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Plusieurs lycéens se sont vus confisquer leurs pancartes à l’entrée de manifestations, à Paris, en raison des slogans écrits dessus.

BENOIT PAVAN / Hans Lucas via AFP
Une jeune brandit une pancarte lors d’une manifestation réunissant plusieurs milliers de personnes à Grenoble, le jeudi 8 octobre 2026, en soutien au mouvement de contestation lycéen.
Les lycéens ont de l’imagination, et ça ne plaît pas aux forces de l’ordre. Plusieurs pancartes de jeunes manifestants ont été confisquées à l’entrée des cortèges parisiens ces derniers jours, en raison de leurs slogans. Ce jeudi 8 octobre, deux jeunes ont par exemple vu leur pancarte « On vise le bac, la bac nous vise » retirée par un policier, près de place de la Bastille, rapporte Mediapart, témoin de la scène.
Deux jours plus tôt, les journalistes de Radio Nova avaient filmé des policiers filtrant l’entrée d’une manifestation place de la République. Ils contrôlaient les sacs mais aussi les pancartes, et en stockaient certaines dans leur camion, notamment « Gazer les violeurs, pas les mineurs », ou « They don’t care about us » avec un A entouré, le symbole anarchiste.
En revanche, le slogan « Macron baise ta prof, pas les nôtres » a fait sourire les forces de l’ordre et été autorisé à entrer dans la manifestation ; mais il n’a pas -du tout- amusé le principal intéreressé.
Lorsque les journalistes s’approchent et posent des questions, les réponses se font rares. « On a reçu des consignes de notre hiérarchie, surtout concernant les banderoles anti-police », a tout de même indiqué un major de police à Mediapart. « On regarde les banderoles anti-police et anti-État », a expliqué un autre agent.
Ni la préfecture de police de Paris, ni le ministère de l’intérieur, ne se sont pour le moment exprimés sur le sujet. Mais sur les réseaux sociaux l’indignation grandit : « Elle est où la liberté d’expression ? », écrit une internaute, « C’est légal ça ? », interroge un autre.
En France, la liberté d’expression est un droit, inscrit dans la Déclarations des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Son article 11 précise ainsi que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ». En clair : tout peut etre écrit sur une pancarte.
Interrogé sur la pratique de confiscation des pancartes, le Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN) a en revanche déclaré à 20 Minutes : « c’est possible si les pancartes affichent des appels à la haine, des messages haineux ou même une incitation à s’en prendre physiquement à quelqu’un ».
Ce que dit la loi sur la confiscation des pancartes
L’avocat en droit public Antoine Fouré confirme que certains messages sont illégaux : « les appels à la haine raciale, à la violence, les appels à la sédition, aux actes terroristes », énumère-t-il auprès de Brut. Il précise cependant qu’« un policier n’a pas le droit de saisir en amont la pancarte. En revanche, on peut réprimer des outrances qui seraient présentes sur une pancarte a posteriori ».
Stéphane Maugendre, avocat et membre du Syndicat des avocats de France (SAF) rappelle également que les forces de l’ordre doivent respecter une procédure. « La police ne peut pas se permettre de confisquer des pancartes selon leur bon vouloir ». Il ajoute auprès de 20 Minutes : « dans le cas où il est estimé que les messages correspondent à une infraction, après la confiscation, on fait un procès-verbal. » Pour le moment, on ignore si des poursuites ont suivi la confiscation des pancartes.
La Ligue des droits de l’Homme a déclaré ce vendredi 9 octobre étudier les voies de recours possibles, s’inquiétant d'une pratique qui « entrave la liberté de manifester et d’exprimer librement ses revendications ». Ces scènes interviennent en outre alors que la répression policière du mouvement est pointée du doigt, en raison d’un nombre d’interpellations record et plus d’une vingtaine d’enquêtes ouvertes à l’IGPN.


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