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Côtes-d’Armor : L214 dénonce plus de 300 cadavres de porcs dans un élevage

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L214 affirme avoir découvert plus de 300 cadavres de porcs et de porcelets dans deux sites d’un élevage des Côtes-d’Armor lié à Eureden. L’association a déposé plainte.

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L'élevage mis en cause avait ouvert ses portes le 19 juin dernier avant de recevoir ses premiers animaux.

L’élevage mis en cause avait ouvert ses portes le 19 juin dernier à Hénon avant de recevoir ses premiers animaux. ©DR

Par Arnaud Marlet Publié le 11 août 2026 à 18h06

Plus de 300 cadavres de porcs et de porcelets. C’est ce qu’affirme avoir découvert L214 dans deux sites de la SCEA du Tertre Es Lys, à Hénon et Saint-Carreuc, dans les Côtes-d’Armor. L’association a publié, lundi 10 août, des images tournées les 3 et 4 août dans cet élevage porcin lié à la coopérative Eureden.

Selon L214, les images montrent des cadavres à différents stades de décomposition, certains étant momifiés ou réduits à l’état de squelettes. Des animaux vivants seraient également présents dans les bâtiments, au milieu des cadavres.

Une plainte déposée auprès du procureur

L’association estime qu’il s’agit d’un cas particulièrement grave d’abandon d’animaux en élevage. Elle a déposé une plainte auprès du procureur de la République du tribunal judiciaire de Saint-Brieuc pour mauvais traitements et abandon d’animaux.

L214 demande également la fermeture immédiate de l’exploitation, la mise à l’abri des animaux encore vivants et l’interdiction pour l’exploitant de détenir des animaux ou d’exercer une activité auprès d’eux.

Contactée au sujet de cette situation, la préfecture des Côtes-d’Armor ne souhaite pas communiquer, un dépôt de plainte ayant été effectué auprès du procureur de la République.

Des porcelets particulièrement touchés à Hénon

À Hénon, L214 affirme avoir découvert une situation particulièrement dégradée dans une maternité porcine équipée de cases dites « liberté ». Selon l’association, environ 80 % des porcelets seraient morts, soit plus de 200 animaux.

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À Saint-Carreuc, plusieurs salles contiendraient également des cadavres à différents stades de décomposition. À Hénon, une salle entière serait jonchée de corps, tandis que des cochons vivants se trouvent encore dans l’élevage.

Au vu de l’état de certains cadavres, L214 estime que plusieurs animaux seraient morts depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Un élevage présenté comme un modèle d’avenir

La situation dénoncée par l’association intervient quelques semaines après une journée portes ouvertes organisée le 19 juin sur le site de Hénon. Environ 500 personnes y avaient été accueillies autour d’un bâtiment présenté par Eureden comme une illustration de l’avenir de l’élevage porcin, avec notamment un accent mis sur le bien-être animal. Si L214 souligne ce contraste pour dénoncer les limites des systèmes d’élevage intensifs, même lorsqu’ils intègrent de nouveaux équipements ou des aménagements destinés à améliorer les conditions de vie des animaux, à l’évidence ce n’est pas la modernité du système qui peut expliquer cette situation, mais une défaillance. Une défaillance qui interroge, car si les faits sont avérés, comment expliquer une dégradation aussi rapide de la situation ?

Eureden ne souhaite pas réagir dans l’immédiat aux accusations formulées par L214.

Une deuxième enquête visant un élevage lié à Eureden

Cette affaire constitue, selon L214, la deuxième enquête menée en trois mois dans un élevage de porcs fournissant Eureden. En avril, l’association avait déjà diffusé une enquête concernant une maternité collective située dans le Morbihan.

L’association demande par ailleurs à Eureden de s’engager à respecter le « Pig Minimum Standards », un référentiel de critères minimaux visant notamment à limiter certaines pratiques de l’élevage intensif porcin.

« Ce que montrent ces images est difficilement soutenable », estime Sébastien Arsac, directeur des enquêtes de L214. Il demande une intervention rapide des services de l’État, la fermeture de l’élevage et la mise à l’abri des animaux encore vivants.

La plainte déposée auprès du procureur de la République doit désormais permettre aux autorités judiciaires d’examiner les faits dénoncés par l’association et d’établir, le cas échéant, les responsabilités.

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