Le vice-président de la fédération Scola Corsa, qui regroupe des écoles primaires privées immersives en langue corse, Jean-Pierre Lucciani, s’est introduit au rectorat d’Ajaccio pour réclamer la contractualisation de ses enseignants et la protection de la langue corse, tandis que des parents d’élèves ont manisfeté « sans heurt » dans les locaux de la préfecture de Haute-Corse, à Bastia.  

La rédaction avec AFP - Hier à 20:12 | mis à jour hier à 20:24 - Temps de lecture :

Des membres de l’Éducation nationale se sont rassemblés devant le rectorat d’Ajaccio en soutien à leur collègue en fin de matinée. Photo d'illustration Sipa/Richard Sowersby Des membres de l’Éducation nationale se sont rassemblés devant le rectorat d’Ajaccio en soutien à leur collègue en fin de matinée. Photo d'illustration Sipa/Richard Sowersby

La fédération Scola Corsa d'écoles primaires privées immersives en langue corse, qui réclame la contractualisation de ses enseignants, s'est introduit ce mardi à la préfecture de Haute-Corse à Bastia et au rectorat à Ajaccio, donnant lieu à une garde à vue levée en fin d'après-midi.

Vers 6 heures, « alors qu'une agente administrative prenait son service, le vice-président de Scola Corsa, président du syndicat des travailleurs corse de l'éducation (STC Educazione), s'en est pris à elle afin de lui arracher les clés permettant d'accéder aux locaux du rectorat », a dénoncé dans un communiqué le rectorat, annonçant déposer plainte. « Aucune revendication, quelle qu'elle soit, ne saurait justifier qu'une agente soit prise à partie sur son lieu de travail afin de forcer l'accès à un bâtiment administratif de l'État », a-t-il précisé.

Enquête « ouverte du chef de vol avec violence »

En fin de matinée, des personnels de l'Éducation nationale se sont rassemblés devant le rectorat et la direction départementale de Bastia en soutien à leur collègue, indique l'académie de Corse sur son compte X. « Quelles que soient les causes que l'on défend, la violence physique est inacceptable », a également tweeté le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray en partageant le message de l'académie.

Le procureur de la République d'Ajaccio, Nicolas Septe a confirmé l'intrusion au rectorat, précisant que « l'individu mis en cause a été interpellé et a été placé en garde à vue » dans le cadre d'une enquête « ouverte du chef de vol avec violence », sachant que « cette qualification pourra être revue en fonction des auditions en cours. »

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Des parents-d'élèves s'introduisent dans la préfecture de Haute-Corse

En fin d'après-midi, le parquet d'Ajaccio a indiqué que la garde à vue avait été levée et que le mis en cause serait convoqué pour connaître « la réponse pénale » pour ces faits. « Je n'ai pas touché la personne, j'ai pris les clés sur la porte », a indiqué Jean-Pierre Lucciani après sa garde à vue. Assumant une « intrusion » ou « d'avoir subtilisé les clés », il a exclu « toute violence », disant « se réserver la possibilité d'attaquer en diffamation le rectorat ».

À Bastia, mardi matin, « une trentaine de parents d'élèves de Scola Corsa se sont introduits dans les salons de la préfecture de Haute-Corse », a indiqué la préfecture.

La préfète, qui a pris ses fonctions lundi, « est allée à leur rencontre pour écouter leurs revendications », selon la même source, précisant qu'ils ont ensuite quitté l'institution « sans heurt. » Depuis deux mois, la fédération Scola Corsa, qui compte cinq écoles primaires immersives dans l'île, assure que « la langue corse est directement attaquée » et que « l'existence des écoles Scola Corsa est remise en question » par la décision du préfet de « former un recours au tribunal administratif contestant la légalité du financement accordé par la Collectivité de Corse » (CDC) de 1,3 million d'euros à ces écoles. Elle réclame la contractualisation de 11 enseignants mais après plusieurs rencontres les services de l’État ont annoncé celle de six professeurs. Son appel à mobilisation s'est traduit par le blocage d'une partie des lycées de l'île fin avril.

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