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La candidature de l’ex-directeur des Échos, proposée par la structure actionnaire du journal de gauche, devait être validée par un vote de la rédaction. Ce scrutin n’aura pas lieu.
Passer la publicité Passer la publicitéNouveau coup de théâtre chez «Libération». Proposé par la structure actionnaire du journal pour remplacer Dov Alfon à la tête de la rédaction, Nicolas Barré annonce ce mardi retirer sa candidature. La nomination de l’ex- directeur éditorial des Échos devait être approuvée par un vote des salariés dans les prochains jours. Ce scrutin n’aura pas lieu. «Après ma rencontre avec les membres du bureau de la Société des Journalistes et du Personnel de Libération avec lesquels j’ai eu des échanges de grande qualité et constatant les réticences à ma venue, j’ai décidé de me retirer du processus de nomination du prochain directeur de la rédaction du journal», écrit Nicolas Barré dans un mail adressé à la rédaction. Je les remercie pour l’accueil qu’ils ont réservé au projet que je leur ai présenté».
Annoncée mercredi dernier, le même jour que le départ de Dov Alfon, la candidature de Nicolas Barré avait immédiatement suscité de fortes réserves au sein du journal de gauche. Avant son passage éclair à la tête de Politico Paris entre 2025 et 2026, Nicolas Barré a été la figure centrale du quotidien économique Les Échos, propriété du leader mondial du luxe LVMH. C’est dans ce titre à la ligne économique libérale que le journaliste a commencé sa carrière, comme correspondant à New York et Tokyo. Directeur adjoint de la rédaction du Figaro de 2006 à 2008, il est revenu au quotidien économique comme directeur de la rédaction puis directeur éditorial pendant plus de 10 ans, avant son éviction en décembre 2024.
Trouver un «plan B»
Ce parcours a été considéré par la rédaction de Libération comme trop peu compatible avec l’identité du journal fondé par Serge July. Et la rencontre organisée lundi après-midi entre Nicolas Barré et les représentants de la Société des journalistes n’a pas renversé la table. «Ni les compétences professionnelles, ni les qualités personnelles, ni le projet de Nicolas Barré ne sont en cause, explique l’instance représentative dans un message interne. Simplement, comme l’ont mis en lumière nos échanges collectifs (...), sa trajectoire et l’identité profonde de Libération, réaffirmée par la rédaction, étaient trop éloignées pour que sa venue s’impose comme une évidence. Dans la période politique cruciale que nous traversons, la personne qui aura la charge d’accélérer la dynamique positive impulsée sous la direction de Dov Alfon aura besoin de l’adhésion totale de la rédaction».
Dans ce contexte, Nicolas Barré a sans doute préféré renoncer à un scrutin dont le résultat négatif était écrit d’avance. Ce dénouement ressemble à un pari perdu pour Denis Olivennes, président de la société actionnaire de Libération. Conseiller de l’homme d’affaires Daniel Kretinsky, lequel finance le journal depuis quatre ans, il avait misé sur l’ancien dirigeant des Échos pour poursuivre la transformation digitale de «Libé». Il va désormais devoir trouver un profil alternatif dans les plus brefs délais, alors que des sources proches du dossier laissaient entendre jeudi que, confiant sur l’issue du vote, il n’avait pas prévu de plan B. La rédaction de Libération, elle, n’aura pas utilisé l’un des trois «vetos» qu’elle peut brandir face aux noms suggérés par la société actionnaire. Au bout de trois refus, cette dernière pourra imposer son choix.


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