Récemment, la dernière conférence des Parties de la Convention des Nations unies n’a pas réellement connu de résultat positif. Avec pour thème central l’urgence environnementale incarnée par la lutte contre la désertification, cet événement s’est soldé par un bilan en demi-teinte. Mis à part des engagements sous forme d’investissements financiers, aucun grand traité contraignant ou avancée politique majeure n’a été validé.
Une dégradation des terres affectant la sécurité alimentaire
La 17e conférence des Parties de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (COP17) s’est déroulée du 17 au 28 août 2026 à Oulan-Bator (Mongolie). Son slogan « Restaurer les terres, restaurer l’espoir » mettait l’accent sur le rôle du pastoralisme et plus largement, sur la lutte contre la désertification. L’événement avait pour objectif de traiter une urgence environnementale particulière : à l’échelle globale, près de 40% des terres émergées sont dégradées. Or, cette situation affecte directement la sécurité alimentaire et la subsistance de plus de trois milliards de personnes.
« À travers le monde, des Andes au Sahara, en passant par les Alpes et la toundra arctique, des communautés ont appris pendant des siècles à vivre en harmonie avec la terre, et non contre elle. C’est le principe du pastoralisme : élever du bétail dans des environnements trop extrêmes pour l’agriculture, en se guidant grâce à un savoir affiné de génération en génération. », peut-on lire dans une publication de l’UNESCO décrivant l’événement.
Ainsi, les négociations ont porté sur la restauration des sols, la gestion durable de l’eau, la résilience face à la sécheresse croissante et la préservation des systèmes alimentaires. Après deux semaines de tractation, les 197 parties de la conférence se sont retrouvées dans une impasse politique, comme l’explique le média Reporterre dans un article du 29 aout. En effet, aucun grand traité contraignant ou avancée politique majeure n’a été validé, notamment en raison de tensions relatives aux délégations étasunienne et russe.
Crédit : CamDib / Wikimedia Commons
Quelques points positifs malgré un blocage politique majeur
Plusieurs points positifs sont tout de même notables. Un montant de 1,3 milliard de dollars a été acté à l’issue de l’événement, sous forme d’engagements pour l’investissement vert. Par ailleurs, la continuité de la conférence est assurée : l’organisation de la future COP18 se tiendra à Charm el-Cheikh (Égypte) l’an prochain.
Organisatrice de la COP17, la Mongolie a placé le pastoralisme durable au cœur de l’agenda politique mondial. Ce pays estime qu’il est important de valoriser ce mode de vie ancestral en tant que solution d’avenir face à la crise climatique. Rappelons tout de même que les pâturages couvrent plus de la moitié de la surface terrestre. Lorsque ces derniers sont gérés de manière durable, ils agissent comme de gigantesques puits de carbone et maintiennent la fertilité des sols. De plus, la transhumance et la mobilité des troupeaux permettent une régulation naturelle de la végétation. Ceci évite le surpâturage et ce, tout en favorisant la richesse de la faune et de la flore des steppes et zones arides.
Malheureusement, la COP17 a été paralysée par un blocage politique majeur. Alors que l’urgence climatique imposait des réponses globales, les négociations ont bifurqué sur des questions de souveraineté, de sémantique et de diplomatie bilatérale. La faute est imputée aux Etats-Unis ayant notamment rejeté l’idée d’un traité mondial sur la sécheresse. Quant à la Russie, celle-ci a passé son temps à contester la présence de représentants ukrainiens au comité scientifique et dans le groupe d’étude travaillant sur le cadre stratégique de la convention à l’horizon 2030.


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