«La Coupe du monde 2030 se joue à la maison! », fanfaronnait la Conmebol (confédération sud-américaine de football) en décembre 2024, sans s’embarrasser de détails. Un siècle après sa toute première édition, la grand-messe signerait donc son retour en Uruguay, mais aussi en Argentine (finaliste malheureux cette année-là) et au Paraguay, où siège la première institution internationale de football, fondée en 1916. La réalité est pourtant tout autre: si l’Uruguay devrait disputer le match d’ouverture du Mondial au sein du légendaire stade Centenario, inauguré en 1930 afin de fêter les cent ans de l’indépendance du pays, et que l’Albiceleste et l’Albirroja joueront elles aussi leur premier match à domicile, le reste de la compétition se déroulera au Maroc, en Espagne et au Portugal, comme l’a confirmé dans la foulée la FIFA.
Conscients que le combat était perdu d’avance face à cette candidature afro-européenne, les dirigeants sud-américains ont fait un choix pragmatique. «Il était impossible d’obtenir les votes et le budget nécessaires pour que l’Amérique du Sud organise seule toute la Coupe du monde, s’est ainsi justifié Claudio «Chiqui» Tapia, le président de la fédération argentine. Pouvoir organiser ces matchs sans investir le moindre peso est une excellente nouvelle, puisque les infrastructures existent déjà». Sans doute marqué par l’exemple du Brésil en 2014, la Conmebol a préféré s’assurer l’organisation de ces trois rencontres plutôt que de risquer de tout perdre, en passant un accord en sous-main avec la FIFA. «Nous aurions été dans l’incapacité d’organiser l’ensemble du tournoi ici, estimait ainsi Alejandro Domínguez, le président de la confédération sud-américaine, dans la foulée de l’annonce. L’organisation d’un événement de cette ampleur nécessite des investissements colossaux. » Que ces pays ne peuvent se permettre dans une période d’incertitude économique et politique.


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