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La valse des déménagements, qui a culminé le 1er juillet, a obligé 71 ménages à être hébergés à l’hôtel faute d'avoir retrouvé un toit, a indiqué la Ville de Montréal jeudi.
C’est le double de l’année dernière, selon la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, qui note que le nombre d’évictions a lui aussi augmenté.
En effet, un peu plus du tiers (35 %) des 71 ménages hébergés par la Ville ont été évincés pour non-paiement de loyer; plus des deux tiers (70 %) sont des personnes seules; et le tiers sont des personnes âgées de plus de 60 ans, selon l'Office municipal d'habitation de Montréal (OMHM).
Par ailleurs, à l’heure actuelle, 219 ménages sont accompagnés par l'OMHM, soit un nombre relativement similaire à 2025. On compte 81 évictions de locataires pour divers motifs cette année à Montréal.
On voit qu’il y a encore beaucoup de travail à faire sur la question du droit des locataires à rester dans leur logement.

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, constate qu'il reste beaucoup de travail à faire. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Un constat que font aussi plusieurs organismes de défense des locataires.
Depuis 2022, le loyer moyen a encore bondi de près de 30 %, faisant basculer toujours plus de locataires dans la précarité. Pendant ce temps, les hausses abusives, les reprises de mauvaise foi et les évictions se multiplient, les projets de logements sociaux stagnent, et les listes d’attente pour un HLM s’allongent, souligne la Coalition contre le logement cher (COLOC).
Des mesures qui peinent à contrer la tendance
La crise du logement abordable n’étant pas encore résorbée dans la métropole, la Ville avait pris les devants et avait bonifié de 3,4 millions de dollars sur trois ans l’enveloppe de l’OMHM destinée au relogement.
Par ailleurs, 454 000 $ avaient été débloqués pour la rénovation d’urgence de 45 logements municipaux destinés à des personnes vulnérables, qui seront disponibles d’ici septembre. La mairesse n’écarte pas que certaines des familles actuellement accompagnées par l’OMHM puissent en bénéficier.

Chaque site d'habitations modulaires devait accueillir 30 personnes en situation d’itinérance sous la supervision d’organismes communautaires. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Davide Gentile
La Ville ne pourra toutefois pas compter sur le projet de 30 habitations modulaires pour personnes itinérantes prévu à Outremont. Selon Le Journal de Montréal, le projet a été abandonné, malgré l’achat de roulottes de chantier qui ont coûté plus d’un million de dollars à acquérir.
Les habitations modulaires, ça doit coûter autour de 100 000 $ par porte. Mais avec la décontamination des sols, ça faisait autour de 300 000 $ par porte, a indiqué la mairesse de Montréal, qui compte plutôt déployer du logement social sur le site proche du campus MIL de l’Université de Montréal.
Pas juste à Montréal
La métropole n'est pas la seule à faire face à la problématique du relogement.
La Société d'habitation du Québec (SHQ) rapporte qu'en date du 1er juillet, 38 ménages de la Capitale-Nationale sont relogés temporairement, faute d'avoir pu signer un bail à temps. En date du 26 juin, 29 personnes étaient aussi dans cette situation en Mauricie, selon les données de la SHQ.
Une semaine de nettoyage
Par ailleurs, la mairesse Martinez Ferrada a indiqué que le nettoyage des détritus laissés par les déménagements prendra environ une semaine à être effectué. Elle a appelé les citoyens à faire preuve de civisme. La propreté de la Ville, c’est une responsabilité partagée, a-t-elle insisté.
Dans cette optique, la population est invitée à se rendre à l’un des sept écocentres sur le territoire de Montréal. Ce qu'on laisse derrière n’est pas nécessairement des ordures, dit-elle.
Questionnée sur la possibilité d'imposer des amendes aux citoyens qui éparpillent leurs biens abandonnés, la mairesse a dit prôner la tolérance, mais n'a pas fermé la porte à l'adoption de moyens coercitifs à l’avenir. Ce n’est pas à l’ensemble de la population d’assumer le coût de certaines personnes qui se sont laissé traîner, soutient-elle.
Dans l’arrondissement de Messier-Hochelaga-Maisonneuve, où le mécontentement des résidents quant à la collecte des déchets se fait sentir, des équipes supplémentaires ont été engagées précisément pour ces tâches de nettoyage, selon Mme Martinez Ferrada. Sept camions ont été mobilisés dans l'arrondissement mercredi, alors qu’une journée normale en nécessite cinq, selon des informations des services municipaux.
Dans Ville-Marie, 15 cols bleus supplémentaires se consacrent entièrement à la collecte des déchets. La mairesse lance tout de même un appel à la patience, alors que les températures très chaudes des derniers jours n'aident pas à la rapidité des opérations.
Si l’effort collectif et la responsabilité individuelle sont de mise, la mairesse constate encore une fois que le manque d'équipement et de personnel fait partie du bilan. On ne peut pas clouer un clou sans marteau, a fait valoir Soraya Martinez Ferrada, ajoutant du même coup que la Ville a dû louer des camions supplémentaires et donner des contrats au secteur privé pour répondre aux besoins de la population.
Avec la collaboration d'Arly Bosom


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