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Romy Castel n’est plus administratrice de Somdia. L’assemblée générale de la société, réunie le 30 juin 2026 à Luxembourg, a voté sa révocation après qu’elle a refusé de démissionner, pourtant formellement mise en demeure de le faire par le conseil d’administration. En cause : des déclarations publiques contre la stratégie du groupe sur la Sosucam, faites alors qu’elle siégeait encore au conseil. DF Holding a tranché. Sans hésitation.
Une administratrice qui a choisi les médias plutôt que le conseil
Romy Castel affirme avoir découvert « avec stupéfaction, par voie de presse » les réflexions de Somdia sur l’avenir de sa participation dans la Société Sucrière du Cameroun. Le problème, c’est que DF Holding a formellement démenti cette version : elle avait été « valablement convoquée à pas moins de cinq conseils d’administration entre novembre 2025 et juin 2026 », lors desquels la question de la Sosucam a été abordée à chaque fois. Cinq réunions. Le mot « stupéfaction » sonne creux.
On ne trahit pas un conseil d’administration dans la presse et on s’étonne ensuite d’en être exclu.
Plutôt que d’utiliser les voies internes, elle a choisi l’attaque publique, accusant Somdia de « brader un actif stratégique au lieu de le redresser ». Le conseil a d’abord demandé une démission. Pas de réponse. L’assemblée générale n’avait alors plus d’autre option. Olivier Parent, Président du Conseil d’administration de Somdia, l’a dit sans détour : « En prenant publiquement position contre les orientations stratégiques du conseil de Somdia dont elle était membre à part entière, Madame Romy Castel a adopté un comportement incompatible avec le devoir de loyauté qui s’impose à tout administrateur. »
Derrière la révocation, un groupe qui avance
Romy Castel voulait faire passer Somdia pour un groupe en déroute, prêt à sacrifier ses actifs africains. Les faits racontent autre chose. Somdia est présente dans 4 pays, emploie plus de 9 000 collaborateurs, et vient d’inaugurer une distillerie en Côte d’Ivoire, à Ferkéssédougou, après l’ouverture d’une première distillerie au Congo en juin 2025. Ce n’est pas le bilan d’un groupe qui abandonne l’Afrique.
Sur la Sosucam précisément, Olivier Parent a tenu à recadrer les choses : « Notre démarche s’inscrit dans une logique de partenariat et de responsabilité partagée, avec pour objectif de préserver les intérêts de l’ensemble des parties prenantes et de garantir les meilleures perspectives pour l’avenir de l’entreprise. » La priorité déclarée reste la prochaine campagne sucrière, menée « en étroite concertation avec les autorités camerounaises ». C’est un engagement. Pas une retraite.
Pour le Cameroun, où la Sosucam pèse lourd en termes d’emploi et d’approvisionnement en sucre sur le territoire national, ce positionnement du groupe compte. Franchement, ce qu’on attendait de Romy Castel, c’était une contribution constructive au sein du conseil, pas une sortie médiatique destinée à fragiliser la gouvernance du groupe que son père a construit.
DF Holding a réaffirmé « son engagement plein et entier en faveur du développement de Somdia ». La révocation de Romy Castel n’est pas un signe de faiblesse. C’est une décision de gestion. Nette et assumée.
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Laurent Diby
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: [email protected]


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