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Un habitant du Bignon, jusqu’alors inconnu de la justice, a été condamné pour les violences qu’il avait infligées à la mère de ses deux enfants. Elle le suspectait de pédophilie.
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Par Laurent Fortin Publié le 20 sept. 2026 à 23h14
Une première altercation avait éclaté entre les deux membres d’un couple le 18 mars 2026 dans le rayon Bébé de l’hypermarché Carrefour du quartier Beaulieu, à Nantes : la plaignante – qui affirmait être « torturée mentalement » – avait traité, ce jour-là, de « pédophile » son compagnon. Elle lui avait « donné des coups de pied », avant d’être « repoussée » par l’intéressée. La seconde scène était survenue au domicile de cet homme de 43 ans le 29 mars 2026 : au Bignon, la femme aurait reçu un « coup dans le nez » et une « claque à l’arrière de la tête ».
Une « procédure incidente » est, par ailleurs, en cours à la gendarmerie, pour « vérifier les accusations » de pédocriminalité de la partie civile, a-t-il été recontextualisé à l’audience : la compagne lui avait déjà sommé de « dégager » du berceau de leur fils quand elle l’avait vu « se pencher » dessus…
Toute la famille dort dans la même chambre pour tenir compte des angoisses de madame. Pour apaiser ses craintes, mon client a accepté de dormir sous des caméras avec vision nocturne.
C’est donc dans ce cadre particulier qu’un « enregistrement » a été produit aux enquêteurs par la plaignante : on l’entendait dire « arrête de me frapper » à son compagnon, alors qu’elle était enceinte de leur fils, sans que le prévenu ne s’inscrive pour autant en faux lors de leur échange… Une « litanie » de « Dors pas » et de « Ferme ta gu… pauvre sal… » avaient été également entendus.
Il y en a des pages et des pages… J’en ai vu beaucoup, des procédures, mais des comme ça, rarement.
Un profil psychologique inquiétant
Dans ces conditions, Anne Bouillon trouvait « extrêmement inquiétant » le « profil psychologique » du prévenu : elle demandait donc 2 000 € de dommages et intérêts pour sa cliente et 1 000 € pour chacun des deux enfants du couple.
Viviane Roy, sa consœur en charge de la défense, a expliqué pour sa part au tribunal que :
Le jour de l’enregistrement, son client invitait simplement sa compagne à ne pas dormir pour qu’elle puisse constater, par elle-même, qu’il ne faisait rien à leurs enfants pendant son sommeil…
« Il reconnaît à demi-mot sans s’expliquer », a retenu pour sa part la procureure de la République à propos de ces faits « caractérisés » et « établis » de violences conjugales. Elle avait requis huit mois de prison avec sursis simple, comme « une épée de Damoclès au-dessus de la tête », assortis d’une interdiction de contacts avec son ex-compagne et ses enfants.
L’avocate de la défense avait, en réponse, produit « treize attestations de personnes qui font état des violences de madame à l’égard de monsieur ». Un jour, son client aurait ainsi « hurlé de pleurs » pour une « griffure entaillée par les ongles » de sa femme dans son avant-bras, alors que tous deux se trouvaient « au restaurant ».
« Madame appuyait là où ça fait mal »
La plaignante aurait aussi promis à cette « demi-couille » – allusion au handicap du monsieur – qu’elle allait lui « arracher » son seul testicule restant « avec son talon aiguille ».
Madame appuyait là où ça fait mal.
Selon cette dernière, elle aurait aussi « menacé de partir avec les enfants en Algérie ».
Ce « travailleur » resté « vingt ans dans le même emploi de mécanicien régleur » était pourtant « extrêmement stable » et « respecté autour de lui », jusqu’à ce que cette femme « arrive dans sa vie » en 2023 et ne lui fasse « deux enfants en deux ans ». Le couple qu’il formait avec cette « maman » qui a « peut-être un instinct de sur-protection » vis-à-vis de ses enfants a alors « explosé ».
Certes, ce n’est pas un bon communicant, mais c’est un homme en souffrance : il devait tout faire quand il rentrait le soir à la maison. Et après, il doit dormir dans des conditions inadmissibles !
Les enfants me manquent.
Le prévenu au cours des débats. Il regrette aujourd’hui de leur avoir « crié » dessus, comme ce jour où il avait traité sa fille aînée de « conna… » après qu’elle a « renversé une bassine d’eau par inadvertance ».
Le quadragénaire du Bignon a, au final, été condamné à cinq mois de prison avec sursis et à une interdiction de contacts avec son ex-compagne et leurs enfants pendant deux ans « sauf décision postérieure et contraire du juge des enfants », a dit la présidente. Le papa aura aussi interdiction de paraître pendant la même durée, au domicile de sa compagne. Le jugement a été frappé d’exécution provisoire, ce qui signifie qu’il s’applique dès à présent, même s’il en faisait appel.
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