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Le départ de la caquiste Geneviève Guilbault ravive l’intérêt des autres formations politiques pour la victoire dans Louis-Hébert. Le Parti québécois (PQ) met toute la gomme pour remporter cette circonscription à tendance fédéraliste, alors que la Coalition avenir Québec (CAQ) n’a pas dit son dernier mot en misant sur son « meilleur » atout : Christine Fréchette. Voici un portrait de la circonscription.
Sur un terrain de pétanque du secteur de Cap-Rouge, des aînés discutent de politique. André Savard est désillusionné. Je suis quasiment rendu apolitique. Je trouve que, d'une façon ou d'une autre, peu importe le parti, ça revient toujours au même. Sa décision n'est pas encore prise. À l'âge où je suis rendu, je ne crois plus aux promesses électorales, dit-il, amer.
D'autres ont encore confiance, mais ils veulent du changement. Geneviève Guilbault n’est pas le meilleur back up, c'est certain, dit Guy Labrie.
La circonscription de Louis-Hébert est détenue par la Coalition avenir Québec (CAQ) depuis neuf ans. Geneviève Guilbault a remporté de manière décisive l’élection partielle de 2017 avec plus de 51 % des voix, ouvrant la porte à la victoire de sa formation politique lors des deux élections générales subséquentes.
Celui qui tente de lui succéder ne se cache pas d'avoir de grandes chaussures à chausser. Je fais un saut dans le vide, lance Marc-Antoine Bernier.
Il voit l'héritage de sa prédécesseure comme un avantage, mais ce n'est pas elle qui l'a inspiré à se lancer en politique. C'est plutôt Christine Fréchette qui l'a incité à quitter son emploi de gestionnaire et à faire du porte à porte.

Le candidat caquiste Marc-Antoine Bernier fait ses premières armes en politique.
Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Mercier
Je vis de grandes émotions. L’accueil que nous avons avec Mme Fréchette, j’ai presque le cœur qui me sort de la poitrine tellement il y a quelque chose de grandiose. Les gens sont ouverts et veulent la rencontrer.
Guy Labrie, l'électeur qui désire du changement, croit que Christine Fréchette peut l'incarner. La CAQ pourrait très bien obtenir son vote, même s'il est déçu des décisions du gouvernement Legault.
Marc-Antoine Bernier est d’ailleurs agréablement surpris de l’accueil qu’il reçoit. Oui, on me parle de Northvolt, SAAQclic. En même temps, je pense qu’il y a beaucoup de monde qui commence à regarder vers l’avant et [...] qui retient le nouveau visage du parti.
Il est particulièrement fier de l’engagement de son parti d’explorer les solutions routières afin de désenclaver le secteur Chaudière–Le Gendre par la montée Mendel.
Geneviève Guilbault ne s’implique d’ailleurs pas dans la campagne électorale de son successeur. Elle préfère se tenir loin de la vie politique, explique l’homme de 52 ans.
Bouchées doubles
Louis-Hébert n’a pas voté pour un parti souverainiste depuis 1998. Avant Geneviève Guilbault, Sam Hamad a porté les couleurs du Parti libéral du Québec (PLQ) dans la circonscription pendant près de 15 ans.
Près de 20 ans plus tard, le PQ espère faire changer la tendance. Il compte sur la candidature d’une avocate en droit public, Chloé Fauchon. La mère de famille est consciente du défi, mais joue le tout pour le tout.

Mère de deux garçons et avocate, Chloé Fauchon tente de se faire élire dans Louis-Hébert pour le Parti québécois.
Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Mercier
Je vais tout donner d’ici le 5 octobre. En fait, je suis déjà en train de tout donner.
La candidate est investie depuis le mois d’avril et a parcouru la circonscription tout l’été. Du lancer de la hache dans un événement au line up de sauce piquante dans un autre, elle fait le maximum pour aller à la rencontre des gens et s’intéresser à ce qui se fait ici.
Chloé Fauchon met les questions de mobilité au cœur de sa campagne. Le PQ s’engage notamment à réaliser les trois premières phases du plan CITÉ de CDPQ Infra.
L’accès et la proximité des services publics sont aussi prioritaires, selon la candidate. Il manque de CPE, trois ou quatre écoles et un CLSC dans la circonscription, avance la femme de 36 ans.
Ça oblige les gens à aller porter leurs enfants dans un autre quartier, d’aller se faire soigner à Québec. [...] Tout ça entretient notre dépendance à l’auto et la problématique de la congestion routière, explique-t-elle.
Un ancien péquiste chez les conservateurs
Pour le candidat conservateur Marco Archambault, le PQ, son ancien parti, a beaucoup changé depuis les dernières années. Il est plus à gauche, croit-il.
Selon le notaire, le PCQ est le seul à vouloir s’attaquer réellement au coût de la vie. Comme plusieurs personnes, il affirme ne pas être en mesure de s’acheter une maison dans la circonscription.
Dans Louis-Hébert, 50 % des logements sont des maisons individuelles. Je crois que ça parle à beaucoup de gens.
L’homme de 33 ans veut aussi améliorer l’état des infrastructures.

Marcos Archambault, candicat conservateur dans Louis-Hébert, espère se faire élire le 5 octobre.
Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Mercier
Quand je rentre dans nos écoles, quand je vois nos routes, je ne veux pas vivre dans ce pays-là.
La route 138 qui traverse la ville de Saint-Augustin-de-Desmaures devrait avoir une voie centrale pour tourner à gauche, selon le candidat. Il croit aussi qu’une voie devrait être ajoutée sur l’autoroute 40 entre Cap-Rouge et Saint-Augustin-de-Desmaures. Ça bouche tout le temps aux mêmes endroits.
Marcos Archambault espère que les électeurs de Louis-Hébert feront comme en 2017 et porteront le flambeau du changement.
Les jeunes doivent sortir voter et ils doivent parler à leurs grands-parents!
Rappeler l'héritage libéral
Le candidat libéral Richard Bélanger tente, de poignée de main en poignée de main, de rappeler aux électeurs l’héritage libéral de Louis-Hébert.

Richard Bélanger souhaite rallier les caquistes déçus.
Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Mercier
C’est nous l’option pour ne pas être pris dans une démarche référendaire qui va coûter des sous et qui va couper notre élan économique.
L’entrepreneur à la retraite constate que le tissu libéral dans Louis-Hébert est très fort. Il y a des libéraux qui se sont laissé tenter par l’aventure de la CAQ. Il faut leur dire qu’on est là. Je regrette, mais la CAQ n’est pas un refuge pour les fédéralistes.
QS mise sur l’éducation
La candidate de Québec solidaire Anne-Sophie Roy fait quant à elle de l’éducation l'aspect central de sa campagne. L’enseignante au secondaire soulève la question du Campus Notre-Dame-de-Foy (CNDF) qui aimerait devenir public.
Ça viendrait tellement régler des problèmes dans la région. Les cégeps débordent. Le CNDF a une capacité de 4000 étudiants et il en reçoit 1500.
L’absence de leadership de la part du gouvernement prive, selon elle, 2500 étudiants d’avoir accès à de meilleurs services.


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