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Des chercheurs de l’Université Lakehead tirent la sonnette d’alarme : les outils de surveillance de la santé publique au Canada ne parviennent pas à suivre le rythme d’un marché du cannabis en pleine mutation.
Selon leur étude, ce marché cible de plus en plus les jeunes adultes avec des produits à forte teneur en tétrahydrocannabinol (THC) et aux caractéristiques attrayantes pour ce public.
Les conclusions, publiées dans la revue Substance Abuse Treatment, Prevention, and Policy, révèlent que de nombreux produits actuellement disponibles sur le marché sont absents des systèmes de suivi officiels, tels que l’Enquête canadienne sur le cannabis.

Chelsea Noël, chercheuse principale et doctorante en psychologie clinique à l'Université Lakehead.
Photo : Université Lakehead
Face à cette situation, les chercheurs exhortent Santé Canada à imposer un étiquetage normalisé pour protéger la santé publique et améliorer la compréhension des consommateurs.
Il existe une quantité écrasante de nouveaux produits sur le marché , explique Chelsea Noël, chercheuse principale et doctorante en psychologie clinique à l’Université Lakehead.
La chercheuse explique que les nouveaux produits et les nouvelles manières de consommer arrivent trop vite pour être bien suivis par les outils actuels et que cela rend la surveillance beaucoup plus difficile qu’avant.
Méthodologie
Des chercheurs ont analysé les inventaires en ligne de dix grands détaillants de cannabis en Ontario pour y relever le type de produit, le mode de consommation ainsi que la teneur en THC et en CBD. Ces informations ont été classées selon les catégories de l’Enquête canadienne sur le cannabis, lorsque c’était possible.
Noël, C., Dookie, S. & Scharf, D.M. Beyond the Bud: new cannabis products and modes of consumption in Ontario, Canada’s legal hybrid market. Subst Abuse Treat Prev Policy (2026). https://doi.org/10.1186/s13011-026-00735-4
Après avoir observé des inventaires en ligne de dix grands détaillants de cannabis en Ontario, l’équipe de recherche a constaté que la puissance des produits (concentrations en THC et en CBD) est souvent indiquée à l’aide d’unités incohérentes et non normalisées.
Des risques accrus pour les jeunes adultes
Les résultats de l’étude montrent de sérieuses inquiétudes pour les jeunes adultes âgés de 18 à 25 ans.
Ce groupe, particulièrement vulnérable, court un risque plus élevé d’effets néfastes liés à une consommation fréquente de cannabis à forte puissance, allant du risque de surdose accidentelle à des altérations du développement cérébral , peut-on lire dans le rapport.
L’étiquetage des produits diffère tellement en termes de concentration et de puissance qu’il est impossible de comparer les produits entre eux , souligne la Dre Deborah Scharf, professeure adjointe en psychologie, sciences de la santé et éducation à l’Université Lakehead, et superviseure de la chercheuse Chelsea Noël.

Dre Deborah Scharf, professeure adjointe en psychologie, sciences de la santé et éducation à l'Université Lakehead.
Photo : Université Lakehead
Selon elle, sans étiquettes claires, les consommateurs ne savent pas toujours quelle quantité de drogue ils consomment réellement.
De plus, les effets varient selon le mode de consommation : manger un produit en réduit souvent les effets, tandis que l’inhalation les fait ressentir plus rapidement et intensément, dit-elle.
La Dre Scharf ajoute que les étiquettes actuelles manquent cruellement d’avertissements pour informer les utilisateurs de ces différences importantes.


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