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Dans la dernière ligne droite de la campagne pour les élections de mi-mandat, Trump persiste et signe dans ses provocations fascistes

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Le président Donald Trump s’exprime lors d’un meeting de campagne au T. Ed Garrison Arena, le mercredi 21 octobre 2026, à Pendleton, en Caroline du Sud. [AP Photo/Mike Stewart]

À 10 jours des élections de mi-mandat, alors que le Parti républicain risque fort de perdre le contrôle de la Chambre des représentants comme du Sénat, le président Donald Trump affiche de manière de plus en plus ouverte son adhésion à la violence et au racisme et encourage les actes politiques fascistes.

Lors d’un meeting de campagne mercredi en Caroline du Sud, où il faisait campagne pour la sénatrice Darline Graham, Trump a salué l’agression violente de quelqu’un qui avait tenté de le chahuter depuis le public. Un partisan de Trump a frappé la personne au visage, puis des adjoints du shérif ont traîné la victime – et non l’agresseur – dehors .

Trump a exulté : « Wow, merci. C’était génial – dis donc. Qui est le gars qui a donné ce coup de poing ? Vous êtes… Le type s’est levé, et il a juste eu le temps – et il s’est fait cogner. Wow. » La foule a répondu en scandant « Darline » et « USA, USA », comme si la Constitution américaine ne comportait pas de premier amendement protégeant le droit à la liberté d’expression.

Les partisans de Trump ont multiplié les actes de violence physique contre des manifestants qui l’ont interrompu pendant son panégyrique de lui-même, long de 90 minutes et décousu comme à l’accoutumée. Il est significatif qu’il ait été chahuté à ce point dans un État longtemps dominé par le Parti républicain et qu’il a remporté lors de ses trois campagnes présidentielles. Plus significative encore a été la réaction de ses partisans qui, ouvertement encouragés par Trump – lequel a traité les manifestants de « gens horribles » –, ont agressé physiquement les perturbateurs.

La police d’État est intervenue à plusieurs reprises pour faire sortir les manifestants hostiles à Trump, mais n’a rien fait pour mettre fin aux violences de ses partisans.

Darline Graham a été nommée pour occuper le siège de son défunt frère, le sénateur Lindsey Graham, mort subitement durant l’été. Trump l’a soutenue lors des primaires républicaines, puis est retourné dans l’État lorsque les sondages ont commencé à annoncer une course serrée face à sa rivale démocrate, la Dre Annie Andrews.

Trump est également intervenu à propos de la publicité de campagne dégradante diffusée par le candidat républicain au poste de gouverneur de l’Ohio, le milliardaire de la tech Vivek Ramaswamy, contre son adversaire démocrate, la Dre Amy Acton, ancienne directrice de la santé de l’État. L’équipe de campagne de Ramaswamy a mis en ligne une vidéo publicitaire dans laquelle la mère d’Acton traite sa propre fille de menteuse, mais il est vite apparu qu’Acton n’a plus aucun contact avec sa mère depuis 48 ans, celle-ci ayant pris le parti du beau-père d’Acton après qu’il eut été inculpé du viol de cette dernière alors qu’elle avait 12 ans.

Alors que des commentateurs médiatiques et de nombreux républicains – dont le gouverneur sortant de l’Ohio, Mike DeWine, et la candidate au Sénat de l’Iowa, Ashley Hinson – ont condamné cette publicité comme une tentative ignoble d’exploiter une tragédie familiale dont Acton a été la victime, alors qu’elle était enfant, Ramaswamy a déclaré qu’il dépenserait 4 millions de dollars pour la diffuser à la télévision, et Trump comme le vice-président JD Vance ont soutenu sa démarche.

Trump a approuvé la publicité avec enthousiasme, y voyant un « filon », et a dénoncé DeWine pour s’y être opposé, le qualifiant de « déloyal ». « Vivek devrait continuer, et laisser tout le monde écouter la mère d’une Candidate déficiente, malhonnête et incapable, expliquer comment sa fille est un DÉSASTRE qui, de façon incontrôlable, ment, triche et vole ! », a écrit Trump sur les réseaux sociaux.

Acton a déclaré lors d’un entretien télévisé que c’était sa mère qui mentait. « C’est affreux de la voir ainsi, et il est encore plus incroyable de constater que mon adversaire a profité d’une personne qui ne va manifestement pas bien, qui est plus âgée, et cela correspond tout à fait à ce qu’il est », a-t-elle dit.

Le Columbus Dispatch, principal quotidien de la capitale de l’État, a appelé mercredi à voter pour Acton et qualifié la publicité de Ramaswamy de « révoltante et troublante ». L’éditorial affirme : « Il devrait aller de soi que la violence sexuelle contre les enfants ne doit pas être politisée ni prise aussi à la légère que Ramaswamy semble le faire. »

Le président du Parti républicain de l’Ohio, Alex Triantafilou, a publié ce qui ressemblait à une menace à l’encontre de toute critique de la publicité de campagne. « Les derniers jours d’une campagne difficile sont toujours le meilleur moment pour savoir qui est vraiment avec vous et qui se contente de faire semblant », a-t-il écrit. « Oui – nous tenons les comptes. » Le directeur de campagne de Ramaswamy, Jonathan Ewing, a présenté cette publicité comme « un moment qui met fin à la campagne d’Amy Acton ».

Dans le Michigan voisin, Trump et le candidat républicain au Sénat Mike Rogers ont accusé le démocrate Abdul El-Sayed d’être un partisan des Frères musulmans et un « djihadiste » ou un « terroriste », au seul motif que les parents d’El-Sayed sont d’origine égyptienne et que lui-même, né dans la région de Detroit, est musulman pratiquant.

Lors du dernier débat de la campagne sénatoriale, mercredi soir, Rogers a affirmé qu’El-Sayed avait été « soudoyé » par les Frères musulmans. « Êtes-vous pour l’Amérique ou pour ces groupes terroristes à l’étranger ? »

Le Parti républicain au niveau national et des lobbies pro-israéliens comme l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) ont injecté des dizaines de millions de dollars dans la course sénatoriale du Michigan, en s’appuyant largement sur des appels à l’intolérance antimusulmane. El-Sayed serait le premier musulman à siéger au Sénat américain.

Parallèlement à l’encouragement de la violence, de l’intolérance et de manœuvres de dénigrement de la pire espèce, Trump a ordonné au ministère de la Justice d’intensifier ses efforts pour entraver le vote anticipé et le vote par correspondance dans les États dirigés par les démocrates. Le procureur général des États-Unis, Todd Blanche, a déclaré qu’il y aurait d’autres poursuites du même type que celle déposée la semaine dernière en Californie, qui cherche à contraindre les États à utiliser des listes de non-citoyens établies par le département de la Sécurité intérieure (DHS) pour empêcher des électeurs de voter, alors même que ces listes n’ont pas été vérifiées et sont truffées d’erreurs.

En Caroline du Nord, la commission électorale de l’État et celle du comté de Guilford, dirigées par les républicains, ont refusé d’installer des sites de vote anticipé à l’université d’État A&T de Caroline du Nord et à l’université de Caroline du Nord à Greensboro (UNCG), alors que ces deux établissements disposaient de bureaux de vote sur leur campus en 2024. Le 15 octobre, premier jour du vote anticipé, des centaines d’étudiants de l’A&T, de l’UNCG et du Bennett College ont marché pendant environ 45 minutes jusqu’au site de vote anticipé le plus proche, par endroits sur la chaussée, faute de trottoirs. La commission de l’État a également supprimé le site du campus de l’université de Western Carolina, où les étudiants sans voiture doivent parcourir environ trois kilomètres à pied, en partie le long d’une route à quatre voies, pour aller voter.

La réponse du Parti démocrate consiste à aller devant les tribunaux. Mercredi, le chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, le chef de la minorité à la Chambre, Hakeem Jeffries, ainsi que les comités de campagne du parti pour le Sénat, la Chambre et les postes de gouverneur ont demandé à un tribunal fédéral de Washington d’interdire à l’administration de contraindre les États à purger les listes électorales d’électeurs ayant le droit de vote. C’est leur deuxième action de ce type en un mois. Lorsqu’ils avaient saisi la justice en septembre à propos des menaces de Trump d’envoyer des agents de l’ICE et du FBI dans les bureaux de vote, ils avaient affirmé que Trump s’attaquait au droit de vote « parce qu’il savait que son programme de hausse du coût de la vie était profondément impopulaire », et avaient promis de « battre une fois de plus Trump devant les tribunaux ».

Les démocrates parlent au nom d’un camp de la classe dirigeante qui redoute bien plus un mouvement populaire contre Trump que Trump lui-même. Un président qui applaudit le passage à tabac d’un manifestant, traite un candidat musulman au Sénat de « sympathisant terroriste » et retourne le ministère de la Justice contre le droit de vote est présenté comme une affaire de prix impopulaires et de procédure juridique. Ils s’en remettent aux juges et à une Cour suprême qui a ouvert la voie aux expulsions vers des pays tiers et à bien d’autres choses. Hormis l’exhortation à voter par anticipation, ils n’ont lancé aucun appel à la population pour qu’elle défende ses droits démocratiques. Cette défense incombe à la classe ouvrière, qui doit s’organiser indépendamment des deux partis de l’oligarchie patronale.

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