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Crise climatique : et si l’on décentralisait les villes ? Ce géographe français pense que c’est une bonne idée !

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Les crises écologiques et la future raréfaction des ressources devrait nous pousser à repenser les villes. Un géographe français a récemment rédigé un ouvrage traitant d’un concept très particulier : la « démétropolisation ». L’objectif ? Opérer un rééquilibrage démographique entre les villes et les espaces ruraux.

Les métropoles sont des impasses écologiques

Guillaume Faburel est professeur d’études urbaines et de géographie à l’Université Lumière Lyon 2. L’intéressé est principalement reconnu pour ses théories en faveur d’une société post-urbaine. Le 10 septembre 2026, son dernier ouvrage Où habiter ? est sorti chez Tana Editions, comme le révélait notamment un article de Libération.

Concrètement, le géographe base sa réflexion sur la critique de la métropolisation, c’est à dire le processus mondial de concentration de la population, des richesses et des fonctions de commandement – politiques, économiques, culturelles – dans un nombre restreint de grandes villes – les métropoles. Pour l’expert, ces grandes villes sont à la fois des impasses écologiques, des lieux d’exclusion sociale et de perte d’autonomie politique.

Sur le plan écologique, la critique concerne l’énorme consommation d’énergie et de matières premières des métropoles. Ces grandes villes dépendent d’ailleurs entièrement de ressources produites dans d’autres lieux, tout en subissant les crises climatiques, notamment à travers les îlots de chaleur urbains.

Où habiter ? ouvrage démétropolisationCrédit : DECITRE

Vers un exode urbain planifié ?

Pour Guillaume Faburel, la meilleure vision post-urbaine est certainement la « démétropolisation ». Ce concept qu’il a lui-même pensé va naturellement à l’encontre des politiques classiques d’aménagement du territoire. Dans son ouvrage, l’intéressé évoque certaines notions comme le « déménagement du territoire » et les « biorégions ». Il promeut notamment le rapprochement des lieux de vie et de production, ainsi que la mise en place d’une économie de subsistance et de soin.

Précisons que le terme « déménagement du territoire » existe depuis les années 1970. Réhabilité, celui-ci est désormais relatif à l’organisation et la planification d’un exode urbain pour mieux répartir le peuplement humain face à l’urgence climatique. En ce qui concerne la notion de « biorégions » (ou pays géographiques), il est question de bassins de vie à taille humaine favorisant l’auto-organisation, sans pour autant basculer dans l’autarcie complète.

Guillaume Faburel précise également que modèle d’approvisionnement actuel – sur le plan alimentaire notamment – n’est pas viable sur le long terme. La démétropolisation impose donc une relocalisation stricte des activités de l’agro-alimentaire. De plus, le géographe affirme qu’il sera nécessaire de replacer une dizaine de millions de citoyens dans les métiers de la terre, de l’artisanat, de l’éducation et du soin. L’intéressé illustre d’ailleurs sa pensée avec le slogan suivant : « apprendre à vivre mieux avec moins ».

Des territoires refuges autonomes

Le chercheur dit avoir identifié sept grands espaces géographiques français – des territoires refuges – capables d’absorber une partie de la population urbaine. Ces espaces pourraient, sans rompre leur équilibre écologique, jusqu’à doubler leur population actuelle d’ici 2050. En voici la liste : les Pyrénées, le Massif central, les Alpes et pré-Alpes, le Poitou, la Normandie, le Morvan et certaines collines du Centre-Bretagne.

Ces zones n’ont pas été désignées au hasard mais selon une trentaine de critères climatiques et d’autonomie potentielle. Parmi ces notions, nous retrouvons par exemple la résistance aux extrêmes thermiques, notamment grâce à l’altitude. Citons aussi l’absence de risques majeurs immédiats comme les fortes sécheresses et les mégafeux de forêt. Une autre notion particulièrement essentielle est la capacité de l’espace désigné à produire ses propres ressources et son énergie à partir de matières locales.

Yohan D

Rédigé par Yohan D

Vulgarisateur scientifique depuis plus de dix ans, je m’intéresse à la géographie, aux technologies et à l’environnement. J’espère attirer votre attention sur des sujets captivants !

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