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Une nouvelle saison de pêche s'amorce lundi matin dans la zone 25 et les pêcheurs ont bon espoir que la forte demande pour le homard au sud de la frontière leur permettra de toucher de bons prix pour leurs débarquements.
Gino LeBlanc, pêcheur de homard au quai de l’Aboiteau, à Cap-Acadie, est optimiste.
Aujourd’hui, c’est la première journée. Le moral est haut. On aimerait tous mettre nos cages à l’eau et que tout aille bien. On espère avoir une bonne saison, dit-il.
Guy Vautour, homme de pont, ressentait une certaine nervosité avant le départ.

Guy Vautour est un homme de pont depuis 30 ans. Il souhaite que la météo coopère avec les pêcheurs pour assurer une saison 2026 sécuritaire.
Photo : Radio-Canada / Myriam Breau
Il y a un petit peu d’anxiété. L’affaire de la température, les vents, et ça. À matin, ça regarde bien pour qu’il ne vente pas trop. La sécurité va être plus là. Une fois qu’ils sont à l’eau, après ça on dirait que ça se calme, note-t-il.
D’après le conseiller aux pêches à l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM), Luc LeBlanc, c’est environ 775 pêcheurs, dont environ 380 néo-brunswickois et 380 prince-édouardiens, qui entament une nouvelle saison dans la zone 25.

Le temps était clément lundi matin au quai de Cap-Pelé d'où sont partis des pêcheurs de homard de la zone 25.
Photo : Radio-Canada / Myriam Breau
La saison devrait être bonne
Pour l’instant, tout laisse présager une bonne saison dans ce secteur de pêche du détroit de Northumberland, qui s’étend d’Escuminac, au Nouveau-Brunswick, jusqu’à Pugwash, en Nouvelle-Écosse.
On l’espère, les indicateurs nous montrent que la ressource est en bonne forme. À savoir si elle va grimper dans les casiers des homardiers, on va voir, lance M. LeBlanc.

Luc LeBlanc, conseiller aux pêches à l'Union des pêcheurs des maritimes. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur
Mario Cormier, un pêcheur amarré au quai de Cap-Pelé, partage son optimisme, même si la dernière saison a été lente à démarrer.
Ça s’est bien terminé l’année dernière. Lorsque ça finit bien, on est optimiste pour la prochaine saison. Est-ce que ça va être le cas? On le saura juste mardi matin, dit celui qui pêche le homard depuis une quarantaine d’années.
Comme ses collègues de la Péninsule acadienne qui viennent de terminer leur pêche du printemps, M. Cormier s’inquiète du prix qui lui sera offert pour ses prises, alors que les dépenses ne cessent d’augmenter.

Selon l'Union des pêcheurs des Maritimes, la demande pour le homard de la zone 25 sera forte sur le marché américain en 2026. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Selon lui, un pêcheur peut dépenser jusqu’à 70 000 $ en appât et 40 000 $ en carburant pour une saison de pêche.
Juste avec ces deux choses-là, tu parles d’un 100 000$ à 120 000 $ par année, sans ta main-d'œuvre, sans tes dépenses, si t’as des paiements [...] C’est rendu une pêche qui est très dispendieuse à faire.
Les revenus des pêcheurs n’a pas suivi l’inflation et tout coûte aujourd’hui plus cher, ajoute-t-il.
C’est une comparaison banale, les combos McDonald's étaient 5 $, il y a environ 15 ans passés et on avait 5 $ [la livre] pour le homard. Astheure, les combos sont 15 $ ou 17 $, mais on n'a pas 15 $ la livre. Nos frais ont augmenté, mais le prix n'a pas augmenté de la manière.
Une forte demande
Heureusement, la demande pour la chair de homard reste forte aux États-Unis, dit Luc LeBlanc, un constat qui laisse présager une bonne saison pour les membres de l'UPM.
La demande est très forte, notamment dans le homard transformé, la chair de homard, donc, pour les pêcheurs de la zone 25, en principe, c’est une bonne nouvelle.
Le président de la l’Office de commercialisation des pêcheurs de homard l’Île-du-Prince-Édouard, Charlie McGeohegan, partage son analyse.

Charlie McGeoghegan, président de la l’Office de commercialisation des pêcheurs de homard l’Île-du-Prince-Édouard. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Laura Meader
D’après lui, les prises lors de la saison de printemps ont été en deçà des attentes en raison de la température froide de l’eau et le mauvais temps.
Ils pensaient avoir beaucoup de homard et ça n’a pas été le cas. Ils ont fini par ne pas pouvoir répondre à toutes les commandes, ce qui est, je crois bien, une bonne nouvelle pour les pêcheurs de l’automne, parce qu’il y a un certain vide à remplir, analyse-t-il.
D’après lui, les chiffres préliminaires indiquent que les débarquements sur la côte nord de l’île étaient 15 % à 20 % moins importants cette année.
Et c’est sans compter le fait que les pêcheurs de homard du Maine connaissent des années plus difficiles. Au cours des cinq dernières années, leurs prises auraient reculé d’environ 50 %, dit Charlie McGeohegan.
Ça veut dire qu’il leur manque environ 80 millions de livres par rapport à ce qu’ils avaient l’habitude d'attraper, donc ils [les acheteurs] viennent ici pour combler le vide, précise M. McGeohegan.

Des travailleurs embarquent des casiers à homard sur un bateau au premier jour de la pêche au homard, lundi matin.
Photo : Radio-Canada / Myriam Breau
Avec la demande qui s’annonce forte, Mario Cormier dit entendre des rumeurs que les prises des pêcheurs pourraient leur permettre de toucher entre 8,50 $ et 9,00 $ pour une livre de homard, un prix satisfaisant, selon lui.
Est-ce que ça va se concrétiser? On ne le sait pas, mais officiellement, on saura seulement le prix une fois qu’on aura 10 ou 11 jours de pêche de fait avant qu’on ait notre première paye, dit-il.
On ne peut plus vivre pour 5 $ la livre, pêcher pour 6 $ la livre. Ça, c’est ridicule. Ça prend de bons prix, des 9 $ à monter pour s’en sortir, parce que les jeunes qui achètent un permis aujourd’hui [à fort prix], ils en ont besoin. Les [pêcheurs] plus âgés, ils n’ont pas de paiements, ils peuvent plus se permettre d’en avoir moins, ajoute-t-il.
Avec des informations de Janic Godin et Gwyneth Egan, de CBC


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