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Les centres de données du Québec nécessitent près de l’équivalent de la centrale Manic-5 en électricité, soit 1 488 mégawatts. C’est ce que révèle une cartographie lancée lundi par le Collectif numérique responsable et soutenable. Ces données surprennent un acteur économique de la région qui note que la Côte-Nord compte seulement 3 centres de données sur les 72 dans la province, et ce, malgré sa proximité des sources énergétiques.
Le coordonnateur du projet, Alexandre Thève, se questionne sur l’utilisation des futures capacités de production énergétique d’Hydro-Québec, dont le quart pourrait servir à alimenter ces centres au lieu de décarboner les industries. Est-ce que c'est une bonne priorisation de ces nouvelles capacités?, se questionne-t-il.
Le directeur du développement industriel pour Innovation et Développement Manicouagan, Guy Simard, est quant à lui surpris de constater la quantité d’énergie qui a été accordée à cette filière dans le sud du Québec et de voir comment elle a peu été développée sur la Côte-Nord.
Deux des centres de données de la région sont à Baie-Comeau et l’autre aux Escoumins.
Guy Simard souligne que de situer ce type d’installation sur la Côte-Nord est avantageux, puisque cela permet de limiter les pertes d'énergie sur les lignes de transport et de profiter du climat plus frais pour leur refroidissement.

Guy Simard est directeur du développement industriel pour Innovation et Développement Manicouagan.
Photo : Radio-Canada / Catherine Gosselin
Bien qu’il affirme que ces centres représentent un revenu important pour la Ville de Baie-Comeau en termes de vente d’électricité, Guy Simard reconnaît toutefois que cette filière crée peu d’emplois directs comparativement à d’autres projets industriels.
Il précise que, dans un contexte de rareté énergétique, les projets doivent désormais être sélectionnés en tenant compte de critères liés au potentiel de décarbonation et de contribution réelle à l’économie du Québec.
De son côté, Alexandre Thève affirme qu’historiquement, les centres de données se sont installés dans le sud du Québec afin de bénéficier d’un service Internet plus rapide. C’est lorsque leurs besoins en énergie ont augmenté que les centres se sont implantés dans des régions en périphérie.

L'entreprise française OVHcloud offre des services d'infonuagique avec ses centres de données en Ontario et au Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Yanick Lepage
Selon la cartographie, les deux centres de données de Baie-Comeau déclarent une puissance de 22 mégawatts et de 15 mégawatts. Celui des Escoumins a une puissance de 10 mégawatts. Ces trois centres se spécialisent dans le minage de chaînes de blocs en lien avec les cryptomonnaies.
Alexandre Thève explique que le gouvernement a commencé en 2019 à restreindre l’énergie allouée à ce type de centres de données. Théoriquement, cette filière de cryptomonnaies n’est plus censée entrer en croissance dans les années à venir, affirme-t-il.
La Ville de Baie-Comeau explique ne pas avoir comme priorité de développer davantage cette filière.


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