C’est un verdict qui apporte un immense soulagement à la communauté scientifique mondiale. La Lune ne subira pas de rencontre explosive avec l’astéroïde « tueur de villes » initialement redouté pour l’année 2032. Grâce à de nouvelles observations ultra-précises du télescope spatial James Webb (JWST) réalisées en février 2026, la NASA a officiellement ramené la probabilité d’un impact lunaire de 4,3 % à zéro. Bien que le danger soit écarté, ce rocher spatial géant passera à une distance « vertigineuse » de notre satellite, offrant aux astronomes une occasion unique d’étudier la défense planétaire face à un objet capable de raser une métropole entière.
Le télescope James Webb au sommet de son art
L’astéroïde géocroiseur 2024 YR4 était devenu inobservable depuis la Terre et l’espace depuis le printemps 2025. Seule l’extrême sensibilité des instruments infrarouges du JWST a permis de capturer ses images les 18 et 26 février derniers. Ces observations figurent parmi les plus faibles jamais réalisées, poussant les capacités technologiques du télescope à leurs limites absolues.
Ces nouvelles données ont permis aux astronomes d’affiner la trajectoire de ce monstre spatial. Mesurant entre 53 et 67 mètres de diamètre, soit environ la largeur de la tour de Pise, 2024 YR4 possède une puissance de frappe terrifiante. S’il venait à percuter la Terre, l’énergie libérée serait équivalente à celle de 500 bombes d’Hiroshima. C’est ce potentiel destructeur qui lui a valu son surnom de « tueur de villes ».
Crédit : Centre NASA/JPL d'études des objets géocroiseursUn frôlement spectaculaire plutôt qu’un crash
Si l’impact est désormais exclu, la trajectoire de 2024 YR4 reste impressionnante. En 2032, l’astéroïde passera à seulement 21 200 kilomètres de la surface lunaire. À titre de comparaison, cette distance est plus courte que l’orbite de certains satellites artificiels autour de notre propre planète. Quant à la Terre, elle sera également épargnée : l’objet manquera notre globe de plusieurs centaines de milliers de kilomètres lors de son passage à proximité dans six ans.
Auparavant, les calculs basés sur des données limitées indiquaient un risque de collision avec la Terre de 3,1 %, le niveau le plus élevé jamais enregistré pour un tel événement. Si la menace lunaire a persisté plus longtemps à 4,3 %, le verdict du JWST clôt définitivement le débat sur une possible catastrophe en direct. Certains astronomes imaginaient déjà une explosion visible à l’œil nu depuis la Terre ou une pluie massive de débris déclenchant des milliers d’étoiles filantes dans notre atmosphère.
Une cible prioritaire pour la défense planétaire
Maintenant que la Terre et la Lune sont officiellement hors de danger, 2024 YR4 change de statut. Pour la NASA, il ne s’agit plus d’une menace, mais d’un laboratoire volant. L’astéroïde est devenu une cible de choix pour tester les modèles de défense planétaire et préparer l’humanité à de futures rencontres avec des objets réellement menaçants.
Le rendez-vous suivant est déjà fixé : l’agence spatiale américaine prévoit de mobiliser à nouveau le James Webb en 2028 pour observer le retour de l’astéroïde vers le système solaire interne. Ce passage, prévu sans aucun danger, permettra d’analyser plus finement la composition de ce « monstre » et d’affiner encore davantage nos capacités de surveillance spatiale. La science a triomphé de l’incertitude, transformant une peur apocalyptique en une opportunité de connaissance sans précédent.


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