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CHRONIQUE - La republication de la biographie magistrale de Mme Chiang Kai-shek par Philippe Paquet remonte aux origines de la relation sino-américaine. Haletant.
C’est à un congrès du Kuomintang, en 1988, que Philippe Paquet, en poste à Taïwan pour son journal La Libre Belgique, a vu monter sur l’estrade une femme fluette de 90 ans. Elle harangua la foule dans une indifférence générale, puis se retira. Curieux, il s’enquit de son nom. « Mayling Soong, la veuve de Chiang Kai-shek (nous reprenons l’orthographe de l’auteur, NDLR) », répondit un confrère. Étonné de voir une nonagénaire parler avec autant de d’entrain dans un congrès du parti treize ans après la mort de son mari, Paquet s’intéressa au personnage. Il ne se doutait pas qu’il s’embarquait dans une aventure qui durerait vingt ans.
En 2011, il publia une biographie de presque 800 pages (Éditions Gallimard), sinon plus longue que le Yang-Tsé-Kiang, au moins aussi riche en crues, et changements de paysages que celles qu’un navigateur fluvial découvre en descendant le plus long fleuve d’Asie. « Les Chinois estiment qu’un bon historien doit lire dix mille livres et voyager dix mille lieues »…


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