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«Certains navires opèrent à perte et d’autres vont rester à quai» : face à l’explosion des prix du gazole, les pêcheurs craignent le pire

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La guerre en Iran met en péril le commerce mondial et devrait faire augmenter le prix du pétrole et du gaz

Alors qu’ils attendent désespérément des aides du gouvernement, l’Union des Armateurs à la Pêche Française (UAPF) et l’Association nationale des Organisations de Producteurs (ANOP) alertent sur les difficultés auxquelles ils font face depuis le début du conflit au Moyen-Orient.

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Ils espèrent un arbitrage gouvernemental en leur faveur dans les prochaines heures, peut-être ce lundi 23 mars, mais ils n’en sont pas moins inquiets. Alors que le gazole représente leur premier poste de dépense, les pêcheurs craignent le pire pour les semaines à venir, si le prix des carburants continue d’exploser. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, ce poste de dépense «a bondi de plus de 80%», déplorent deux structures professionnelles - l’Union des Armateurs à la Pêche Française (UAPF) et l’Association nationale des Organisations de Producteurs (ANOP) - dans un communiqué publié ce samedi 21 mars.

«La situation est aujourd’hui critique», alertent-ils, pointant les conséquences concrètes de la hausse des prix du carburant : «certains navires opèrent déjà à perte, et d’autres s’apprêtent à rester à quai. Cette situation entraîne des arrêts forcés, une réduction progressive de l’activité et, à très court terme, un risque de désorganisation des chaînes d’approvisionnement en produits de la mer». Avant de rappeler que les pêcheurs ne sont pas en mesure de répercuter la hausse de leurs charges sur les prix de vente des poissons, fixés aux enchères, à la criée. «C’est simple, nous ne sommes absolument pas maîtres du prix d’achat de notre poisson, qui n’est d’ailleurs jamais le même d’un jour à l’autre», précise le secrétaire général adjoint de l’UAPF Jérôme Jourdain.

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Des aides «pas à la hauteur du choc en cours»

Pour se maintenir à flot, les organisations professionnelles réclament donc des aides financières, de l’État ou de l’Union européenne, tout en restant très prudents sur la portée de celles-ci. Pour l’Union des Armateurs à la Pêche Française (UAPF) et l’Association nationale des Organisations de Producteurs (ANOP), les craintes sont en effet très fortes que les dispositifs envisagés ne soient «pas à la hauteur du choc en cours». Ils craignent notamment que les aides - telles qu’elles sont envisagées par la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche Catherine Chabaud - ne prennent pas en compte certaines «réalités opérationnelles». Ce qui risquerait selon eux «l’exclusion d’une partie significative de la flotte» dont les spécificités ne correspondent pas aux critères des aides débloquées, «comme lors de la crise énergétique de 2022».

«Qu’ils n’imaginent pas faire un copier-coller de ce qui avait été fait en mars 2022», tacle d’emblée Jérôme Jourdain, faisant référence à l’aide exceptionnelle équivalente à 35 centimes par litre de gazole obtenue de l’État, quelques semaines après le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Tout simplement parce que celle-ci était à l’époque «réservée aux navires faisant leur plein en France», souligne-t-il. «Il fallait présenter des factures de carburants livrés sur le territoire national. Mais en France, il y a des navires côtiers mais d’autres, hauturiers, qui font de la pêche lointaine dans les eaux européennes, dans le sud de l’Atlantique et jusque dans l’océan indien», poursuit le secrétaire général adjoint de l’UAPF.

Et de prendre l’exemple des thoniers qui pêchent dans l’océan indien : «en 2022, il y avait encore trois armements (entreprises qui peuvent opérer plusieurs navires, ndlr) qui faisaient du thon en France, exclus de cette aide. L’un d’entre eux, Via Ocean (ex-Saupiquet), a cessé son activité après cette crise. Sans aide, ça a été le coup de grâce», dénonce Jérôme Jourdain. Autre problème selon lui, les aides étaient plafonnées par entreprise, et non par bateaux. Résultat : l’entreprise qui opérait plusieurs navires atteignait très vite le plafond, et ne pouvait plus être aidée ensuite. Et de lancer : «nous souhaitons des aides proportionnées et efficaces (...) nous voulons continuer notre activité mais nous ne le ferons pas à perte».

Contacté, Bercy «ne confirme rien» sur d’éventuelles aides à venir mais invite tout de même à attendre lundi, après les élections municipales. En attendant, les pêcheurs rappellent que plusieurs États membres ont déjà agi : «l’Italie a mis en place une aide allant jusqu’à 25 centimes par litre, et l’Espagne a annoncé (vendredi) soir un dispositif autour de 20 centimes par litre»«La France est donc attendue sur une réponse à la hauteur de ces mesures», concluent l’UAPF et l’ANOP.

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