Castor & Pollux, de Jean-Philippe Rameau, c’est la promesse d’un vertige de sensations, d’atmosphères contrastées, de climats tour à tour tumultueux et élégiaques, surtout dans la version proposée ces jours par le Grand Théâtre de Genève (GTG) au Bâtiment des Forces Motrices (BFM). Dès l’Ouverture, l’orchestre s’emballe, les cordes fouettent, les bassons mugissent. Le chef Leonardo García Alarcón ne ménage pas ses forces – ainsi que sa sensibilité – pour imprimer un influx dramatique qui ne nous quittera pas jusqu’à la dernière note.
Or, ce qui se passe sur scène est bien plus que cela: le ballet des danseurs et celui des choristes, très présents, ainsi que des solistes pleinement engagés dans cette histoire qui jaillit des trappes souterraines de la mythologie grecque. Destin poignant que celui de Castor et Pollux: des frères jumeaux, nés de la même mère, Léda, mais d’un père mortel pour le premier (Tyndare) et d’un père immortel pour le second (Jupiter). Tout les pousse à devenir rivaux, en raison de leurs différences de naissance et de leur amour pour la même jeune femme, Télaïre, fille du Soleil. La fable de Rameau et de son librettiste outrepasse la rivalité pour réunir les deux frères dans leur gémellité, que le metteur en scène et chorégraphe Edward Clug éclaire dès la première scène de cette tragédie lyrique, donnée ici dans sa première version de 1737.


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