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Des agriculteurs de Portneuf demandent « l’arrêt immédiat » du projet de TGV

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Sur les 400 fermes de la région de Portneuf, au moins 120 seraient traversées par le tracé du futur train à grande vitesse qui reliera Québec et Toronto et pourraient devoir cesser leurs activités, selon l’Union des producteurs agricoles. La région est située en plein cœur du corridor ferroviaire défini par ALTO, l'entreprise responsable de réaliser le TGV.

L’opposition à ce projet est vive dans Portneuf. Les agriculteurs craignent les répercussions de la construction d’une voie ferrée, notamment la perte de valeur des terres, les coûts et le temps liés au contournement de la voie qu’ils auraient à faire.

Près de ses pommiers, Christian Hébert tient une affiche montrant un champ et un panneau "pas de TGV dans nos champs".

Christian Hébert est propriétaire du Domaine Hébert, à Deschambault-Grondines, et président de l'Union des producteurs agricoles de Portneuf. Il s'oppose au projet d'ALTO. Son verger serait traversé par le futur TGV.

Photo : Radio-Canada / Gabriel Paré-Asatoory

On va nous ruiner, craint Christian Hébert, qui est propriétaire du Domaine Hébert et du Verger du Roy, à Deschambault-Grondines, non loin de Québec. On va détruire nos entreprises.

Dans le projet actuel présenté par ALTO, la voie ferrée finale aura une largeur de 40 à 60 mètres environ. Les terres de Christian Hébert seraient coupées en deux par ce corridor. Une fois le TGV en service, il devrait parcourir plusieurs kilomètres pour accéder aux pommiers et framboisiers qu’il possède.

Aux côtés d’Yves Laurencelle, président de l’UPA de Capitale-Nationale―Côte-Nord, M. Hébert demande la mise sur pause du projet.

Yves Laurencelle pose aux abords d'un champ verdoyant. Il est ne sourit pas et regarde directement la caméra.

Yves Laurencelle, président UPA Capitale-Nationale―Côte-Nord

Photo : Radio-Canada / Gabriel Paré Asatoory

Imaginez-vous le coût, le temps et la perte de performance de M. Hébert?, illustre Yves Laurencelle. Et ça, c'est égal pour tous les producteurs agricoles où le train va passe.

C'est inimaginable de penser qu'on va se faire une cicatrice aussi importante dans le territoire agricole et nous ce qu'on dit... l'agriculture, c'est un projet de société. Ben, l'agriculture n'a pas à porter ce projet de société-là’ lance Yves Laurencelle, furieux.

Des façons de faire possibles

À d’autres endroits dans le monde, en Europe et en Asie, les compagnies et les agriculteurs sont arrivés à trouver et à mettre en place des solutions pour minimiser au maximum les effets négatifs du passage d’un TGV.

Le président de Gris Orange Consultant et chargé de cours en planification des transports et à la Faculté de l'aménagement de l'Université du Québec à Montréal, Pierre Barriau, donne l’exemple de la Corée du Sud et de Taïwan, où le gouvernement a travaillé pour redistribuer les terres agricoles entre les agriculteurs, pour parfois avoir des terres qui sont moins profondes, plus larges des 2 côtés, pour pas que les fermiers aient avoir des terres qui sont séparées leur bord de l'autre.

La carte montre le tracé qui reliera Québec à Montréal, en passant par Trois-Rivières et Laval.

Le corridor identifié à des fins de consultation est large d'une dizaine de kilomètres, alors que la voie ferrée finale aura une largeur de 40 à 60 mètres environ.

Photo : Gracieuseté

Un autre type de solution pourrait être plus technique, directement sur le terrain, en créant des ponceaux pour passer sous le rail, décrit M. Barriau.

En attente des réponses

Le préfet de la MRC de Portneuf, Mario Alain, a interpellé l’entreprise ALTO et attend toujours des réponses à ses questions. Il dit ne pas avoir assez de détails du projet pour que la MRC se prononce en faveur ou non du projet.

Mario Alain pose à l'extérieur, devant un panneau avec le logo et les mots MRC de Portneuf.

Mario Alain, préfet de la MRC de Portneuf

Photo : Radio-Canada / Gabriel Paré-Asatoory

Interpellée par Radio-Canada, ALTO dit être au courant des préoccupations des agriculteurs et affirme les prend[re] très au sérieux.

À la fin du mois d’avril, ALTO a rendu publique des engagements mis en place à la suite de rencontres avec les agriculteurs et les propriétaires de terrains.

Les engagements d'ALTO

  • Limiter les répercussions en choisissant un tracé final qui minimise les impacts sur les terres agricoles;

  • Privilégier les ententes négociées de gré à gré pour toute acquisition de terrain;

  • Offrir une indemnisation équitable à long terme, fondée sur la juste valeur marchande et tenant compte des perturbations et des pertes de productivité;

  • Préserver des accès routiers adaptés pour assurer la continuité des activités agricoles;

  • Soutenir la productivité et le développement agricoles, notamment par des solutions innovantes visant à protéger les terres et à appuyer la relève.

Dans son courriel, le porte-parole Philippe Archambault, précise qu'il est prématuré d’avancer un nombre précis de propriétés ou de terres agricoles qui pourraient être touchées, puisque le corridor demeure à l’étude que le tracé final n’est pas arrêté.

Avec les informations de Gabriel Paré-Asatoory et de Marie-Pier Mercier

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