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En défendant coûte que coûte son président, le Rassemblement national s’enfonce dans une défense de moins en moins crédible. La preuve par les faits.
Ces derniers jours, Jordan Bardella et le Rassemblement national ont beaucoup parlé. Après l’enquête de Mediapart révélant des textes antisémites et complotistes qu’aurait rédigés Jordan Bardella notamment sur Messenger, le parti d’extrême droite a tout nié en bloc.
Mais l’affaire Bardella s’est rapidement transformée en un festival de contre-attaques outrancières, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article. C’est surtout dès à partir du jeudi 1er octobre, et la publication du deuxième papier de Mediapart révélant les preuves de leur enquête, que le RN déchaîne ses attaques. Pour rappel, le média y dévoile les captures d’écran des messages en question issus de deux conversations distinctes entre Jordan Bardella et des proches, écrits entre 2013 et 2014 sur la plateforme Messenger.
Quand le RN joue les contre-enquêteurs
Et les élus RN n’hésitent pas à tenter la contre-enquête, comme le député Kévin Pfeffer qui pense démontrer en une recherche que le « Jordan Bardella » auteur des messages antisémites n’est en fait qu’un faux compte comme il en pullule sur Facebook.
Sauf que ce compte a bien été authentifié comme ayant été celui de Jordan Bardella, par Mediapart. Le journal a notamment pu dénicher dans ces conversations des éléments biographiques inconnus du grand public entre 2013-2014, et que Jordan Bardella racontera onze ans plus tard dans son livre « Ce que je cherche », publié chez Fayard.
Pour le RN, loin d’être des preuves, ces documents sont une manipulation. « On voit un fichier avec un nom qui peut être donné à n’importe qui… », s’agace le député Jean-Philippe Tanguy sur France 5, quelques heures après la sortie de l’article. « Effectivement il y a des comptes qui se sont échangé des messages, mais est-ce qu’au bout de ce compte il y avait Jordan Bardella ? Aucune preuve ! » s’indigne sur franceinfo Laurent Jacobelli. « Il y aura un commissaire de justice qui déterminera la véracité ou non - et je vous dis ça sera non - de ces captures d’écran et de ces montages », assure l’eurodéputé Aleksandar Nikolic.
Répondre aux preuves par des contre-vérités
Dans son article, Mediapart détaille sa méthode, et indique ne pas s’appuyer sur des captures d’écran mais des fichiers directement téléchargés par l’entreprise Meta qui possède Facebook, sur demande des membres de la conversation. Une procédure qui permet d’assurer l’authenticité de la conversation et de montrer qu’elle n’a pas été modifiée depuis. Mais ce n’est pas l’avis de Jordan Bardella…. « L’extraction a été faite après l’article de lundi, ce qui veut dire que lorsque Mediapart annonce avoir authentifié les messages c’était totalement faux » lance-t-il devant les caméras de LCI.
Un mensonge. Mediapart précise bien que l’extraction des messages a été réalisée le 16 août 2026, au cœur de l’enquête. Précaution supplémentaire, Mediapart a ensuite fait appel à un huissier de justice pour qu’il s’assure que les messages publiés par le journal d’investigation sont les mêmes que ceux issus de la conversation extraite par Meta.
Le journaliste de Mediapart dans leur viseur
Au-delà du fond de l’enquête, le RN s’est finalement intéressé à l’un de ses auteurs, pour mieux tenter de le décrédibiliser. Plusieurs élus RN ont en effet rappelé qu’Antton Rouget a été condamné par la justice en 2010 pour « vol en réunion », alors qu’il n’était pas encore journaliste. Une action de désobéissance civile sur laquelle le journaliste est revenu dans un article de blog. Il explique avoir à l’époque « protesté contre l’effacement » sur le monument aux morts du village où il a grandi, « de la mémoire des milliers de déserteurs basques ayant refusé de prendre les armes en 1914-1918. »
Une attaque osée venant d’un parti dont plusieurs élus ont été condamnés par la justice à commencer pas sa candidate à l’élection présidentielle qui s’est pourvue en cassation après avoir été condamnée en appel pour détournement de fonds publics. Bref, en cherchant à saper le travail de Mediapart coûte que coûte, le Rassemblement national a surtout tiré contre son camp, entachant autant sa stratégie de dédiabolisation que sa propre crédibilité. Ce qui est plutôt malvenu en pleine compagne présidentielle.


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