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À Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest, le soleil disparaît sous la ligne d’horizon environ un mois chaque année, autour du solstice d’hiver. Il refait surface au début du mois de janvier, pour le plus grand bonheur de la communauté polaire, qui célèbre en grande pompe ce moment, à l'occasion de l'Inuvik Sunrise Festival.
Située à environ 200 kilomètres au nord du cercle polaire, Inuvik est à la limite entre les territoires traditionnels des peuples Gwich’in et Inuvialuit.
L'Inuvik Sunrise Festival est aussi l’occasion de montrer aux résidents et visiteurs les arts et les traditions culturelles autochtones.
Le langage du corps à l'œuvre
En ouverture de l’événement vendredi, enfants, parents, et grand-parents Inuvialuit ont offert au public une série de danses ancrées dans leur culture.
Une des danses est censée représenter la démarche de l’ours polaire, une autre, le retour du soleil après un mois d’absence, tandis qu'une autre encore, plus adaptée aux enfants, se voulait une représentation des pas du canard.
Le tout était accompagné par les tambours et des chants des membres de la communauté assistant à l'événement.

Plusieurs danseurs se sont succédé sur scène en ouverture du festival.
Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel
Un événement « unique »...
La directrice du développement économique et touristique de la Ville d’Inuvik, Charlotte Verrière, parle d’une occasion unique pour les gens de l'extérieur.
On a des drummers [batteurs], de la musique traditionnelle locale avec les tambours et les chants. C'est vraiment unique.
À la fin de la prestation, le public a été invité à rejoindre la troupe pour une dernière chorégraphie.

Des Inuvialuit de toutes générations ont présenté une série de danses en ouverture de l'Inuvik Sunrise Festival.
Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel
L'événement attire de plus en plus de gens de l'extérieur d'Inuvik. Lors de son discours préliminaire, le maire, Peter Clarkson, a demandé au public: Qui vient d'ailleurs?. Une bonne partie de la salle s'est alors empressée de lever la main, ce qui n'a pas manqué d'amuser le maire.
...qui permet de sortir de la torpeur
Et pour les résidents aussi, c'est un moment important de l'année, comme le note Élise Descaris-Jean, installée depuis 17 ans dans la communauté. « C'est aussi le moment de se retrouver après un temps où on sort moins, [pour] célébrer les journée qui allongent la vie ! », souligne-t-elle.
Son fils Max, qui se tenait à côté d'elle, renchérit : C'est cool que le soleil va revenir, ça me rend de bonne humeur !

Élise Descaris-Jean et son fils Max accueille avec enthousiasme le retour des jours plus longs.
Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel
Tout au long de la fin de semaine, les festivités se poursuivent dans la petite ville d’un peu plus de 3100 habitants.
Samedi, un marché d’artisans a pris place, lors duquel les artistes locaux ont pu présenter leurs plus belles fourrures, leurs perles et leurs peintures.
Ce marché était aussi l’occasion de montrer des objets plus insolites. Un des artisans, Steve Cockney, présentait un yoyo traditionnel sur son étal, en expliquant notamment le processus de fabrication de son œuvre.

Steve Cockney fait tourner son yoyo devant les visiteurs du marché artisanal du Inuvik Sunrise Festival.
Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel
Du ski aussi au programme
À l’extérieur aussi les activités vont bon train. Malgré le report des traditionnels feux d’artifice à cause d’une vague de froid extrême dans la région, quelques quatre courageux se sont réunis samedi pour observer le soleil depuis les hauteurs de la ville. À ski, ils ont dévalé les pistes du club de la ville sous un ciel rosé.

Le club de ski de Inuvik organisait une visite guidée des pistes au moment du lever du soleil.
Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel
Finalement, le soleil n’aura fait qu’une courte apparition samedi, soit 1h55 seulement, avant de disparaître sous la ligne d’horizon, laissant, tout de même, derrière lui, une traînée de lumière qui garde encore la communauté dans la clarté.

Samedi 10 janvier, le soleil s'est levé à 13h05 et s'est couché à 15h à Inuvik.
Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel


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