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La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, affirme avoir réalisé « des progrès significatifs » sur la tarification carbone industrielle et un projet de pipeline vers la côte ouest lors de sa rencontre vendredi matin à Ottawa avec le premier ministre du Canada, Mark Carney.
Je crois que nous avons trouvé un terrain d'entente aujourd'hui au sujet de plusieurs questions en suspens, et j'espère être en mesure de faire une annonce plus définitive très prochainement, a-t-elle indiqué lors d’une conférence de presse en marge du rassemblement conservateur Canada Strong and Free Network.
Selon le protocole d’entente que l’Alberta et Ottawa ont signé à la fin de novembre dernier, un accord sur le resserrement de la tarification carbone industrielle et une entente pour établir le plus important projet de capture et stockage du carbone auraient dû être conclus le 1er avril dernier. Les deux ordres de gouvernement ont reconnu avoir des désaccords sur la vitesse et l’année pour atteindre un prix réel du crédit carbone de 130 $ la tonne pour les grands émetteurs.
Un accord sur la tarification carbone est un prérequis avant de négocier avec l’Alliance des sables bitumineux pour établir sa proposition de capture et stockage du carbone.
Je suis désormais beaucoup plus convaincue que cela sera finalisé bien avant le dépôt de la demande de l'Alberta pour un pipeline vers la côte ouest auprès du Bureau des grands projets le mois prochain.
D’ici le 1er juillet, le gouvernement provincial veut aussi déposer une proposition de pipeline qui transporterait 1 million de barils de pétrole de l’Alberta jusqu’à la côte britanno-colombienne. Aucune entreprise privée ne s’est proposée pour prendre la tête du projet.
Ne soyez pas surpris que personne ne se soit manifesté pour soumettre un dossier, a toutefois dit Danielle Smith. Les entreprises privées attendent, selon elle, des signes garantissant que le gouvernement fédéral, celui de la Colombie-Britannique et les Premières Nations sont sur la même longueur d’onde.
Elle a quand même assuré être persuadée que plusieurs investisseurs privés se manifesteront une fois ces garanties négociées.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, souhaite qu'Ottawa priorise les projets de gaz naturel liquéfié plutôt qu'un oléoduc.
Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck
Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, n’a toutefois pas changé de position. Je comprends que le projet de pipeline soit essentiel pour la première ministre Danielle Smith, mais il n’y a toujours pas de tracé, toujours pas de promoteur [privé], toujours pas de progrès depuis qu’il a été annoncé il y a deux ans, a-t-il souligné vendredi.
Il a plutôt invité Ottawa à prêter plus d’attention aux projets de gaz naturel liquéfié de la Colombie-Britannique.
Des preuves que le Canada peut fonctionner

La rencontre entre Danielle Smith et Mark Carney s'est déroulée vendredi matin.
Photo : Twitter/Danielle Smith
La rencontre entre Mark Carney et Danielle Smith était fermée aux médias, mais juste avant leur huis clos, les deux politiciens étaient tout sourire.
Il y aura des discussions très importantes, mais il faut reconnaître le grand progrès que nous avons fait ensemble durant la dernière année, a déclaré Mark Carney durant les quelques minutes ouvertes aux médias avant leur rencontre.
Danielle Smith a renchéri sur le même ton, qualifiant les discussions entre les deux parties de constructives, mais elle a aussi souligné que les Albertains attendaient des preuves que le Canada peut fonctionner.
Je sais que l'industrie commence à s'impatienter. Les Albertains s'impatientent également un peu.
Par le biais d’un communiqué de presse, le gouvernement fédéral annonce qu’il va modifier des lois et des règlements pour accélérer les évaluations gouvernementales avant le lancement de grands projets au Canada.
Impatience et frustration en Alberta
Comme Danielle Smith l’a mentionné, la grogne monte cependant chez des PDG des plus grandes pétrolières canadiennes. Lors de la conférence téléphonique de présentation des résultats trimestriels, le président de Cenovus, Jon McKenzie, a fustigé les politiques climatiques canadiennes, qu'il a qualifiées de myopes et non compétitives.
Il a pris pour exemple la tarification carbone industrielle : Le résultat est que cette taxe n'encourage pas la décarbonation de l'industrie canadienne, mais incite plutôt les entreprises à investir à l'extérieur du Canada.
Six organisations environnementales ont également envoyé une lettre à Mark Carney, l'incitant à ne pas céder sur les politiques climatiques en négociation dans le protocole d'entente.

La première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, participait vendredi à la conférence conservatrice Canada Strong and Free Network à Ottawa.
Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby
Même si la tarification carbone industrielle est critiquée au sein des milieux conservateurs et de l’industrie pétrolière, la première ministre de l’Alberta l’a défendu comme un compromis nécessaire avec le gouvernement libéral.
Elle a rappelé que la province avait un système de tarification des grands émetteurs en place depuis 2007, qui avait permis de financer des technologies comme la capture et le stockage du carbone ou la géothermie. Nous devons le calibrer de manière à créer des conditions de réussite.
« Si [Pierre Poilievre] avait été élu, nous aurions peut-être une approche différente », a-t-elle affirmé devant l’audience de la conférence Canada Strong and Free Network.
Ces discussions se déroulent également dans le contexte d’une probabilité accrue d’un référendum sur l’indépendance de l’Alberta. Les avancées sur le protocole d’entente seront très importantes pour calmer les frustrations croissantes, dit Danielle Smith.
Aucune autre prise de parole de Mark Carney n’est prévue vendredi.


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