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Côtes-d'Armor. La préparation des piluliers de l'Ehpad inquiète la pharmacienne

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À Hénon, la préparation des piluliers de l'Ehpad, désormais confiée à une pharmacie extérieure, suscite l'inquiétude de la pharmacienne locale. Elle alerte sur les conséquences.

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La préparation des piluliers des résidents de l’EHPAD est désormais assurée par une pharmacie située à plusieurs kilomètres de Hénon. La pharmacie de Hénon s’inquiète

La préparation des piluliers des résidents de l’EHPAD est désormais assurée par une pharmacie située à plusieurs kilomètres de Hénon. La pharmacienne s’inquiète. ©F.P

Par Rédaction Lamballe Publié le 17 mars 2026 à 23h00 ; mis à jour le 17 mars 2026 à 23h01

À Hénon (Côtes-d’Armor), la mise en place de la préparation des doses à administrer (PDA), autrement dit la préparation hebdomadaire des piluliers pour les résidents de l’Ehpad, suscite des interrogations.

Installée depuis 35 ans dans la commune, Hélène Le Rall, pharmacienne, alerte sur les conséquences de cette organisation pour l’officine locale.

Un contexte fragile

Exerçant seule depuis 2014, elle doit déjà composer avec un contexte médical fragilisé. La commune ne dispose plus de médecin depuis 2015.

Si des permanences du centre hospitalier de Lamballe sont assurées le jeudi depuis fin janvier 2025, elles restent, selon elle, sans réel impact pour la pharmacie.

« Les patients concernés sont déjà suivis sur Lamballe et il reste très difficile pour les habitants de Hénon ou de Plémy sans médecin traitant de trouver une consultation« , explique-t-elle.

Quatre heures de travail par jour

La question de la préparation des piluliers pour les 34 résidents de l’Ehpad s’est posée récemment. Une tâche qui représente au minimum quatre heures de travail hebdomadaire, selon l’infirmière coordinatrice.

Un volume difficilement compatible avec une officine tenue seule, où cela équivaudrait à une demi-journée sans accueil de la clientèle.

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La pharmacienne a envisagé plusieurs pistes, dont un retour au travail le samedi, habituellement jour de fermeture. « C’était très compliqué à tenir dans la durée, surtout en période estivale », reconnaît-elle.

4,50 euros par résident

Sur le plan économique, la PDA implique également un investissement. D’après les estimations du secteur, la rémunération s’élèverait à environ 4,50 euros par résident et par semaine, auxquels s’ajoutent les consommables.

Avec 34 résidents, le seuil de rentabilité serait à peine atteint.

20 km plus loin

Finalement, la préparation des piluliers a été confiée à une pharmacie de Collinée, dans la commune du Mené, à près de 18 kilomètres. Les traitements doivent être récupérés sur place par les soignants ou dans le cadre de l’hospitalisation à domicile.

Une organisation qui interroge. « On parle de sécurisation du circuit du médicament, mais là les traitements parcourent près de 20 kilomètres », souligne Hélène Le Rall.

Moins d’attractivité

L’Ehpad continue toutefois de solliciter la pharmacie locale pour certaines urgences, notamment les antibiotiques ou les traitements prescrits à la sortie d’hospitalisation.

Mais pour la pharmacienne, la perte de cette activité fragilise l’avenir de l’officine.

Une pharmacie qui perd son Ehpad devient forcément moins attractive si elle doit être reprise un jour.

Elle regrette que le sujet n’ait pas été davantage débattu au sein du Centre communal d’action sociale.

De son côté, l’Agence régionale de santé précise que la mise en place de la PDA relève de la responsabilité de la direction de l’établissement et n’a pas été imposée par ses services.

Part de responsabilité

Au-delà du cas local, la professionnelle s’interroge sur l’évolution de la pratique. « La PDA transfère une partie de la responsabilité vers le pharmacien. En cas d’erreur dans un pilulier, c’est lui qui sera mis en cause« , explique-t-elle.

Elle rappelle aussi que certains médicaments comme les stupéfiants, les anticoagulants de type AVK ou les traitements délivrés à la demande ne peuvent pas être intégrés dans ces dispositifs.

Enfin, elle pointe une tendance de fond dans la profession. Le Conseil régional de l’Ordre des pharmaciens a récemment lancé un recensement des officines volontaires pour assurer la PDA en Ehpad, avec la possibilité de transmettre une liste aux établissements.

« Cela risque de favoriser les grosses pharmacies capables d’absorber ces volumes, au détriment des petites officines rurales », conclut-elle.

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