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L'impact des aliments ultra-transformés sur notre cerveau a longtemps été négligé, sûrement parce que le mesurer scientifiquement reste difficile. Mais notre régime occidental, saturé de produits ultra-transformés, pourrait-il aussi affecter notre façon de penser et de ressentir les émotions?
On savait déjà que les aliments ultra-transformés ne font pas de bien à notre corps: riches en sucres, en sel, en graisses saturées et en additifs, ils sont depuis longtemps associés à un risque accru de maladies cardiaques, de diabète, voire même de certains cancers, détaille New Scientist. Mais cette nourriture ultra-transformée pourrait-elle avoir également des impacts sur notre santé mentale?
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Plusieurs études associent une consommation élevée d'aliments ultra-transformés à divers troubles cérébraux. Les preuves de lien de cause à effet direct restent toutefois rares. La définition même de ces aliments fait débat, souligne Tim Spector, cofondateur de la société anglaise spécialisée dans la nutrition Zoe.
La plupart des pays utilisent la classification NOVA, conçue pour catégoriser les niveaux de transformation des aliments, mais sans préciser leur impact sur la santé. «Le simple fait que les Weetabix [des céréales pour le petit-déjeuner, ndlr], qui contiennent très peu d'ingrédients et presque pas de sucre, de sel et de matières grasses, soient classés dans la même catégorie que les boissons énergisantes très sucrées en dit long sur les limites de cette classification», note le spécialiste.
Les preuves des dangers des aliments ultra-transformés continuent malgré tout de s'accumuler. En 2024, une étude portant sur environ 30.000 personnes suivies pendant dix-huit ans a montré que chaque hausse de 10% de la part d'aliments ultra-transformés ingérés augmente significativement le risque de déclin cognitif et d'AVC. Une autre étude faite au Brésil a montré que les personnes tirant plus de 19,9% de leur énergie des aliments ultra-transformés présentaient un déclin plus rapide de leurs capacités cognitives. Elles éprouvaient aussi davantage de difficultés à contrôler leurs impulsions, à réguler leurs émotions et à rester concentrées.
Problèmes de concentration, anxiété et démence
En 2025, des travaux ont révélé qu'une consommation élevée de ces aliments est associée à un risque accru de développer une démence, la maladie de Parkinson ou une sclérose en plaques. D'autres recherches établissent également un lien avec la dépression et l'anxiété. La difficulté reste toujours la même: les études se fondent sur des observations et peinent toutefois à établir des relations de cause à effet.
Avec les aliments ultra-transformés, le problème est biologique: riches en sel, en graisses et en sucre, ces aliments perturbent le microbiote intestinal et réduisent le nombre de bonnes bactéries qui sont censées s'y trouver. Cela peut fragiliser la paroi intestinale, la rendant plus perméable. Elle laisse alors passer davantage de substances nocives dans le sang, puis au cerveau. «Les régimes riches en graisses et en sucre provoquent aussi des inflammations, précise Tim Spector. Nous savons désormais qu'il existe un lien étroit entre l'inflammation et la santé mentale, en particulier pour la dépression.»
Selon une étude publiée l'année dernière, consommer quotidiennement 1.500 calories supplémentaires de snacks pendant cinq jours suffit à modifier les réponses cérébrales à l'insuline. Cette hormone permet aux cellules de capter le glucose pour produire de l'énergie. La modification dans la manière dont notre matière grise traite l'insuline conduit à un vieillissement du cerveau, d'après ces travaux.
«À mon sens, les preuves sont assez claires: consommer régulièrement des aliments ultra-transformés est susceptible d'augmenter le risque de troubles de santé mentale», résume Tim Spector. Il estime même que les études actuelles sous-estiment cet effet. Plutôt que d'essayer d'éliminer totalement les aliments ultra-transformés de son alimentation (mission impossible), mieux vaut éviter les produits cumulant plusieurs de ces éléments: sucres ajoutés, sel élevé, peu de fibres.
Le chercheur irlandais Ted Dinan propose, lui, deux changements essentiels pour la santé du cerveau: manger plus de fibres et davantage de poissons gras. Pas besoin d'y consacrer un budget important: la truite et les sardines constituent des alternatives abordables. Les fibres se cachent parfois là où on les attend le moins, rappelle-t-il, comme dans les graines de chia ou de lin, ou dans une simple tasse de café. À vous d'adopter les conseils qui vous parlent le plus pour avoir un cerveau en pleine forme, malgré les plaisirs gustatifs coupables.





























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