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Cette mère américaine relance sans le vouloir le débat sur l’âge auquel les enfants peuvent rester seuls dehors

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Life 07/09/2026 16:25

Karyann Parkinson a été condamnée pour avoir laissé son fils de 5 ans se promener seul dans leur quartier résidentiel fermé de Virginie.

La mère de famille a laissé son fils de 5 ans se promener seul près d’un étang dans leur résidence sécurisée de Virginie.

jurgita.photography / Getty Images

La mère de famille a laissé son fils de 5 ans se promener seul près d’un étang dans leur résidence sécurisée de Virginie.

EN BREF Karyann Parkinson, a été condamnée pour avoir laissé son fils de 5 ans seul dehors dans une résidence sécuriés.
Elle s’est défendue en prônant une éducation basée sur la confiance et l’autonomie.
En France, il n’y a pas de législation précise sur l’âge auquel laisser un enfant seul dehors.

À partir de quel âge peut-on laisser un enfant jouer ou se promener seul, sans que cela ne constitue un danger pour lui ? Et surtout, sans que ses parents ne soient soupçonnés de maltraitance ?

C’est le débat qui anime l’actualité outre-Atlantique après que Karyann Parkinson a été condamnée pour avoir laissé son fils de cinq ans se promener seul près d’un étang situé au sein de leur résidence fermée située à Williamsburg, en Virginie.

Six mois de prison avec sursis

Mais que lui reproche-t-on exactement ? Dans un article du Washington Post, Karyann Parkinson revient sur cette journée de juin où sa vie a basculé. Alors enceinte de huit mois, elle explique avoir entrepris de faire une balade avec son fils Sam au sein de leur résidence sécurisée. Ensemble, ils ont traversé plusieurs rues et ont longé des étangs, Karyann à pied et Sam filant sur son vélo. Un trajet habituel, que le petit garçon connaît bien, assure sa mère.

Après plusieurs minutes à se balader et à ramasser des plumes d’oie au bord de l’étang, la mère et son fils sont repartis chez eux. Mais arrivé à la maison, « Sam a voulu retourner dehors pour chercher d’autres plumes », rapporte Karyann, qui n’y a vu aucune objection : selon elle, Sam sait comment traverser la rue en toute sécurité et demander de l’aide si besoin. Auprès du Washington Post, elle raconte qu’elle et son mari Dallin estiment important que les enfants « prennent des risques raisonnables et fassent tout ce qu’ils se sentent capables de faire dans un cadre sécurisé ».

Mais une demi-heure plus tard, un agent de sécurité a frappé à sa porte, accompagné de Sam, visiblement bouleversé. L’homme a expliqué qu’un voisin avait aperçu le petit garçon seul dehors et l’avait contacté.

Karyann Parkinson a eu beau insister sur le fait que son fils avait le droit de se promener seul dans le quartier et qu’elle lui faisait confiance, le gardien a affirmé qu’elle avait enfreint la loi et qu’il avait appelé donc la police.

Dans les semaines qui ont suivi, un juge du tribunal de district pour mineurs et affaires familiales a reconnu Karyann Parkinson reconnue coupable de « complicité de délinquance juvénile » et l’a condamnée à six mois de prison avec sursis après son refus à reconnaître que les preuves étaient suffisantes pour établir sa culpabilité.

« Cela aurait été admettre que ce que j’avais fait était un crime, et… Cela aurait violé mes principes et mes convictions de parent », a déclaré la mère de cinq enfants, qui a aussi été inscrite au registre des cas de maltraitance et de négligence envers les enfants de l’État de Virginie. « Je pense que cela aurait aussi déçu d’autres parents qui ont besoin de savoir que les expériences normales de l’enfance ne sont pas un crime », a-t-elle ajouté.

Laisser les enfants explorer leur environnement

Si elle a depuis annoncé faire appel de la décision, Karyann Parkinson n’a pourtant pas manqué de raviver le débat sur l’autonomie des enfants et les libertés que les parents leur accordent. Le Washington Post rapporte dans ses pages plusieurs autres cas de parents condamnés pour après avoir laissé seul leur enfant dans l’espace public.

Mais contrairement à eux, la mère de famille n’a fait preuve ni de maltraitance, ni de négligence, mais dispense au contraire une éducation parentale centrée sur l’autonomie et la confiance dans les capacités des plus jeunes. « J’ai toujours adoré laisser mes enfants grimper aux arbres, explorer le monde et expérimenter, vous savez, pour qu’ils prennent confiance en eux », a déclaré Karyann Parkinson, ajoutant que son fils s’était déjà rendu « des centaines de fois » à l’étang et était un très bon nageur.

« Il y a un véritable fossé entre laisser son enfant faire quelque chose de normal, quelque chose qu’on sait qu’il est capable de faire, qu’on connaît bien, lui et le quartier, et maltraiter un enfant, ce qui est la pire chose au monde », souligne Lenore Skenazy auprès du quotidien américain, avant de s’interroger : « Alors, pourquoi ces deux notions sont-elles si souvent confondues ? »

Les enfants, de moins en moins autonomes dans la rue

En France aussi, cette question de l’autonomie des enfants dans la rue est âprement discutée, d’autant que la loi ne fixe aucun âge précis à partir duquel un enfant peut jouer ou se promener sans surveillance parentale, ou encore rentrer seul de l’école.

Déjà dans les années 80, l’anthropologue urbaine Colette Pétonnet démontrait dans ses travaux que la rue n’était pas un espace inné pour l’enfant : guidé par ses parents, qui lui transmettent les « codes urbains », il apprend très tôt qu’il ne doit pas sauter, ni courir sur les trottoirs, et que la rue est un espace dangereux, avant tout pensé pour les adultes, et notamment les automobilistes.

Résultat, « les enfants se déplacent seuls plus tard qu’auparavant et sur des distances plus courtes. Leurs espaces d’exploration se restreignent. Leur autonomie recule », relève la Commission consultative des droits de l’homme. Selon l’Ademe (Agence de la transition écologique), un enfant commence à se déplacer seul à 11,6 ans en moyenne, contre 10,6 ans pour ses parents au même âge.

Évidemment, la situation des enfants français n’a pas grand-chose à voir avec celle du fils de Karyann Parkinson : la rue qu’ils parcourent pour jouer ou se rendre à l’école n’est pas une résidence sécurisée. Dans ce contexte, si cinq ans reste trop jeune pour évoluer seul dans l’espace public, il est possible de laisser aux enfants de cet âge une relative autonomie, recommande Paul Barré, responsable pédagogique de la Prévention routière au site Parents. Par exemple, en leur lâchant la main sur les trajets qu’ils connaissent déjà et en leur apprenant les règles pour bien traverser la route.

Ce n’est qu’à partir de sept ou huit ans qu’un enfant peut circuler seul, « à condition d’avoir déjà fait le chemin plusieurs fois avec ses parents pour en connaître tous les dangers », ajoute le spécialiste, qui conseille de ne pas attendre l’entrée au collège pour laisser son enfant goûter à l’autonomie. « On garde tous des souvenirs de nos chemins d’école : les secrets qu’on se raconte avec les copains, les goûters qu’on partage, etc. Il ne faut pas priver les enfants de ce genre de choses. » Attention toutefois de bien lui transmettre des règles sécurité simples mais indispensables : bien regarder avant de traverser, ne pas courir, même s’il est en retard et ne jamais adresser la parole aux inconnus.

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