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ENTRETIEN - Dès 1926, Alexandre Svetchine, le père de l’«art opératif», estimait que le progrès technique rendrait plus difficile les brefs conflits d’anéantissement, rappelle l’historien Benoist Bihan, qui a préfacé la première édition française de «Strategiia», traité qui résonne encore avec l’actualité.
Passer la publicitéNé dans l’Empire russe en 1878 au sein d’une famille noble, Alexandre Svetchine se bat dans l’armée impériale, notamment à Moukden durant la Guerre russo-japonaise de 1905, puis lors de la Première Guerre mondiale, dont il sort avec le grade de major-général. Lors de la Révolution, il choisit le camp bolchevique et devient l’un des rares cadres de la nouvelle Armée rouge disposant d’une riche expertise militaire. En même temps très critiqué pour ses origines contre-révolutionnaires, il rejoint dès 1918 l’Académie d’état-major général et forme les officiers soviétiques à la tactique puis à la stratégie. Arrêté une première fois en 1931, il est finalement condamné à mort et exécuté en 1938 dans le cadre des «grandes purges» staliniennes.
Entre-temps, celui qui a théorisé l’«art opératif» a publié en 1926 son maître-ouvrage, intitulé simplement Strategiia. En URSS et aujourd’hui en Russie, ce traité de stratégie a survécu à son auteur excommunié par le régime communiste, lui conférant post…


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