Récemment, un laboratoire chinois a franchi un cap technologique majeur en propulsant un Maglev expérimental à une vitesse de 800 km/h en un temps record. Pour les chercheurs, l’objectif était de tester de nouvelles technologies de propulsion électromagnétique, de sustentation, de positionnement mais également, de freinage à ultra-haute vitesse.
Un test sur une piste de seulement un kilomètre
Pour rappel, le Maglev (Magnetic levitation) est un type de train à sustentation magnétique. Contrairement aux trains classiques, celui-ci ne possède pas de roues et ne touche pas de rails métalliques une fois lancé. En réalité, le Maglev utilise des aimants pour flotter, se guider et avancer au-dessus d’une voie spéciale. Dans les faits, des moteurs électriques linéaires créent des champs magnétiques changeants le long de la voie afin de faire avancer l’engin à toute vitesse. Le Maglev est sans aucun doute une technologie d’avenir mais certains trains de ce genre circulent déjà sur des lignes commerciales, principalement en Chine, en Corée du Sud et au Japon.
Toutefois, la recherche se poursuit, notamment au laboratoire de Donghu, une installation se situant dans la province du Hubei à Wuhan (Chine). Comme l’indiquait la plateforme chinoise We Do Any le 10 aout 2026, les chercheurs ont franchi un cap technologique majeur en propulsant un véhicule d’essai à 800 km/h en seulement 5,3 secondes. L’engin a par ailleurs atteint les 100 km/h en 0,7 seconde environ. De plus l’essai a la particularité de s’être déroulé sur une piste très courte, d’une longueur de seulement un kilomètre.
Tester et valider des technologies de pointe
Si la performance semble phénoménale, il est important de souligner que le Maglev chinois n’est qu’une nacelle de laboratoire non habitée (voir photo ci-après), dont la masse est de seulement 1,11 tonne. Il ne s’agit donc pas d’un train commercial se destinant au transport de passagers. Selon les responsables du projet, la principale utilité de ce prototype est le test et la validation de technologies de pointe comme la propulsion électromagnétique, les systèmes de freinage d’urgence ou encore, le positionnement millimétrique.
Soulignons tout de même que la question du positionnement millimétrique est cruciale. En effet, à une vitesse de 800 km/h, l’engin parcourt pas moins de 220 mètres par seconde. Autrement dit, le moins décalage d’un millimètre dans la lévitation peut engendrer un crash contre la paroi de la piste. Citons également le système de frein qui dans le cadre de ces tests, a permis à l’engin de s’arrêter sur une distance de seulement 200 mètres.
L’intelligence artificielle joue d’ailleurs un rôle très important dans le projet, puisque celle-ci est responsable de l’ajustement en temps réel de la puissance des aimants – en quelques microsecondes – après l’analyse de données provenant de capteurs ultra-rapides. Aussi, l’IA calcule et fournit la quantité exacte d’énergie nécessaire dans les bobines de la piste à chaque milliseconde, afin de maximiser l’accélération tout en évitant de griller le système.
Crédit : Laboratoire de Donghu
Pour de futurs projets industriels, civils et militaires
Il faut savoir que l’équipe du laboratoire de Donghu n’a pas directement établi le record de 800 km/h en 5,3 secondes. En effet, plusieurs paliers ont été atteints au préalable. En juin 2025, le système avait notamment validé une première accélération historique à 650 km/h en 7,1 secondes. Pour les scientifiques, l’un des objectifs était de prouver le coté évolutif de leur plateforme.
A terme, ces tests devraient permettre d’appliquer les technologies validées à des projets industriels, civils et militaires à plus grande échelle. Dans un premier temps, la technologie devrait servir au transport de marchandises stratégiques avant de potentiellement accueillir des passagers. Il faut dire que pour l’heure, la question des effets de l’accélération brutale (plus de 4G) n’a pas encore été réglée. En attendant, les prochains tests devraient se faire directement sur le terrain à grande échelle, dans des structures reproduisant la géométrie exacte des futurs tunnels de transport.
Enfin, le projet pourrait un jour concerner l’espace, puisque les scientifiques ont pensé à un concept de « catapulte magnétique ». Ici, l’idée est d’utiliser des pistes Maglev géantes pour envoyer des navettes et des fusées hors de l’atmosphère terrestre et ainsi, réduire massivement la quantité de carburant nécessaire au décollage.


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