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Des chercheurs du Canada atlantique et du Chili ont découvert des gènes qui permettent de limiter l’utilisation des engrais dans la culture du lin. La production de cette plante utilisée en alimentation, dans la fabrication de vêtements et en construction, pourrait ainsi coûter moins cher et entraîner un moindre impact environnemental.
Bourlaye Fofana, chercheur chez Agriculture et Agroalimentaire Canada à Charlottetown, a évalué, avec d’autres collègues, environ 123 lignées de lin, en les cultivant dans des milieux azotés et non azotés.
Il a découvert des architectures génétiques particulières, permettant de produire de la biomasse et des graines avec moins d’azote. Une réduction de l’azote signifie moins d’engrais.
Comme les agriculteurs dépensent beaucoup en azote, on voulait savoir quels génotypes sont capables d’utiliser moins d’azote, explique M. Fofana.

Bourlaye Fofana est chercheur pour Agriculture et Agroalimentaire Canada. Il est basé à Charlottetown.
Photo : Gracieuseté d'Agriculture et Agroalimentaire Canada
D’après le chercheur, la réduction de l'usage des engrais limite l'impact environnemental tout en favorisant la pérennité de la culture.
Il perçoit aussi des bénéfices, avec le lin, pour la santé humaine.
L’huile de lin est riche en oméga 3, qui sont bons pour la santé cardiovasculaire et pour la circulation. La consommation de graines de lin est considérée comme [un moyen] de lutter contre le diabète de type 2, souligne-t-il.

Le Groupe de développement durable du Pays de Cocagne, au Nouveau-Brunswick, a cultivé le lin pour la toute première fois en 2022.
Photo : Gracieuseté du Groupe de développement durable du Pays de Cocagne
Les graines de l’Ouest et les fibres de l’Est
Le lin est produit pour deux choses. D’abord, les fibres. Mais au Canada, en général, on produit du lin pour les graines, précise Bourlaye Fofana.
En effet, le lin oléagineux, cultivé pour sa graine dans le domaine alimentaire, est très prisé dans les Prairies canadiennes.
Cette culture connaît même des débouchées au Bas-Saint-Laurent.
Le lin est cultivé principalement dans les Prairies canadiennes. Mais il y a aussi une grande composante au Québec. Les graines de lin servent à l’alimentation, mais aussi à la manufacture, indique M. Fofana.

Chaque cosse de lin contient généralement de huit à dix graines. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
Dans les Maritimes, le lin est cultivé pour sa fibre, mais de manière plutôt expérimentale.
D'après le chercheur, les tentatives d'implantation dans les Maritimes ont été entravées par des conditions climatiques humides provoquant la verse des plantes.
Dans les Maritimes, il y avait une grande composante par le passé, pour la production de fibre de lin. Mais il n’y a pas eu de recherches [récentes] pour adapter des variétés spécifiques [dans les Maritimes], fait valoir Bourlaye Fofana.
Dans certains cas, comme au Nouveau-Brunswick, des agriculteurs redécouvrent la culture du lin textile, et du même coup, une partie de leur histoire.

Un textile fabriqué à partir des fibres de la plante de lin.
Photo : iStock
Une culture expérimentale néo-brunswickoise
Depuis 2022, le Groupe de développement durable du pays de Cocagne, basé dans le sud du Nouveau-Brunswick, cultive un champ de lin expérimental.
Il s’agit d’une culture artisanale de fibres textiles, d'une surface d’environ 1900 pieds carrés.
Claire Gagnon est la coordinatrice de ce projet de lin. Son équipe sème, récolte, et utilise même un teilleur pour séparer la fibre de lin de son enveloppe.
Après, on fait le filage, la confection de linge et la teinture. On fait tout, de A à Z, lance Claire Gagnon.
Avec les découvertes de Bourlaye Fofana, le travail de Mme Gagnon pourrait prochainement être, en quelque sorte, simplifié.
Si ça peut diminuer le besoin en azote, c’est intéressant.

Claire Gagnon est coordinatrice du projet de lin au Groupe de développement durable du pays de Cocagne, au Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada
Il faut toujours faire attention avec l'azote. Parce que s’il y a trop d’azote, ça fait en sorte que [le lin] pousse très vite s’il est nourri. Et si ça pousse très vite, ça peut endommager la fibre, explique la coordonnatrice.
Claire Gagnon est convaincue que des projets de recherches, comme celui-ci, peuvent contribuer à l'essor des cultures de lin dans l’est du pays.
Il reste à voir si les universitaires et l’industrie prendront la balle au bond, en proposant aux agriculteurs des variétés qui nécessitent moins d’engrais.
Nous produisons du matériel pour l’Université de Saskatchewan. C’est à l’Université [et à l’industrie] de prendre le relais, de développer des variétés qui seront à la disposition des agriculteurs canadiens, conclut le chercheur Bourlaye Fofana.


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