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La première ministre albertaine, Danielle Smith, impose un ultimatum de trois mois à Edmonton pour revoir ses règlements de zonage.
Le gouvernement provincial demande à la Ville l’arrêt d’octroi de permis de construction pour des logements multiples dans les quartiers résidentiels.
En 2024, la capitale albertaine a modifié ses règles de zonage sous l’administration de l’ex-maire Amarjeet Sohi. Il permettait la construction d’immeubles de huit logements dans des quartiers où se retrouvent principalement des maisons unifamiliales.
La première ministre demande à la Ville de revenir en arrière, soit à la politique de zonage qui était en vigueur en 2020 et qui interdisait ce type de construction.
L'objectif n’est pas simplement de construire plus de logements, mais de construire des habitations qui sont intégrées pour qu’elles soient adéquates à la fois pour les résidents actuels et pour les familles futures dans ces quartiers, précise la première ministre.
Il s'agit de donner aux Albertains une voix avant que leurs quartiers ne soient définitivement modifiés.
Le ministre des Affaires municipales, Dan Williams, a tenu à préciser qu’il s’agit du début d’une conversation entre la province et la Ville d’Edmonton pour qu’on puisse avoir une approche équilibrée de la construction de logements multiples.
La première ministre n’a pas donné de critères précis sur les zones où il sera interdit de construire.
La politique de zonage d’Edmonton a suscité différentes réactions au cours des derniers mois. Dimanche dernier, 150 manifestants ont montré leur désaccord avec celle-ci devant l’hôtel de ville d’Edmonton.
Edmonton ne compte pas en rester là
Le maire d’Edmonton, Andrew Knack, n’en démord pas.
Il demande à Danielle Smith de mettre sur pause le projet et ordonne la tenue d’un conseil municipal d’urgence.
La première ministre veut ramener une politique datant des années 1960. C'est un ultimatum. Soyons clairs, si nous ne la suivons pas, nous pourrions être retirés du conseil. C'est ainsi que la Loi sur le gouvernement municipal est établie.
Le maire s’inquiète également des conséquences pour le budget municipal en raison des différentes taxes selon le type de logement.

Le maire d'Edmonton, Andrew Knack, s'oppose catégoriquement à « l'ultimatum » de la première ministre Danielle Smith concernant les règles de zonage.
Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Larouche
Le vice-président de l’Association des municipalités albertaines, Dylan Bressey, est outré par la décision du gouvernement de Danielle Smith. Deux semaines auparavant, il était sur la même scène que Danielle Smith lors de l’Assemblée annuelle des municipalités de l'Alberta à Edmonton, où il mentionnait que la relation était bonne entre les deux ordres de gouvernement.
C'est un énorme revers dans cette relation. Nous n'avons pas besoin que la province nous dise comment faire notre travail. Ce dont nous avons besoin, c'est que la province se présente à la table avec un financement pour les infrastructures de base, un financement pour les services sociaux préventifs, réclame-t-il.

Dylan Bressey est conseiller municipal à Grande Prairie et vice-président de l'Assemblée des municipalités albertaines.
Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Larouche
Danielle Smith invitait les municipalités de la province à soumettre des projets ponctuels dans leurs communautés en raison d’un surplus prévisionnel de 2 milliards de dollars pour le budget de la province.
En ce qui concerne la ville de Calgary, le conseil municipal sera épargné par l’annonce du gouvernement albertain, puisque les règles de zonage actuelles interdisent ce type de constructions dans les quartiers résidentiels unifamiliaux.


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