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Malgré les conversations pour alléger les barrières sur le commerce interprovincial depuis l'imposition des tarifs américains, l’industrie de camionnage des Prairies n'observe pas de grandes améliorations.
La compagnie de gravier et de camionnage, McKeen’s Trucking, située à Flin Flon en Saskatchewan, espère voir des améliorations dans la prochaine année.
Nous devons tout faire en double, très souvent, déplore son propriétaire, Robert McKeen. Étant à 500 mètres de la frontière avec le Manitoba, la compagnie la traverse fréquemment et est obligée de suivre les règles de deux provinces.
Les réglements sont différents, notamment en ce qui concerne la sécurité et les impôts. Les camionneurs ont normalement besoin d’un permis pour transporter leur produit au Manitoba. J’aime dire que l’on est un pays fait de plusieurs petits pays, ajoute l’entrepreneur.
Puisque sa compagnie est basée en Saskatchewan, Robert McKeen n’a pas besoin de permis pour travailler dans la province, mais il doit demeurer dans un rayon de 30 kilomètres de la frontière. Pour aller plus loin, il faut plus de documents administratifs, d’argent et de temps.
Le propriétaire a opté pour ce compromis au lieu de l’entente internationale concernant la taxe sur les carburants qu’il ne considère pas comme financièrement intéressante.
Pour décrocher des contrats des deux côtés de la frontière, sa compagnie devrait obtenir un certificat de reconnaissance dans chaque province.
Les normes du Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail sont contrôlées et mises en place par différentes associations selon la province et les territoires, selon M. McKeen. C’est une question nationale, mais pas vraiment. C’est plutôt une question provinciale, indique-t-il.
Une base de données nationale
En juin, le Manitoba a adopté la Loi sur le commerce équitable au Canada (nouvelle fenêtre) pour éliminer des obstacles au commerce interprovincial, selon la province.
Le Manitoba a aussi signé des ententes avec cinq provinces en 2025 pour améliorer la mobilité et le commerce.
Malgré les bonnes conversations pour alléger les barrières commerciales interprovinciales depuis le début de la guerre tarifaire, peu de changements ont eu lieu, selon la Manitoba Trucking Association (MTA).
J'espère que ça reste une priorité. Ce ne sont pas des discussions faciles, il y a beaucoup de formalités, explique le directeur de la MTA, Aaron Dolyniuk.
Les provinces dupliquent ou triplent les règlements en essayant d'implanter les standards nationaux, surtout pour les transporteurs irréguliers, indique-t-il. Parfois deux provinces ou territoires peuvent avoir des règlements différents en ce qui concerne les drapeaux et l'éclairage nécessaires pour un camion.
Une compagnie de transport doit gérer chaque province individuellement pour obtenir les permis appropriés.
Le directeur propose de gérer la distribution de permis à travers un seul portail en ligne. Il faut uniformiser les normes au pays tout en les maintenant, selon lui.
L'industrie du camionnage souhaite la création d'une base de données nationale sur les dossiers de performances des camionneurs depuis longtemps, ajoute le directeur.
Les provinces doivent démontrer leur vouloir, mais Transport Canada aussi doit prendre des responsabilités, précise Aaron Dolyniuk.
D'autres accords en cours
Le ministre des Affaires, des Mines, du Commerce et de la Création d'emplois, Jamie Moses, affirme que la province veut faciliter les échanges interprovinciaux tout en maintenant de bons standards de sécurité. Le gouvernement continue de travailler avec Ottawa et d'autres provinces sur un projet pilote lancé en 2024.

Le ministre des Affaires, des Mines, du Commerce et de la Création d'emplois, Jamie Moses, affirme travailler avec Ottawa pour harmoniser les règlements. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik
Nous travaillons de près avec la Manitoba Trucking Association pour minimiser les différences [entre les provinces], mentionne le ministre en entrevue.
Un porte-parole du Conseil des ministres responsables du transport et de la sécurité routière assure être en train de développer un protocole d’entente interprovincial pour réduire les coûts et les dédoublements dans le secteur.
Dans un courriel, Transports Canada estime qu’un protocole d’entente est un pas important pour obtenir une uniformisation des normes et réduire les différences entre les règlements des provinces.
La MTA dit surveiller de près l’arrivée du protocole d'entente.
Avec les informations de Rosanna Hempel


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