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En février, les précipitations les plus abondantes depuis 1959 ont été mesurées par Météo-France et les températures ont été en moyenne supérieures de 3,5°C aux normales de saison.
Passer la publicité Passer la publicitéQuarante jours de pluie consécutifs ont plombé le ciel de l’Hexagone du 14 janvier au 22 février, un record de durée. Durant le mois de février qui vient de s’achever, « la France a été la plus arrosée depuis 1959 », a précisé Christine Berne, météorologue chez Météo-France, lors d’une conférence de presse présentant le bilan trimestriel. La côte Atlantique a subi des pluies quasi quotidiennes pendant le dernier hiver météorologique, du 1er décembre 2025 au 28 février dernier. Les précipitations ont été particulièrement abondantes, en décembre notamment sur l’ouest du pourtour méditerranéen, à cause d’épisodes de pluies cévenoles, puis en janvier et février sur la quasi-totalité du pays. Il y a toutefois des exceptions sur les Hauts-de-France et le Grand Est qui accusent à la fin de l’hiver, des déficits de pluviométrie estimés respectivement à 10 % et 15 % par rapport à la moyenne.
Cet hiver humide s’explique surtout par « un blocage de l’anticyclone des Açores, plus au sud que d’habitude, entre le 7 janvier et le 20 février », a précisé la météorologue. Ce qui a laissé une large zone dépressionnaire se stabiliser au-dessus de l’Irlande et la moitié nord du pays. De ce fait, « les dépressions se sont succédé, il a plu sans discontinuer et la neige a été particulièrement abondante » sur la plupart des massifs alpins, malgré un début de neige assez faible au début de l’hiver, a expliqué Christine Berne. De plus, trois tempêtes ont touché le pays : Goretti au nord les 8 et 9 janvier, puis Nils les 11 et 12 février, qui a provoqué beaucoup de dégâts sur les forêts dans le Sud-Ouest, fragilisées notamment par des sols saturés en eaux, puis Pedro, qui a traversé le 19 février le Roussillon et la Corse.
Les dépressions se sont succédé, il a plu sans discontinuer et la neige a été particulièrement abondante [sur les massifs alpins].
Christine Berne, météorologue chez Météo-FranceL’hiver a donc été « extraordinaire au plan hydrométéorologique », a indiqué Lucie Chadourne-Facon, directrice du service central de Vigicrues, filiale de Météo-France qui surveille les principaux cours d’eau du pays depuis vingt ans. À cause d’une pluviométrie remarquable (25 centimètres de précipitations en janvier et en février) des crues généralisées ont été observées dans la quasi-totalité des départements (92 contre 74 en moyenne en vingt ans). D’abord, du 18 au 25 décembre, après des pluies cévenoles sur le pourtour méditerranéen, puis avec 42 jours de vigilances supplémentaires en janvier et février. Au total, les vigilances crues ont concerné « 85 % des rivières surveillées » et « 277 tronçons ont été placés en vigilances crues (orange ou rouge, dont 275 sur les deux derniers mois) », contre 168 en moyenne sur les vingt derniers hivers, a ajouté l’experte de Vigicrues.
Températures élevées en février
En termes de températures, c’est surtout le mois de février, avec un écart de +3,5°C par rapport à la moyenne, qui a été exceptionnel. Il s’agit du deuxième mois de février le plus chaud depuis 1990. Mais l’anomalie de température classe cet hiver au quatrième rang des hivers les plus chauds. Il a certes fait froid entre décembre et le début janvier, « avec des températures au plus bas depuis 2018. Mais il y a eu moins de gelées que d’habitude », précise Christine Berne.
Ces dernières tendances, notamment à propos de l’humidité des sols, ne préjugent en rien « d’une absence de sécheresse cet été » qui dépendra, bien sûr des températures et des pluies ces prochains mois. Pour le printemps en cours, Météo-France estime qu’il y a une probabilité de 50 % que les températures soient supérieures à la normale.


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