Bertrand, le narrateur de Faire avec, est agent immobilier. Son métier le place aux premières loges des grandes étapes de la vie: acheter, vendre ou vider une maison – derrière chacune de ces manœuvres, des existences se déploient, des familles se délitent, des deuils se matérialisent. A travers ce dispositif, le romancier Franck Mignot, Jurassien installé à Brest, fabrique une ingénieuse mise en abyme.
Bertrand est séparé de Claire. Ils se partagent la garde de leur fils Robin. Une fois par semaine, Bertrand déjeune chez sa mère, à l’endroit où il a grandi, où vit aussi son frère jumeau, aux crochets de sa génitrice. Leur relation est fusionnelle, problématique, malsaine: «J’ai toujours eu le sentiment que c’était avec ma mère qu’Alexandre était jumeau puisqu’ils ne se sont jamais quittés.» Ils ne connaissent pas leur père, autour duquel le silence règne. Dans ce réseau de liens brisés, dysfonctionnels, seule la télévision offre à Bertrand une compagnie supportable, une berceuse réconfortante, une présence non contrariante.


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