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Qui a eu l’heur d’assister à Sophie’s Surprise 29th au festival Montréal complètement cirque en 2024 ou en 2025 — car le spectacle a bien été présenté lors de deux éditions consécutives de l’événement — se précipitera sans doute vers la plus récente production de la compagnie britannique Three Legged Race, d’ailleurs créée à l’invitation du même festival et de la Tohu. On retrouve dans ce nouvel opus plusieurs des éléments qui faisaient le charme du précédent, sans, hélas !, que le résultat s’avère aussi probant.
Dans ces Défis déjantés, ayant pour contexte narratif un jeu-questionnaire plus ou moins rétro, le public est encore une fois directement interpellé par des artistes faisant fi du quatrième mur et sollicitant des talents locaux. Plutôt que des circassiens, c’est une humoriste, Pascale Marineau, qui a cette fois été recrutée par la troupe. Nonobstant quelques bafouillages sans nul doute dus à la fébrilité de la première représentation, elle s’affaire avec cœur à animer ce quiz factice (auquel participent des membres de l’auditoire), mais tous ses efforts n’arrivent malheureusement pas à donner de l’élan à des saynètes ne présentant ni intérêt ni véritable drôlerie. Si bien que les numéros de cirque se font, par moments, cruellement attendre.
Lorsque ceux-ci adviennent, ils ne déçoivent pas, s’avérant de haut calibre, mais n’étonnent pas non plus les spectateurs ayant déjà vu la troupe à l’œuvre… car ils se révèlent très semblables à ceux ayant constitué Sophie’s Surprise 29th. Pour ceux qui n’ont pas assisté à cette production antérieure, Défis déjantés offre une belle occasion de voir l’époustouflant duo de patineurs à roulettes d’Isis Clegg-Vinell et Nathan Price, le superbe solo de cerceau aérien de Katharine Arnold et la saisissante prestation à trois (Price et Clegg-Vinell, auxquels se joint Thomas Evans) mariant trapèze et main à main.
Un autre passage phare du spectacle — un enthousiasmant et original clin d’œil à la cocasse grivoiserie de l’opus précédent — est, lui, assuré par le talentueux et sympathique Sam Goodburn. L’unicycliste, nu, tente de se vêtir sans descendre de son singulier véhicule. Vers la fin de la représentation, le même artiste invite une spectatrice à participer à une acrobatie — n’en disons pas plus afin de préserver l’effet de stupéfaction —, offrant là l’un des moments les plus réjouissants du spectacle.
La brève prestation de cet improbable tandem prouve aussi que les interactions scène-salle peuvent être porteuses… ce que l’on pourrait avoir tendance à oublier tant les autres variations de cette approche, au cours de la plus récente création de Three Legged Race, tombent à plat. Sort que connaissent également bon nombre des blagues et des gags de cette production qui apparaît inaboutie, dénuée de la finesse, de la richesse dramaturgique, de l’irrévérence impeccablement dosée dont on sait capable cette compagnie. Reste à espérer que la proposition se raffinera au fil des représentations, ce qui est loin d’être impossible.


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