NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Pas moins de neuf policiers à Toronto et un agent retraité ont été arrêtés ou suspendus relativement à des allégations de corruption et de liens présumés avec le crime organisé. L’inspecteur général des services policiers de l’Ontario a annoncé la tenue d’un examen indépendant, mais est-ce suffisant?
Radio-Canada a posé la question à trois experts :
- Irvin Waller : professeur de criminologie, Université d’Ottawa
- Timothy Bryan : professeur de sociologie, Université de Toronto
- Patrick Watson : professeur, Centre de criminologie et d’études sociologiques, Université de Toronto
À quel point les allégations sont-elles graves?
C’est tout à fait exceptionnel d’avoir autant que 10 policiers qui sont arrêtés ou suspendus, note le professeur Irvin Waller.

Le professeur Irvin Waller croit que le premier ministre Ford devrait demander à un service de police provenant de l’extérieur de l’Ontario de prendre le relais dans l’enquête, pour éliminer tout scepticisme au sujet de l’indépendance des enquêteurs. (Photo d’archives)
Photo : Avec l’autorisation d’Irvin Waller
Pour lui, l’inquiétude principale est le lien présumé entre corruption policière et trafic de drogue, extorsions, fusillades et même la tentative d’assassinat d’un gestionnaire des services correctionnels de la province.
Les agents accusés auraient, selon l’enquête de la Police régionale de York, utilisé les fichiers de la police pour fournir des renseignements personnels à des criminels.
C’est vraiment grave. C’est pas la relation entre le service de police du Mexique et les cartels. Mais c’est un début dans cette direction.
Il faut aussi souligner que certains des accusés sont des sergents, pas de simples agents, dit le professeur Patrick Watson.
Le chef de police de Toronto devrait-il être congédié?
Le chef de police de Toronto, Myron Demkiw, affirme que personne n’a réclamé sa démission, ni la mairesse Olivia Chow ni la commission de service de police.
Le service de police de Toronto compte 5000 agents. Il serait très difficile, à mon avis, d’imputer la responsabilité d’un petit nombre de ces agents au chef de l’organisation, fait valoir le professeur Watson.
On ne sait pas qui remplacerait le chef Demkiw s’il était congédié.
Le professeur Timothy Bryan se demande lui aussi ce qui se passerait après le congédiement du chef de police, et si son successeur ferait mieux que lui.
On nous répète les mêmes lignes, les mêmes engagements, les mêmes appels à faire d’autres études, ce qui ne fait que reporter les solutions.
Rebâtir la confiance ou repartir à zéro?
Pour le professeur Bryan, les accusations de corruption sont choquantes, mais pas tout à fait surprenantes pour nombre de Torontois, qui ont perdu confiance dans la police il y a des années.
Il cite les cas de profilage racial à Toronto, notamment.
Ce genre d'histoire confirme ce que certains Torontois pensaient déjà de la police. Pour d'autres, les allégations sont plus troublantes.
À ce stade, la confiance doit être bâtie à partir de zéro, lance-t-il.
Le professeur Watson pense lui aussi que la première étape consiste à reconnaître qu’il y a un grand manque de confiance envers la police de Toronto depuis plusieurs années, en particulier au sein des communautés ethniques et racisées, raconte-t-il.
Seulement quelques pommes pourries, comme dit Doug Ford?
La déclaration [du premier ministre Doug Ford] ne va pas arranger les choses pour ceux qui sont déjà sceptiques envers la police, souligne le professeur Watson.
Je ne crois pas que cela soit très utile si le monde entier affirme que le ciel est bleu et que le premier ministre déclare qu’il est violet.
Je pense qu’il serait vraiment judicieux pour le premier ministre de reconnaître l’existence de problèmes au sein du service de police, ajoute-t-il.
Un corps policier de l’extérieur de l’Ontario devrait-il enquêter?
Le professeur Watson soutient que c’est grâce à l’enquête de la Police régionale de York, en banlieue de Toronto, que des accusations ont été déposées contre des agents torontois.

Pour le professeur Timothy Bryan, les accusations de corruption sont choquantes, mais pas tout à fait surprenantes pour nombre de Torontois, qui ont perdu confiance dans la police.
Photo : Avec l’autorisation de Timothy Bryan.
Le service policier ajoute que son enquête se poursuit.
Pour rassurer le public, ajoute toutefois le professeur Waller, le premier ministre Ford devrait peut-être demander à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ou à la police de Vancouver ou de Calgary, à l’extérieur de l’Ontario, de prendre le relais dans l’enquête, pour éliminer tout scepticisme au sujet de l’indépendance des enquêteurs.
Les accusés devraient-ils aller en prison si reconnus coupables?
C’est ce que réclame la mairesse de Toronto, Olivia Chow.
Le professeur Waller abonde dans le même sens. Je ne sais pas ce qu’un juge va décider, dit-il, mais s’ils sont trouvés coupables de ce qu’on sait actuellement dans la presse, ce serait nécessaire d’avoir une peine d’emprisonnement.
Pour lui, il faut aussi renforcer les contrôles au sein de la police, et examiner le travail de la hiérarchie supérieure aux accusés. Il est clair, selon lui, que la surveillance interne a connu des ratés à la police de Toronto.
Y a-t-il des leçons à tirer de la police aux États-Unis?
Le modèle de Chicago et certains changements mis de l’avant à Minneapolis dans la foulée de la mort de George Floyd, visant à bâtir une relation forte et positive avec la communauté , pourraient également être utilisés à Toronto, selon le professeur Watson.
À Chicago, le comité de surveillance de la police (COPA) invite des membres du public, notamment des militants, à venir observer et à participer à des formations policières, explique-t-il. Historiquement, nos services de police se sont montrés beaucoup plus réticents à collaborer avec le public et les universitaires.


4 month_ago
28



























.jpg)






French (CA)