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Alors que le printemps et les précipitations ont pu favoriser la prolifération des mouches et moustiques sur la Côte-Nord, leur forte présence estivale n’a rien de nouveau. Pour ceux qui travaillent au grand air, il devient toutefois fondamental de trouver des astuces afin de composer avec la situation.
Un printemps arrosé, comme cette année, favorise les populations de moustiques et de mouches noires, explique le biologiste Richard Vadeboncoeur, qui s’affaire à limiter leur propagation dans le secteur de Port-Cartier.
Les moustiques vont vivre dans l’eau stagnante et les mouches noires, elles, dans l’eau très vive, très oxygénée. Et on sait que la Côte-Nord a un beau bassin hydrographique avec de belles rivières propres, détaille-t-il à l’émission Bonjour la Côte.
Les précipitations abondantes favorisent un fort débit de ces eaux, mais aussi la formation de mares, des habitats prisés du maringouin.
La présence de ces créatures ailées peut sembler particulièrement intense cette année. Pourtant, le phénomène n’a rien de nouveau pour la Côte-Nord, qui n’en est pas à son premier festival de la piqûre.
Cohabiter avec les bibittes quand on travaille dehors
Face à un essaim de brûlots, la solution est simple : se réfugier à l’intérieur.
Mais pour certaines personnes, la cohabitation avec ces insectes n’est pas optionnelle.
Avant de s’aventurer en forêt, Russel Tremblay, propriétaire des Saveurs boréales, à Forestville, et cueilleur avisé, s’assure d’avoir en poche du myrique baumier, un petit arbuste très odorant. Son truc : en frotter sur sa tête et son cou, puis en garder sur sa personne. Ça éloigne les mouches!, soutient-il.

Des branches de myrique baumier. (Photo d'archives)
Photo : Pierre-Olivier Ferry
Il n’utilise pas le filet corporel que sa femme lui a donné, parce qu’il suffit de bien se couvrir, manches longues, pantalon rentré dans les bas.
Pour moi, la forêt, c’est une épicerie, mais aussi une pharmacie. Quand on connaît les plantes, il y a toujours quelque chose à faire.
Ça fait une trentaine d’années que je n’ai pas acheté de produits du genre chasse-moustiques, confie-t-il.
Le filet, Saint-Graal des temps modernes
Que la cueillette se fasse en forêt ou au champ, le défi est similaire. À la coopérative Le grenier boréal, à Longue-Pointe-de-Mingan, les employés et les bénévoles se munissent de filets corporels, selon le responsable serricole, Philippe Brin-Delisles. Certains vont même jusqu’à fixer leurs manches avec du ruban adhésif, car les mouches ont une fâcheuse tendance à se faufiler partout.

Les employés travaillent dans les serres, où ils sont à l'abri des insectes piqueurs, mais aussi dans les champs, où ils prolifèrent. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Hier, une personne voulait vraiment essayer la collecte sans filet. Ce matin, elle est arrivée avec le visage gonflé, les yeux bouffis.
Une blague circule désormais parmi les employés : On a le droit de refuser une job trop dangereuse!
La manipulation d’aliments représente une grande partie du travail au Grenier boréal, qui mise sur une production biologique. L’équipe évite donc d’utiliser du chasse-moustiques ou d’autres produits chimiques du genre, note Philippe Brin-Delisles.
Installé sur la Côte-Nord depuis environ un an, il a rapidement fait la paix avec cette réalité après la surprise initiale. En hiver, il faut s’habiller pour se protéger du froid, en été, pour se protéger des mouches, remarque-t-il.
Des insectes et des hommes… et des oiseaux!
Au Centre d'interprétation des oiseaux de proie de Godbout, il est nécessaire de faire attention aux produits répulsifs, la priorité étant la santé des pensionnaires.
L’idéal, c'est d'avoir le moins de substances un peu toxiques sur nous, remarque la fondatrice du refuge, Noémie Roy. Il ne faut pas que les oiseaux respirent ça, ils ont quand même un système respiratoire fragile. L’équipe utilise des filets, mais sinon endure et se fait parfois piquer.

Au refuge, on compte 18 pensionnaires. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix
Les tâches quotidiennes sont certainement bousculées par l’arrivée des mouches et des moustiques, affirme Noémie Roy, dont le rythme de travail s’est d’ailleurs passablement accéléré. Par la force des choses, les besognes extérieures, comme le désherbage, se font aussi moins fréquentes.
Elle observe aussi que certaines visites se font presque au pas de course. Surtout les touristes de la grande région de Montréal, ils ne sont pas habitués à avoir autant de moustiques autour d’eux!, note-t-elle.


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