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RÉCIT - De 1990 à 1998, le médecin américain a accompagné 130 candidats à la mort, militant pour l’euthanasie et le suicide assisté. Et défiant sans répit la justice, jusqu’à se filmer en train de tuer un homme.
Un vieux Combi Volkswagen stationne dans le Groveland Oaks County Park, un camping de la banlieue de Détroit. À l’intérieur, une femme est étendue, reliée à un moniteur cardiaque. Un homme enfonce une aiguille dans le creux de son bras, connecte le cathéter à une étrange machine où pendent trois poches à perfusion. La femme enclenche un mécanisme et la perfusion commence à couler. Une solution saline d’abord, pour s’assurer que le cathéter est bien placé ; puis un analgésique, pour limiter les douleurs liées au produit suivant ; et enfin du chlorure de potassium, pour arrêter le cœur. Après quelques petites minutes, Janet Adkins est morte. Le Dr Jack Kevorkian, inventeur de la drôle de machine qu’il a fabriquée pour quelques dollars et nommée « Thanatron », n’a plus qu’à appeler la police. En ce 4 juin 1990, sa consentante victime est la première d’une longue série d’au moins 130 personnes que le médecin américain aidera à mourir, lancé dans une course folle en faveur du suicide assisté. Ses « patients » souffraient d’Alzheimer, de sclérose en plaques, de cancers, de maladie de Charcot, d’emphysème, de paralysie, du HIV… Le plus jeune avait 21 ans. Le plus âgé 89.


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