Dans un train qui emmène une classe de lycéens français en voyage d’études en Italie, un garçon en surprend un autre en train de faire l’amour avec une fille; puis une autre fille qui le surprend à son tour qui les regarde… Qui a vu qui et quoi à ce moment constitue la matrice discrète de La Gradiva, premier film épatant de Marine Atlan, cheffe opératrice française (notamment de Foudre, de la Genevoise Carmen Jaquier) et révélation de la Semaine de la critique au dernier Festival de Cannes. Une des plus belles surprises de l’année, à égalité avec le dessin animé Le Corset, de Louis Clichy. Autrement dit, un de ces films dont on n’attendait rien et qui pourtant vous emportent très loin avec leur art singulier et une logique narrative propre.
Le début n’a pourtant l’air de presque rien. Juste un petit film naturaliste à la française avec des acteurs débutants, tourné caméra à l’épaule, comme on en a déjà vu, apprécié, mais aussi oublié tant. La classe, leur professeure de français-latin et une accompagnatrice prennent leurs quartiers dans une belle bâtisse sur les hauteurs de Torre del Greco – entre Naples et Pompéi – et déjà, l’architecture et la lumière italiennes apportent une différence notable. Dès le premier jour, on grimpe sur le Vésuve, où la prof entretient ses élèves de terminale de géologie et d’histoire, soit d’autres temps que le leur. Des souvenirs personnels ou cinéphiles commencent à affleurer, annonçant une expérience particulière. Quant à la cinéaste, elle précise son intérêt pour le jeune voyeur du train, qui est aussi le trublion de la classe.


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