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Dernier jour de travail pour les employés de la scierie Béarn

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C'est la dernière journée de travail d'une quarantaine d'employés de la scierie Béarn, ce jeudi, au Témiscamingue. La production se déroulait toujours en avant-midi et l’après-midi était consacré à la fermeture graduelle.

Chantiers Chibougamau mettra fin aux activités de son usine vendredi, avant d'entamer une période de mise en veille d’environ deux semaines.

Pour en assurer le maintien, l’intégrité, pour permettre qu'il y ait un nouveau chapitre, une relance. Une équipe est déjà désignée pour effectuer les travaux requis afin de sécuriser l’ensemble des composantes critiques d’un site industriel comme Scierie Béarn, indique Frédéric Verreault, vice-président, affaires corporatives, chez Chantiers Chibougamau.

Une surveillance du site est aussi prévue 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour une durée indéterminée. Des employés actuels ont été affectés à la maintenance et à la surveillance.

Une pancarte annonçant la scierie Béarn, de l'entreprise Chantiers Chibougamau.

Une soixantaine de personnes étaient toujours à l'emploi de Scierie Béarn avant la fermeture. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

Sur la soixantaine de travailleurs à l’usine de Béarn, certains ont trouvé un nouvel emploi, d’autres bénéficieront de l’assurance-emploi. Entre 12 et 15 personnes conserveront leur emploi chez Chantiers Chibougamau et travailleront à distance depuis le bureau de Béarn.

Des employés ont aussi levé la main pour être transférés dans d'autres usines de la compagnie, ce qu’on a naturellement facilité, avec la sensibilité de ne pas dépouiller l’effectif nécessaire à une relance, avec la sensibilité de ne pas non plus encourager des départs du Témiscamingue, précise Frédéric Verreault.

D’autres, qui ont appris leur métier sur le tas, sont en démarche, accompagnés de Chantiers Chibougamau, pour faire reconnaître des acquis et ainsi obtenir une équivalence de diplôme.

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Scierie Béarn (FIM–CSN) exprime quant à lui son profond regret de voir l'usine fermer ses portes. Le 10 juillet restera une date sombre pour notre région, écrit le président Dany Dénommé par voie de communiqué.

Depuis novembre 2025, nous avons travaillé sans relâche pour bâtir des pistes de relance, analyser les options possibles avec les différents paliers gouvernementaux en collaboration avec la Fédération de l'industrie manufacturière pour tenter de maintenir chaque emploi avec détermination. Malgré ces efforts soutenus, la décision de fermeture demeure, et elle laissera une marque douloureuse dans notre communauté, poursuit-il.

Le syndicat dit également regretter le départ de travailleurs et de leurs proches à l'extérieur du Témiscamingue pour trouver un nouvel emploi.

« J’ai toujours de l’espoir »

Luc Lalonde pose devant un cadre.

Luc Lalonde pense qu'il est temps de trouver une nouvelle avenue pour l'usine de sa municipalité. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

Le maire de Béarn, Luc Lalonde, garde espoir de voir la scierie reprendre ses activités, mais croit qu'il faut diversifier la production. La réouverture doit se faire le plus tôt possible, martèle-t-il.

C’est clair que ce n’est pas la meilleure journée pour les gens de ma municipalité, non plus pour les travailleurs. C’est quand même un moment assez dur à passer. Mais je pense qu’il faut regarder ça d’une autre manière aussi. On est un groupe de personnes qui est à l’affût et qui essaie de faire repartir ce moulin-là, mais sur une base plus solide.

M. Lalonde, qui prend part aux discussions entourant une éventuelle reprise, estime qu’il est important de ne pas revenir à la case départ chaque fois qu’une crise forestière frappe au Québec.

Pas juste faire du deux par quatre et du deux par six, là. Ça fait des années qu’il y a des crises forestières une par-dessus l’autre, rappelle-t-il. Il faut essayer de trouver d’autres avenues à un genre de moulin comme ça, pour que lorsque le bois d'œuvre est en difficulté, que nos employés ne soient plus en difficulté.

Relance : deux groupes intéressés

Deux groupes auraient manifesté leur intérêt pour la scierie, d’après Frédéric Verreault.

Frédéric Verreault, Chantiers Chibougamau

Frédéric Verreault souligne que la sécurisation du site vise à ne pas laisser aux futurs acquéreurs un site abîmé. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Vincent Rességuier

Ce qu’on peut faire, c’est de faciliter leur analyse, d’ouvrir les livres, d’ouvrir l’accès à tout ce qui peut être nécessaire pour permettre et accélérer leur analyse dans un premier temps. Ce que l’on a fait et ce que j’ai réitéré avec l’un des groupes encore il y a quelque temps qui voulait creuser des informations financières, où on met des heures et des heures à se rendre disponible, explique le vice-président de Chantiers Chibougamau.

Aujourd’hui, il y a deux groupes qui sont toujours à la planche à dessin pour envisager distinctement, ou en collaboration, un scénario de relance. On continue d’espérer que ça puisse se matérialiser le plus tôt possible.

Le maire Lalonde estime que la scierie pourrait minimalement être fermée de 12 à 18 mois, le temps d’y donner un peu d’amour.

Mais la période de transition ne doit pas trop s’étirer, selon lui, puisque l'arrêt des opérations forestières de Chantiers Chibougamau perturbe la synergie avec les autres usines du Témiscamingue.

Une pancarte annonce le passage de camions transportant du bois.

Des investissements majeurs sont nécessaires à la Scierie Béarn, l'une des raisons pour lesquelles Chantiers Chibougamau a décidé de fermer cette installation. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

Questionné sur le départ de travailleurs qualifiés avant une possible relance de la Scierie Béarn, Luc Lalonde souligne que ce n’est pas la première fermeture dans l’histoire de cette usine.

C’est normal que les gens se placent ailleurs, que ce soit en Abitibi, dans les mines ou ailleurs. On ne peut pas retenir les gens, faut quand même qu’ils travaillent, lance-t-il.

M. Lalonde rappelle que plusieurs entreprises témiscamiennes sont aussi touchées de près ou de loin par cette fermeture.

Les 60 M$ annoncés par Québec

Le coup de pouce de 60 millions $ de Québec est une bonne nouvelle pour Chantiers Chibougamau. Annoncé pour aider l'industrie forestière à traverser la crise en se diversifiant, Frédéric Verreault qualifie le programme de musclé et convaincant.

On est vraiment à le regarder, à accélérer des conversations avec les partenaires gouvernementaux pour voir l’éligibilité de nos différents projets, précise-t-il.

M. Verreault croit aussi que cette aide pourrait être un incitatif intéressant pour renforcer le plan d’affaires d’éventuels repreneurs de l’usine à Béarn.

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