablement certains leviers qu'il peut utiliser autour, par exemple de financements, autour d'enjeux réglementaires, autour aussi de la manière dont ce type d'investissements là est balisé, indique Yan Cimon.
Mais il n'existe pas de baguette magique. Le gouvernement devra faire preuve de créativité en matière de politique publique et devra aussi être très convaincant avec les joueurs du secteur de l'acier.
Il ajoute que des mesures de soutien pour les employés, favorisant l'investissement local et pour aider les entreprises canadiennes à diversifier leurs activités sur d'autres marchés, sont à considérer.
Selon lui, il faut aussi mettre en place des mesures qui vont aider la maison mère à bonifier son modèle d'affaires.
Des résidents inquiets
C’est vraiment une mauvaise nouvelle pour Hamilton , lance Kathleen Kennedy, une habitante de la ville de l’acier.
Si autant de personnes sont mises à pied [...], ce n’est pas bon pour les gens qui perdent leur emploi, et ce n’est pas bon non plus pour l’économie d’ici, déplore-t-elle.
C’est difficile de se recycler professionnellement quand on travaille dans l’industrie de l’acier depuis aussi longtemps qu’eux. Trouver un autre emploi pourrait être difficile.
Je ne pense pas qu’on mérite cette guerre politique, ajoute Tony Mueke, un autre résident.
Ce sont beaucoup de personnes, des familles, qui vont perdre leur revenu. Dans ces temps économiques difficiles, je ne sais pas comment elles vont s’en sortir, affirme-t-il.
Avec les informations de CBC News et Bienvenu Senga


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