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Le hamburger n’a encore tué aucune planète à lui seul, mais son portrait est désormais persona non grata.
Le hamburger, nouvel ennemi climatique d’Amsterdam
Vous pouvez toujours commander un hamburger à Amsterdam. Le manger avec des frites, ajouter du fromage, reprendre une portion. En revanche, sa photographie sur un abribus peut désormais poser problème.
Depuis le 1er mai 2026, la capitale néerlandaise interdit les publicités pour la viande et certains produits liés aux énergies fossiles dans une partie de l’espace public : panneaux d’affichage, transports et mobilier urbain.
La mesure concerne notamment les hamburgers, les voyages en avion, les croisières et les voitures fonctionnant aux carburants fossiles.
Le règlement municipal adopté le 22 janvier 2026 précise toutefois que les commerces peuvent continuer à promouvoir leurs produits sur leur lieu de vente. Les restaurants ne sont donc pas obligés de cacher leurs menus.
L’ambition municipale est connue : atteindre la neutralité carbone en 2050 et réduire de moitié la consommation de viande d’ici cette échéance.
L’écologie découvre ainsi une nouvelle méthode : pour diminuer les émissions, commençons par supprimer les photographies des produits qui en génèrent.
Moins de publicités, vraiment moins de viande ?
Dans une analyse publiée le 25 octobre, la psychologue spécialisée dans les questions climatiques Linda Aspey explique que les publicités influencent les habitudes alimentaires par leur répétition.
Selon elle, voir régulièrement des images de viande contribue à présenter sa consommation comme un comportement normal.
L’argument mérite examen. La publicité influence effectivement les achats, raison pour laquelle les entreprises dépensent des fortunes pour occuper les panneaux publicitaires.
Mais concernant Amsterdam, les résultats restent inconnus. Aucun chiffre ne permet actuellement d’établir que cette interdiction a provoqué une diminution de la consommation de viande.
L’expérience londonienne est parfois citée : après des restrictions publicitaires concernant la malbouffe dans les transports, les achats alimentaires concernés auraient reculé. Un exemple intéressant, mais qui ne démontre pas que les habitants d’Amsterdam abandonneront leurs steaks.
Autre détail : avant l’interdiction, la publicité pour la viande ne représentait qu’environ 0,1 % de l’affichage extérieur de la ville, selon les chiffres présentés lors des débats municipaux.
Une proportion minuscule pour une mesure aussi symbolique.
Après les hamburgers, bientôt toute l’assiette ?
Amsterdam n’est pas seule. Haarlem avait déjà adopté des restrictions comparables. Utrecht, La Haye et plusieurs autres villes néerlandaises ont également engagé cette politique.
En France, le sujet possède quelques défenseurs particulièrement enthousiastes.
Le 22 octobre, Sandrine Rousseau défendait une taxe sur les produits carnés transformés. Les députés ont rejeté son amendement par 84 voix contre 14.
La même députée avait auparavant proposé de rebaptiser les steaks « cadavres d’animaux » afin de dissuader les consommateurs.
Entre taxer la viande, modifier son nom et interdire ses publicités, les méthodes diffèrent. L’idée de peser sur les choix alimentaires, elle, progresse.


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