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Une juge de la Cour suprême de la Colombie-Britannique a donné raison aux deux fondateurs du Front de libération des utilisateurs de drogues (DULF), et a annulé leur condamnation pour trafic de drogue.
La juge Catherine Murray considère que le club de compassion DULF n’a pas d’effet négatif sur la communauté ou la sécurité publique, et qu’il contribue à la réduction des méfaits associés à la crise des drogues toxiques.
DULF a pour mission de tester des substances pour que leurs membres aient un approvisionnement sûr, et qu'ils évitent de consommer des drogues toxiques qui pourraient être fatales.
Les fondateurs du club, Eris Nyx et Jeremy Kalicum, avaient des exemptions en vertu d’autorisations accordées par la santé publique, pour analyser ces drogues et pour que les membres de leur club puissent les consommer de manière supervisée.
Les fondateurs ont toutefois été reconnus coupables de trafic de drogue l’an dernier, à la suite d’une perquisition de la police de Vancouver en octobre 2023.
Le web caché
Dans son jugement de novembre 2025, cette même juge, Catherine Murray, avait indiqué que le fait d’acheter des drogues pures sur le web caché (dark web) et de les vendre à leurs membres n’était pas couvert par l’exemption qui leur permettait d’entreposer et de tester des drogues.
La juge avait néanmoins suspendu l’enregistrement de la déclaration de culpabilité, à la lumière des arguments présentés par les avocats de Mme Nyx et M. Kalicum.
Toujours en novembre 2025, les avocats de Mme Nyx et M. Kalicum avaient fait valoir que le fait d’interrompre les activités de DULF portait atteinte aux droits de ceux qui souffraient d’une dépendance et que cela augmentait les risques de décès par drogues illicites et non réglementées.
Selon les avocats, laisser des consommateurs de drogues utiliser des substances vendues au marché noir constitue une violation de la Charte canadienne des droits et libertés.
« Sauver des vies »
Mardi, la juge a affirmé que des parties de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances étaient inconstitutionnelles. Mme Murray a estimé que la loi portait atteinte aux droits garantis par les articles 7 et 15 de la Charte canadienne desLa droits et libertés.
L’article 7 stipule que chacun a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne , tandis que l’article 15 énonce que la loi ne fait acception de personne et s’applique également à tous.
La magistrate a déclaré que le club DULF était urgent et nécessaire pour sauver des vies face à la crise des drogues toxiques. Elle note aussi que des milliers de personnes sont mortes en raison des drogues toxiques, depuis que l'état d'urgence a été déclenché en Colombie-Britannique, en 2016.

Tim Dickson, avocat pour la firme JFK Law LLP, espère que le jugement du 29 septembre 2026 « oblige le Parlement à mettre en place des mesures visant à mettre en œuvre des stratégies efficaces de réduction des méfaits ».
Photo : Radio-Canada
En cour, la juge Murray a affirmé que Mme Nyx et M. Kalicum ont assumé la charge de mener à bien une contestation constitutionnelle, rendant ainsi service à la société avec un coût personnel important.
Pour Tim Dickson, l’un des avocats d’Erin Nyx et Jeremy Kalicum, le jugement de mardi est une vraie reconnaissance des actions qu’ils ont prises en dirigeant le club de compassion.
Cela a pris un courage énorme pour faire ce qu’ils ont fait , commente-t-il. Ils ont été arrêtés, inculpés et puis reconnus coupables [...] Ces condamnations ont été suspendues pendant la contestation constitutionnelle, mais ils ont évidemment ressenti le poids de la justice s’abattre sur eux.
M. Dickson souligne que la crise des drogues toxiques est alimentée par des concentrations et des contenus incertains des drogues illicites.
J’espère que la Couronne acceptera ce jugement, et que le Parlement fera la réforme légale requise qui mènera à un approvisionnement plus sûr [des drogues], de manière à répondre à l’urgence de la crise de santé publique, dit Tim Dickson.
La législation existante permet toute une série de réponses pour remédier à ces lacunes, notamment des modifications législatives et une réforme réglementaire, a fait valoir Mme Murray dans sa décision.
L’avocat Tim Dickson indique que la Couronne dispose de 30 jours pour faire appel de cette décision.
Avec les informations de CBC News et de La Presse Canadienne


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