Attention si vous vivez près du littoral ou si vous prévoyez une balade au bord de l’eau. Ce lundi, la mer ne va pas seulement suivre son cycle habituel : plusieurs phénomènes s’additionnent, et le résultat pourrait surprendre plus d’un promeneur. Coefficient élevé, pression atmosphérique en berne, houle qui s’invite dans l’équation… Voici pourquoi l’océan risque de gonfler bien au-delà de ce qu’annoncent les tables de marée.
À retenir
- Ce lundi 28 septembre 2026, le coefficient de marée atteint 99, seuil des grandes marées, en raison de l'alignement Soleil-Lune-Terre lié aux équinoxes de septembre.
- Sous l'effet de baromètre inverse, une baisse de pression atmosphérique fait monter le niveau marin, à raison d'environ 1 cm par hectopascal en moins.
- La combinaison d'un fort coefficient, d'une pression basse et d'une houle marquée peut provoquer des surcotes largement supérieures aux prévisions astronomiques, d'où l'intérêt de surveiller le SHOM et la météo marine.
Un coefficient de 99, mais une mer qui pourrait monter bien plus haut
Ce lundi 28 septembre 2026, les tables du SHOM annoncent un coefficient de marée de 99. Un chiffre qui classe d’office cette marée parmi les grandes marées, puisque ce statut s’applique dès qu’on atteint ou dépasse 90, sur une échelle qui va de 20 à 120. Ce pic n’a rien d’un hasard : il coïncide avec la période des équinoxes de septembre, quand le Soleil, la Lune et la Terre s’alignent et amplifient mécaniquement l’attraction gravitationnelle exercée sur les océans. D’ailleurs, une autre fenêtre de grandes marées est déjà attendue autour du 27 octobre, avec un coefficient de 100 relevé à Brest. Mais un coefficient, aussi élevé soit-il, ne raconte qu’une partie de l’histoire. Il décrit une hauteur d’eau théorique, calculée à partir du marnage, c’est-à-dire l’écart entre marée basse et marée haute. Ce chiffre ne tient absolument pas compte de la météo du jour. Or c’est justement là que les choses peuvent se corser.
L’effet baromètre inverse : quand le ciel pèse moins lourd, l’eau monte
Voici le point que beaucoup ignorent : la pression atmosphérique agit directement sur le niveau de la mer. C’est ce qu’on appelle l’effet de baromètre inverse. Le principe est simple à comprendre : quand l’air pèse moins lourd sur la surface de l’océan, l’eau a tendance à monter pour compenser cette baisse de pression. Concrètement, une baisse de 1 hectopascal équivaut à environ 1 centimètre d’élévation du niveau marin. Un exemple permet de saisir l’ampleur du phénomène : une dépression à 980 hPa, soit 35 hPa sous la moyenne habituelle de 1015 hPa, peut générer à elle seule une surélévation d’environ 35 centimètres. Un creusement de 30 hectopascals, lui, donne un ordre de grandeur comparable, de l’ordre d’une trentaine de centimètres supplémentaires. Autrement dit, un coefficient de 99 associé à une dépression bien marquée peut produire une mer qui monte comme si le coefficient avoisinait, voire dépassait, la barre symbolique des 100, celle de la vive-eau exceptionnelle.
Marée, pression, houle : le cocktail à surveiller ce lundi
Le vrai danger apparaît quand plusieurs ingrédients se combinent au même moment : un coefficient déjà fort, une pression basse, et une houle bien formée qui vient déferler sur la côte. C’est exactement ce cocktail qui a provoqué les épisodes les plus marquants du littoral français ces dernières années, avec des surcotes qui ont largement dépassé les prévisions astronomiques initiales. Sans dramatiser, il faut garder en tête que la configuration des fonds marins, l’orientation de la côte face à la houle et la vitesse à laquelle l’eau s’engouffre jouent aussi un rôle dans l’ampleur du phénomène. Quelques précautions simples permettent d’aborder cette journée sereinement :
- Consultez les prévisions officielles du SHOM, qui permettent d’anticiper chaque épisode de grande marée plusieurs mois à l’avance
- Surveillez la météo marine locale, notamment la pression atmosphérique annoncée dans les prévisions
- Gardez en tête qu’en Vendée ou en Charente, le marnage peut devenir particulièrement spectaculaire, mais cela survient généralement lorsque le coefficient dépasse 110
Ces grandes marées attirent chaque année de nombreux amateurs de pêche à pied et de sports nautiques sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique. Rien d’anormal à en profiter, à condition de garder un œil sur les bulletins et de ne jamais sous-estimer la vitesse à laquelle l’eau peut regagner du terrain.
Retenez l’essentiel : un coefficient de marée, aussi précis soit-il, ne dit jamais tout. La pression atmosphérique, la houle et la configuration du littoral peuvent transformer une grande marée classique en un événement bien plus impressionnant que prévu. Alors, la prochaine fois qu’un coefficient élevé s’annonce, un réflexe simple s’impose : jeter aussi un œil sur le baromètre.


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