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L'Association de résidents de William Whyte a rencontré les chefs du Service de police de Winnipeg jeudi pour discuter du sentiment d’insécurité qui mine le secteur. La consommation de stupéfiants en public et la hausse de criminalité figurent au premier plan de leurs préoccupations.
La situation continue de se dégrader, selon le président de l'association de quartier, Darrell Warren. On ne peut plus se promener tranquillement sur l'avenue Selkirk, car il y a tellement de gens sous l'emprise de ces drogues que les gens ne se sentent plus en sécurité, déplore-t-il.
William Whyte affiche l’un des bilans les plus sombres de la capitale manitobaine en matière de criminalité, avec un taux supérieur de 52 % à la moyenne municipale en 2025.
Près de 7000 personnes vivent dans ce secteur du North End. D'après M. Warren, la majorité de la population a l'impression que ses appels à l'aide restent lettre morte.
Présent lors de la rencontre, le chef de police Gene Bowers a admis que William Whyte était le seul quartier de Winnipeg où la criminalité ne recule pas. Il était entouré de membres de l'unité chargée de la lutte contre la drogue et les gangs, de l'unité des incendies criminels, de policiers de proximité et des représentants d'Échec au crime (Crime Stoppers).
Pour M. Bowers, ce genre d'échanges aide le corps policier à cerner les besoins du terrain. Je dois déterminer où affecter nos ressources et où elles seront les plus utiles, et je souhaite recueillir l’avis de la population, a-t-il affirmé.
En août dernier, les forces de l’ordre avaient déployé une opération ciblée de 10 jours pour réprimer le trafic et la consommation de drogues à ciel ouvert, une opération soutenue par sept Winnipégois sur dix, d'après un sondage Probe Research commandé par CBC/Radio-Canada.

Le président de l'association de quartier William Whyte, Darrell Warren, est à l'origine de la réunion entre la police et les habitants. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mike Arsenault
La complexité de la crise
Présente à la réunion, Sylvia Kowalchuk, qui réside dans le quartier depuis plus de 30 ans, a tenu à rappeler la complexité humaine derrière ces tensions.
Il n’y a pas de réponse facile, a-t-elle souligné. Il faut parfois des années pour aider quelqu'un qui a un problème de santé mentale. Pensez à la personne aux prises avec une dépendance : elle ne peut pas la contrôler et ne comprend pas ce qui lui arrive.
Mme Kowalchuk a néanmoins salué la démarche du chef de police de venir entendre directement les doléances de la population. Je ne pense pas que ce soit facile pour les policiers de venir à ce genre de rencontre.
Pour Gene Bowers, le contact direct avec la communauté est irremplaçable dans le travail policier. Nous utilisons des données et des statistiques, mais parfois, avoir ce contact humain et ce dialogue direct est essentiel pour vraiment comprendre les problèmes, a-t-il affirmé.
Une ligne pour les signalements anonymes
En 2025, l'association de quartier a lancé la William Whyte Powerline, une ligne téléphonique permettant de dénoncer des activités criminelles de manière anonyme.
L'initiative a vu le jour grâce au soutien d'Échec au crime, s’inspirant d'un modèle déjà en vigueur depuis plusieurs années dans Point Douglas.
Son vice-président, Paul Johnson, explique que cela encourage le signalement sans craindre de représailles éventuelles.
Des affiches et des panneaux préventifs ont d'ailleurs été installés dans le quartier afin de dissuader les délinquants et de rappeler le numéro au public.
Les cinq candidats briguant le siège dans la circonscription de Mynarski, qui englobe William Whyte, étaient également présents à la réunion. Pour Darrell Warren, il s'agissait d'une occasion de confronter les futurs élus aux réalités quotidiennes du quartier.
Avec les informations de Mike Arsenault


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