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Le ministère de l’Éducation nationale prévoit 4 000 suppressions de postes d’enseignants à la rentrée de septembre. Les syndicats, qui s’inquiètent des répercussions sur la qualité de l’enseignement et les fermetures de classe, prévoient de se mobiliser du 30 mars au 3 avril pour protester contre ces coupes.
Cyrielle Thevenin - Aujourd'hui à 07:00 - Temps de lecture :
À six mois de la rentrée scolaire, l’heure est à la mobilisation dans l‘Éducation nationale. L’intersyndicale prévoit des actions du 30 mars au 3 avril, avec une grève nationale le 31 mars, pour protester contre les suppressions de postes d’enseignants attendues en septembre prochain. 3 256 suppressions de postes sont prévues dans le public à la rentrée 2026, auxquels s’ajouteront 762 suppressions dans le privé sous contrat, selon un document du ministère de l’Éducation nationale adressé aux syndicats que le groupe EBRA (auquel appartient notre journal) a pu consulter. Cela fait donc un total de 4 018 enseignants en moins à la rentrée 2026.
Le ministère justifie ces suppressions par la baisse démographique attendue. « Si je maintiens les mêmes moyens alors qu’il y a moins d’élèves, dans 10 ans, on devra baisser de deux tiers les postes ouverts au concours », expliquait dans Le Monde, fin janvier, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray.
Toutes les académies de métropole concernées dans le premier degré
Le premier degré public, où la baisse démographique est la plus forte, est le plus touché par les suppressions de postes d’enseignants à la rentrée prochaine. 1 891 suppressions de postes sont prévues, contre 1 365 dans le second degré. Une partie de ces postes ne seront toutefois pas totalement supprimés de l'Éducation nationale mais mis en réserve pour certaines missions, comme la toute petite section de maternelle, la santé mentale ou encore le contrôle des écoles privées.
Toutes les académies, exceptées celles de Mayotte et de Guyane, sont concernées par une baisse des effectifs. Certaines le sont plus que d’autres. « On a une suppression de 245 postes à Lille, de 144 à Nancy-Metz, 143 à Versailles, 136 à Nantes et 135 en Normandie. Ce sont les plus gros retraits. Le ministère explique cela par le fait que ce sont des académies qui ont été mieux dotées les années précédentes, mais ça ne nous satisfait pas », détaille Aurélie Gagnier, co-secrétaire générale du syndicat FSU-Snuipp.
Dans le second degré public, cinq académies présentent des soldes positifs pour la rentrée 2026 : Créteil (+166 postes), Lyon (+68), Nice (+12), Versailles (+94) et Mayotte (+84). Il s’agit des seules académies où l’évolution des effectifs d’élèves est attendue en hausse à la rentrée. Les autres perdront toutes des postes, parfois pour la deuxième année d’affilée. L’académie de Dijon perd ainsi 83 postes en 2026 après en avoir perdu 50 en 2025.
Premier et second degré confondus, et en y ajoutant le privé sous contrat où seules cinq académies sont épargnées par les suppressions de postes, l’effort demandé sera le plus important dans les académies de Lille (-570 postes), de Nantes (-401.5) et de Rennes (-397).
La crainte de fermetures de classe
Malgré ces suppressions, le ministère assure que le nombre moyen d’élèves par classe dans le premier degré n’aura jamais été aussi bas et que le taux d’encadrement (nombre de professeurs pour 100 élèves) va progresser au niveau national. Celui-ci progressera dans toutes les académies de métropole, selon les données du ministère.
Pas de quoi toutefois rassurer les syndicats, qui craignent que ces suppressions n’engendrent des fermetures de classe. À la rentrée 2024, 650 suppressions de postes avaient donné lieu à 2 251 fermetures de classe. « On les craint particulièrement dans la ruralité car c’est là que se fait ressentir la baisse démographique. C’est aussi par effet domino une baisse des décharges de direction des directeurs d’école car le temps consacré à leurs tâches administratives est en fonction du nombre de classes par école, donc ça risque d’avoir un impact assez fort sur leurs conditions de travail. Et pour les familles, une fermeture de classe ou d‘école change aussi la donne au niveau des transports, de la vie du village… », liste Aurélie Gagnier.
Dans le second degré, ces suppressions de moyens d’enseignement se font déjà ressentir dans les travaux de préparation de la rentrée prochaine : « suppressions de divisions qui entraînent une augmentation des effectifs dans les classes, réduction de l’offre de formation, complément de service, chantage aux moyens pour maintenir des groupes de niveau », liste l’intersyndicale. « Si on se mobilise, c’est dans l’espoir que ces suppressions soient annulées. On ne veut aucune suppression et dans les endroits où il y aurait suppression car une baisse d’effectifs trop grande, on veut un redéploiement de ces postes pour améliorer les conditions de travail et de scolarité. Redonner de l’attractivité à nos métiers passe par là », insiste Aurélie Gagnier de la FSU-Snuipp.


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