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Churchill Falls : un rapport indépendant présenté par… le premier ministre

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Aucun des membres du comité indépendant évaluant le nouveau partenariat énergétique entre Terre-Neuve-et-Labrador et le Québec ne sera sur place lorsque le rapport du groupe d’experts sera présenté au public mardi, à Saint-Jean.

Leurs conclusions seront plutôt expliquées par celui qui a commandé le rapport, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Tony Wakeham, et par son ministre de l’Énergie, Lloyd Parrott.

Le premier ministre progressiste-conservateur, qui a reçu le document le 30 avril, avait toutefois promis que les trois membres du comité participeraient à une conférence de presse où ils expliqueraient leur évaluation de l'entente concernant l'hydroélectricité produite sur le fleuve Churchill.

Il est important que les membres du comité indépendant soient ceux qui présentent leur rapport à la population de Terre-Neuve-et-Labrador, avait indiqué Tony Wakeham, le 4 mai. Ils le feront le 19 mai. C’est la date la plus proche à laquelle j'ai pu confirmer que les trois membres du comité seraient présents.

Un rapport très attendu

Établi par Tony Wakeham en décembre, le comité a préparé un rapport répondant à la question suivante : Le protocole d'entente sert-il au mieux les intérêts à long terme de la population de Terre-Neuve-et-Labrador?

S'il n'a pas encore commenté les conclusions du rapport, le premier ministre signale que, selon lui, les trois experts ont rempli leur mandat.

Des lignes électriques traversent un fleuve pendant l'hiver.

Les lignes de transport de Churchill Falls, au Labrador. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Danny Arsenault

L’entente provisoire vise à remplacer le contrat existant de la centrale de Churchill Falls, signé en 1969, qui permet à Hydro-Québec d’acheter presque toute la production du complexe au Labrador au prix dérisoire de 0,2 cent le kilowattheure.

Selon l’entente provisoire, Terre-Neuve-et-Labrador obtiendrait un meilleur prix pour l’énergie produite sur son territoire. En échange, elle autorise la construction de deux nouveaux complexes hydroélectriques, dont le barrage de Gull Island, en aval du complexe existant.

Le Québec, maître d’œuvre de ces nouvelles centrales, aurait accès à davantage d’énergie renouvelable.

Le Parti libéral de Terre-Neuve-et-Labrador, dont l’ancien chef Andrew Furey a signé l’entente provisoire en 2024, soutient que l’accord rapportera 225 milliards $ au gouvernement provincial d’ici 2075, des revenus dont la province la plus endettée du pays a grandement besoin.

Mais les détracteurs de l'entente estiment que sa durée de 50 ans est trop longue et s’inquiètent que le nouveau prix moyen de l'énergie de Churchill Falls d'ici 2075 (5,9 cents le kilowattheure) ne soit toujours pas équitable.

L'opposition crie au scandale

Le bureau de Tony Wakeham explique que le comité a décidé de son propre gré de ne pas participer à la conférence de presse, prévue mardi, mais les partis d’opposition crient au scandale.

Il s'agit d’une promesse rompue, déplore le porte-parole du Parti libéral en matière d’Énergie, Fred Hutton. Ce sont [les membres du comité] qui devraient venir expliquer les conclusions du rapport au public.

Fred Hutton.

Fred Hutton, le porte-parole du Parti libéral en matière de l'Énergie et des Mines, répond aux questions des journalistes le 15 décembre 2025 à Saint-Jean. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Ce n’est pas un détail, renchérit le chef du NPD, Jim Dinn, pour qui l’absence du comité mardi représente une idée horrible qui va nuire à la confiance du public envers les conclusions du rapport.

Le groupe d'experts est présidé par l’ancien PDG d’Emera, Chris Huskilson, qui n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue. Guy Holborn, économiste de l’Université Western, et Michael Wilson, un comptable agréé à la retraite, siègent aussi au comité.

Jim Dinn.

Le chef du NPD de Terre-Neuve-et-Labrador, Jim Dinn, répond à une question devant la Chambre d'assemblée à Saint-Jean, le 30 mars 2026. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

En septembre dernier, alors qu’il était toujours chef de l’opposition, Tony Wakeham avait affirmé au micro de Radio-Canada que l’entente durait trop longtemps, que les conditions financières n’étaient pas assez généreuses et que le Québec avait trop de contrôle sur les ressources énergétiques du Labrador.

Au débat des chefs, il avait soutenu que l’entente était extraordinaire pour le Québec et mauvaise pour Terre-Neuve-et-Labrador, mais il a depuis tempéré ses propos, refusant de préciser son plan d’action en attendant les conclusions du comité.

L'impartialité du comité remise en question

Depuis des mois, les libéraux remettent en question la crédibilité de deux des trois membres du comité.

Ils rappellent que Michael Wilson, l’un des trois membres d’un comité d'experts, avait écrit en octobre dernier que l’accord provisoire allait entraîner un transfert scandaleux de richesse vers Hydro-Québec et qu’il représentait une trahison flagrante envers les habitants de la province et toutes les générations futures.

Ils soulignent aussi que Chris Huskilson, en tant que PDG d’Emera, avait participé à l’élaboration du projet hydroélectrique de Muskrat Falls, qui s’est avéré un véritable fiasco économique pour la province.

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