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Consultations de l’AFO : l’intégration des immigrants francophones au cœur des débats

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Faciliter l’intégration des nouveaux arrivants, repenser les structures, et sécuriser l’accès aux services en français : ce sont là les thèmes qui ont marqué les États généraux de l’Assemblée de la francophonie (AFO) lors de leur passage dans le Nord. De Sault-Sainte-Marie à Thunder Bay, l’AFO a pris le pouls d’une communauté prête à transformer son modèle pour s’épanouir en français.

L’assemblée s’est récemment rendue dans huit communautés du Nord de l’Ontario dans le cadre des États généraux, ces consultations communautaires où les résidents sont invités à faire part de leurs expériences et préoccupations pour la vie en français en province.

Nancy Côté, résidente de Kapuskasing, y voit là l’opportunité  d’assurer l’avenir, pour voir qu’est-ce qu’on peut faire pour améliorer les choses .

Durant ces diverses conversations, l’intégration des nouveaux arrivants a été présentée à plusieurs reprises comme une solution clé pour relever le poids démographique des francophones en régions minoritaires.

 Ils veulent s’intégrer, mais ils ne savent pas nécessairement comment parce qu’il y a encore des barrières , dit-elle.

Portrait de Nancy Côté portant des lunettes de vue en entrevue.

Nancy Côté estime que les immigrants représentent l'avenir de la francophonie dans le Nord.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Mme Côté reconnaît que les familles exogames — familles dont un seul parent est francophone — sont de plus en plus populaires en Ontario, ce qui peut, selon elle, participer à la perte du français.

Un rapport de l’Ontario, qui présente un profil de la population francophone de l’Ontario à l’appui de données de 2021, révèle que seuls 37 % des enfants nés dans une famille exogame retiennent le français.

 On ne peut plus s’asseoir sur nos lauriers. […] Il y a beaucoup d’assimilation, donc ça fait qu’il faut vraiment accepter les nouveaux francophones qui sont de l’immigration dans notre coin et leur faire réaliser qu’il y a de belles choses ici , affirme Mme Côté.

 On a besoin d’eux autres pour survivre, alors il faut les intégrer. 

Cependant,  il y a encore beaucoup à faire , souligne Lancine Dosso, résident de Timmins issu de l’immigration.

Lui qui a étudié la question pendant ses études, reconnaît que le besoin de parler anglais et le manque d’activités auxquelles les nouveaux arrivants peuvent s’identifier freine l'intégration des nouveaux arrivants.

 Lorsque [l’étudiant] vient, il faut qu’il parle anglais, sinon il ne pourra pas décrocher un contrat de travail , lance-t-il.

Portrait de Lancine Dosso en entrevue dans un couloir.

Lancine Dosso estime qu'il y a encore beaucoup à faire pour que les immigrants francophones s'épanouissent et s'établissent dans le Nord.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

 Il y a pas mal d’activités socioculturelles, il y a pas mal de services […] d’institutions pour les francophones, mais l’étudiant international, surtout venant d’Afrique, ne se [sent] pas forcément rattaché à ces activités, il ne se sent pas inclus , renchérit-il.

Dans le Grand Sudbury, Alexandre Pondy, résident présent à la rencontre, a même suggéré d’établir un  guichet unique de services , qui permettrait aux nouveaux arrivants de facilement trouver les services dont ils auront besoin pour leur intégration.

 [Ce serait pour que l’immigrant] n’ait pas besoin de visiter plusieurs sites ou plusieurs organisations […] que tout soit répertorié sur place pour faciliter son intégration , explique-t-il.

Portrait de Alexandre Pondy dans une conversation de groupe, tenant un drapeau franco-ontarien.

Alexandre Pondy considère que les discussions qui ont émergé lors des États généraux de l’AFO permettent de mieux identifier les solutions pour s’épanouir en français à Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo

M. Pondy espère que les propositions émises lors des diverses consultations voient le jour.

 Il y a de très bonnes idées, il y a de très bonnes propositions, mais c’est de pouvoir mettre ensemble tous les acteurs, et même les décideurs [afin que] les actions qui sont proposées ici, puissent être mises en œuvre sur le plan opérationnel , indique-t-il.

Le défi de la santé en français

Lors des consultations à Sudbury, Kim Morris, directrice générale de la Fédération des aînés et des retraités francophones de l’Ontario (FARFO), a rappelé la difficulté que les aînés francophones rencontrent pour avoir accès à des soins de santé en français.

Portrait de Kim Morris qui sourit à la caméra.

Kim Morris dit travailler avec l'Ontario pour régler le problème d'accès à des soins en français pour les aînés.

Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo

 Les lits dans les foyers de longue durée. Saviez-vous qu’ici à Sudbury, il n’y a pas un lit désigné francophone ?, déclare  Kim Morris, directrice générale de la FARFO.

 On a du travail à faire […] on est en train de travailler avec d’autres organismes en santé pour assurer que nos personnes aînées puissent demeurer à domicile le plus longtemps possible en santé , poursuit-elle.

Portrait de Martin Lajeunesse souriant à la caméra qui porte une veste et se tient debout dans une salle.

Martin Lajeunesse est persuadé que ses enfants pourront s’épanouir en français sans avoir besoin de déménager de Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo

Martin Lajeunesse, directeur régional au Centre de planification des services de santé en français, confie que le réel problème de l’accès à des soins de santé en français demeure au niveau du recrutement.

« Les francophones à Sudbury sont choyés d’avoir accès à une panoplie de professionnels, d’organismes et de fournisseurs de soins de santé. Mais parfois, ces organismes peinent à recruter de la main-d’œuvre pour assurer les services en français », observe-t-il.

 Encore-là l’immigration, c’est une partie de la solution ; le recrutement de personnel formé ou la formation de nouveaux arrivants pour qu’ils puissent s’intégrer dans nos mécanismes de soins de santé , ajoute-t-il.

Un groupe de personnes qui discutent.

Durant les consultations, l'AFO soumettait les participants à des exercices de réflexion portant sur des thèmes bien précis.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Trop d’organismes francophones ?

Durant les sessions de réflexions, l’AFO a également abordé la question du volume d’organismes francophones, qui est de plus en plus élevé.

L’Assemblée a sondé les participants, afin de savoir s’il serait plus efficace d’en avoir moins. Les avis étaient mitigés.

 Je pense qu’il n’y en a pas assez […], mais je pense qu’il nous faudrait quand même un organisme francophone qui prend ce leadership de coordonner les défis communs, et trouver des solutions , répond Sabrina Zorzetto, résidente qui a assisté à la rencontre de Timmins.

Portrait de Sophie Dallaire, lunettes de vue sur les cheveux et coude sur la table, qui écoute une dame parler.

Sophie Dallaire, à gauche, estime que les organismes francophones gagneraient à repenser leurs modèles.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

À Hearst, Sophie Dallaire, rectrice de l’Université de Hearst, estime qu’il y a  des choses à repenser […] au niveau de l’offre de services en français dans le Nord de l’Ontario .

 Il y a des enveloppes de financement qui sont destinées pour des initiatives en petite enfance, et là, il y a plein d’organismes qui se garrochent sur du financement ponctuel pour essayer de boucler leur budget, ce qui fait en sorte que des fois on multiplie les services de même nature , explique-t-elle.

 Je pense qu’il y a un danger à dire qu’il y a trop d’organismes. Si on en avait moins, les organismes auraient plus d’argent, mais ils auraient peut-être plus de difficulté à répondre aux besoins des régions , souligne Jonathan Bussières, directeur général par intérim du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l’Ontario.

Les constats et pistes de solution soulevés lors des diverses consultations dans l’ensemble de la province constitueront la base d’un Livre blanc sur la sécurité linguistique qui sera publié à l'automne 2026.

« Je reste très confiant que les états généraux vont mener à des changements structurels pour la communauté, de bons changements, mais des changements, ça prend aussi du temps », indique pour sa part Peter Hominuk, directeur général de l’AFO.

Ce document servira de boussole à l’AFO pour guider ses revendications en vue des investissements gouvernementaux attendus pour 2028.

Aves les informations de Jimmy Chabot

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