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Des fouilles archéologiques dans le parc Edworthy, à Calgary, ont révélé des objets vieux de près de 3000 ans, éclairant l’histoire précoloniale et coloniale de la région, tout en plaçant l'inclusion autochtone au cœur de ses pratiques.
Le site, nommé EGPM 389, accueille une école de terrain de six semaines menée par l’Université de Calgary en partenariat avec la Ville de Calgary. Selon la directrice du projet, Lindsay Amundsen-Meyer, ce lieu témoigne d'une très longue occupation humaine.

Selon la directrice, Lindsay Amundsen-Meyer, le chantier-école de six semaines est extrêmement populaire et largement souscrit, recevant environ 50 candidatures chaque année pour seulement 22 places disponibles.
Photo : Radio-Canada / Arzouma Kompaore
Parmi les découvertes figure une pointe de sagaie en obsidienne de type Bracken, datée d’environ 2100 à 2800 ans. D'après Mme Amundsen-Meyer, cette roche provient probablement d'un gisement situé dans l'Idaho ou le Wyoming.

Outre la pointe de sagaie en obsidienne, l'équipe a découvert un couteau en pierre taillée, plus précisément d'un biface, c'est-à-dire une pierre qui a été intentionnellement taillée sur ses deux faces pour créer un bord tranchant, explique la directrice du chantier-école.
Photo : Radio-Canada / Arzouma Kompaore
L’équipe a également trouvé un couteau en pierre taillée, ainsi que des ossements de bison et des roches fracturées par le feu, suggérant que le lieu servait de campement de base pour les populations autochtones. Nous avons des occupations précontact à environ 40 et 90 centimètres sous la surface, explique la directrice du chantier-école.

L'équipe de fouilles a mis au jour une structure construite en briques qui est toujours intacte et enfouie sous la terre dans l'une des zones d'excavation qui, selon les archéologues, ressemble à une sorte de système de drainage.
Photo : Radio-Canada / Arzouma Kompaore
Plus près de la surface, les couches supérieures recèlent des vestiges de la période historique, comme des bouteilles intactes, des céramiques et un système de drainage en briques lié à l'ancienne usine Brickburn et à la ferme de Thomas Edworthy.
Un programme axé sur l’inclusion et la réconciliation
L'histoire de l'archéologie est lourdement marquée par la colonisation, ce qui implique aujourd'hui une responsabilité morale de travailler non plus de façon isolée, mais avec et pour les communautés autochtones, souligne la responsable du chantier-école.
La réalité, c'est que je dirais que 95 % des archéologues ne sont pas autochtones, alors que probablement 95 % ou plus des sites archéologiques sont autochtones.
Le projet se distingue par sa collaboration avec les sept nations du Traité no 7.
L’archéologie a un passé colonial, reconnaît Mme Amundsen-Meyer. C'est pourquoi les fouilles ont débuté par des cérémonies traditionnelles menées par Kent Ayoungman, détenteur du savoir Siksika, ou encore Barry Wesley, aîné de la nation des Stoney de Bighorn.
De plus, des aînés visiteront le site tout au long des six semaines pour guider l'équipe et les étudiants.
Ces rituels et cette proximité avec le terrain sont essentiels pour les étudiants, particulièrement autochtones. Laurencine Saddleback, étudiante crie de la nation de Samson et membre du chantier depuis trois ans, confie : en tant qu’étudiante autochtone, trouver une pointe de sagaie comme celle-ci, c’est toucher à notre propre histoire.
C’est gratifiant de savoir que je suis ici pour trouver les artefacts de mon propre peuple.

Laurencine Saddleback souhaite être un modèle pour inspirer d'autres jeunes autochtones à se lancer en archéologie.
Photo : Radio-Canada / Arzouma Kompaore
Elle espère poursuivre ses études jusqu’à la maîtrise afin d'obtenir un permis de fouille et d'inspirer d'autres jeunes Autochtones. On nous apprend souvent que l’archéologie est destructive, mais je veux prouver que notre démarche est positive, ajoute-t-elle.
Un site éducatif pour le public
Le chantier accueille 22 étudiants de premier cycle, six de cycles supérieurs, ainsi qu'un programme ouvert au grand public. Plus les gens comprennent ce qui se trouve dans nos parcs, plus ils veulent les protéger, souligne Laureen Bryant, archéologue et planificatrice des parcs et espaces ouverts pour la Ville de Calgary.

Selon les autorités municipales, sur les plus de 1600 sites archéologiques enregistrés à l'intérieur des limites de la ville, environ 215 de ces sites se trouvent directement dans les parcs publics de la municipalité.
Photo : Radio-Canada / Arzouma Kompaore
Situé sur une terrasse de la rivière Bow, le site n'a pas encore révélé toute son étendue. Une fois les fouilles terminées, tous les artefacts seront catalogués à l’université, puis confiés au Musée royal de l’Alberta à Edmonton, conformément à la loi provinciale.
Les fouilles se poursuivent jusqu’au 12 juin. D'ici là, les autorités rappellent aux promeneurs de ne pas déplacer les artefacts qu'ils pourraient découvrir. Il faut plutôt les photographier, noter leurs coordonnées GPS et appeler le 311.
Le contexte est essentiel en archéologie, insiste Mme Amundsen-Meyer. Un objet seul ne nous apprend pas grand-chose; c’est son emplacement exact qui raconte l’histoire.


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