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1200 chanteurs, techniciens, salles de concert et festivals ont signé une pétition pour attaquer la « position dominante » de quelques grands groupes industriels sur le secteur musical et dénoncer la montée du RN.
Passer la publicité Passer la publicitéDans un appel publié le jeudi 18 juin dans les colonnes du journal Politis, quelque 1200 artistes du milieu musical ont dénoncé « les menaces de l’extrême droite et de la concentration industrielle sur la liberté de création ». Signé par de nombreuses personnalités françaises comme Renaud, Bernard Lavilliers, Barbara Pravi, Ebony, IAM, Médine ou encore Les Ogres de Barback, cet Appel des 1000 : la musique en résistance, soutenu également par le Syndicat des musiques actuelles (SMA), considère dans ses premières lignes « la musique comme un bien commun vivant ». « Elle est un art populaire : plurielle, à mille lieues des fantasmes réactionnaires, écrivent les auteurs. La musique traverse les espaces géographiques et personnels, les classes sociales. »
Dans cette tribune de treize paragraphes, les signataires disent craindre la potentielle arrivée d’un élu du Rassemblement national à la tête de l’État en 2027, estimant qu’il pourrait représenter une menace pour le secteur culturel dans sa globalité. « Le projet de l’extrême droite, c’est le risque d’une mise au pas : criminalisation ou répression de certaines scènes musicales, hiérarchisation raciste des musiques jugées légitimes ou illégitimes, fin des aides culturelles pour celles et ceux qui remettent en cause le mythe national et portent des discours progressistes », écrivent-ils.
Lancement d’un collectif
La déclaration collective est accompagnée de l’annonce du lancement d’un collectif, les « Cultures Futures ». Comme l’indiquent nos confrères de France Inter, le collectif a fait son baptême du feu hier dans le 10e arrondissement de la capitale, au Point Éphémère. Ses membres disent vouloir « tisser des liens de solidarité pour viser une culture réellement multidimensionnelle, libérée des dynamiques racistes, sexistes, classistes, LGBTQIA+phobes, validistes favorisées par le système actuel ».
Le message s’adresse autant aux interprètes qu’aux techniciens et travailleurs de la musique : « Faisons converger nos forces au-delà de nos scènes, de nos esthétiques et de nos secteurs. Relions la musique aux autres champs de la culture, [...] Pesons dans le débat de la campagne présidentielle, et construisons ensemble les solidarités capables d’ouvrir d’autres possibles. »
Les signataires entendent « reprendre la musique aux machines» pour qu’elle reste « libre, plurielle et contradictoire ». Plusieurs salles de concerts ou festivals ont également apporté leur soutien au collectif, comme Les Trans Musicales et Marsatac. Comme pour le monde du cinéma qui dénonçait à Cannes « l’emprise de Vincent Bolloré sur le groupe Canal+ » le mois dernier, la pétition accuse enfin une « poignée de groupes d’occuper une position dominante sur le secteur musical ». « Certains empires médiatiques et culturels montrent combien concentration industrielle, austérité et bataille réactionnaire des récits peuvent se nourrir mutuellement », poursuit-elle, sans citer de noms.


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